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.. À feu et à sang

Couverture du livre À feu et à sang

Date de saisie : 20/05/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : La Table ronde, Paris, France
Auteur : Manuel Chaves Nogales
Traducteur : Catherine Vasseur

Prix : 21.00 €
ISBN : 9782710367147
GENCOD : 9782710367147 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

«Quoiqu'elles relatent les aventures invraisemblables de personnages inconcevables, ces neuf hallucinantes nouvelles ne sont pas l'oeuvre de l'imagination ni de la fantaisie pure. Chaque épisode est inspiré d'un fait rigoureusement véridique ; chaque héros possède une existence réelle et une personnalité authentique - laquelle a été prudemment voilée en raison de la proximité des événements.»

C'est en ces termes que Manuel Chaves Nogales s'adresse aux lecteurs de À feu et à sang - neuf récits sur la guerre civile espagnole, écrits dès 1937, alors qu'il était exilé en France. Un fils sommé de choisir entre son père et la cause révolutionnaire, un jeune milicien se sacrifiant pour sauver deux tableaux du Greco, l'élan de tendresse d'un colossal forgeron conducteur de tank pour une petite fille, la fraternité entre un guerrier maure et l'un des soldats républicains chargés de l'exécuter, les remords d'un prestigieux avocat après avoir laissé mourir trois jeunes serveuses qui lui avaient sauvé la vie...
L'auteur se place au coeur même de cette guerre qui fera plus d'un demi-million de morts. Il n'a guère plus de sympathie pour les révolutionnaires que pour les réactionnaires : «Idiots et assassins ont surgi avec une égale profusion et agi avec une égale intensité dans les deux camps qui se sont partagé l'Espagne.» Ces neuf récits d'une grande lucidité et d'une impartialité exemplaire montrent jusqu'où la bêtise et la cruauté peuvent entraîner les hommes.

Manuel Chaves Nogales est né à Séville en 1897. Après la disparition prématurée de son père journaliste.il fait ses premières armes dans la presse locale, échappant ainsi à la précarité. En 1920. Il part pour Madrid, où il collabore à Estampa puis, à partir de fin 1930, dirige Ahora, un autre journal illustré. Il y publie des reportages sur l'URSS et l'Allemagne nazie. Exilé à Londres sous Franco, il y meurt en 1944, à 47 ans. Il est notamment l'auteur de Juan Belmonte, matador de taureaux (Verdier, 1990) et Le double jeu de Juan Martinez (Quai Voltaire, 2010).

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Passage choisi

Extrait de la préface

J'étais ce que les sociologues appellent un «petit-bourgeois libéral», citoyen d'une république démocratique et parlementaire. Travailleur intellectuel au service de l'industrie dirigée par la bourgeoisie capitaliste - héritière directe de l'aristocratie terrienne qui, dans mon pays, avait traditionnellement monopolisé les «moyens de production et d'échange», comme disent les marxistes -, je gagnais mon pain et ma liberté dans une relative aisance, en fabriquant des journaux et en écrivant des articles, des reportages, des biographies, des contes et des romans, grâce auxquels j'entretenais l'illusion de stimuler l'esprit de mes compatriotes et d'éveiller leur intérêt pour les grands sujets de notre temps. Quand, de retour de Moscou, je racontais que les ouvriers russes vivaient mal et subissaient une dictature qu'ils se leurraient d'exercer, mon patron me félicitait et me donnait d'affectueuses tapes dans le dos. Quand, de retour de Rome, j'assurais que le fascisme n'avait pas augmenté d'un gramme la ration de pain de l'Italien ni n'avait su accroître son patrimoine de valeurs morales, mon patron se montrait moins satisfait et doutait que je fusse réellement un bon journaliste. Mais en fin de compte, au prix de sourires et de grimaces, d'éloges et de censures, je faisais prospérer ma vérité d'intellectuel libéral, citoyen d'une république démocratique et parlementaire.
Si, comme il arrivait parfois, le capitalisme renâclait à me prêter ses grandes rotatives et ses tonnes de papier pour me laisser dire ce que j'avais à dire, je me résignais à le dire au café, en conférence de rédaction ou à la modeste tribune d'un cercle de province, sans craindre que l'on vienne me plaquer la main sur la bouche, que des policiers me jettent en prison, ou que des endoctrinés me fassent expier mes erreurs d'atroce façon. Antifasciste et antirévolutionnaire par tempérament, je refusais systématiquement de croire en la vertu salutaire des grandes commotions ; aussi attendais-je en travaillant, confiant dans le cours fatal des lois de l'évolution. Sauf le respect que je lui dois, le révolutionnaire m'a toujours paru aussi pernicieux que le réactionnaire.
En réalité, et toute prétention mise à part, mon unique et humble vérité, la chose minime que je tâchais de faire valoir à l'aide de mon labeur et au travers de récits anecdotiques, vécus ou imaginés, cette unique et humble vérité tenait dans ma haine suprême de la bêtise et de la cruauté ; je parle ici d'une aversion naturelle à l'endroit de l'unique péché qui existe à mes yeux : le péché contre l'intelligence, le péché contre l'Esprit Saint.

 
 
Revue de presse

Jean-Michel Barrault - Lire, mai 2011
S'inspirant de faits réels survenus pendant la guerre civile espagnole, Manuel Chavez Nogalès montre de quelle manière les passions idéologiques antagonistes justifient l'insoutenable...
Ce livre, dans sa brutalité, est à lire et à méditer au moment où tant de guerres civiles endeuillent un monde dans lequel, comme le constate l'auteur avec amertume, "la vie humaine a perdu toute valeur".

Emmanuel Hecht - L'Express, mai 2011
En 1937, Manuel Chaves Nogales, journaliste espagnol exilé en France, écrivait neuf histoires d'une lucidité désespérante sur la barbarie de la guerre d'Espagne. Elles sont enfin traduites. Une révélation. Ce que les Espagnols doivent finir par accorder à leur propre histoire, c'est la lucidité et l'équanimité", écrit Michel del Castillo à la fin de sa remarquable synthèse sur Le Temps de Franco (Livre de poche). Ce cocktail rare, Manuel Chaves Nogales (1897-1944) en était pourvu au paroxysme de la passion et de la brutalité : en pleine guerre civile.

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