Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. Corset

Couverture du livre Corset

Date de saisie : 04/06/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Rouergue, Arles, France
Auteur : Hubert Barrère | Charles-Arthur Boyer

Prix : 25.00 €
ISBN : 9782812602160
GENCOD : 9782812602160 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 24/04/2011

 
 
4ème de couverture

Le corset ne se résume pas à l'image que nous en avons aujourd'hui et qui provient directement de son usage au cours du XIXe siècle : celle d'un dessous affinant la taille des femmes essentiellement. En fait le corset, présent dès l'Antiquité (période minéenne, vers 1700 av J.-C.), est un vêtement tantôt masculin tantôt féminin. Masculin, il est protecteur, à l'instar de l'armure d'où il pourrait tirer son origine, pour ensuite devenir pourpoint, puis gilet. Féminin, il est le plus souvent décoratif et joue un rôle d'accessoire vestimentaire ; on peut alors le rapprocher de tous les jeux de laçages, tressages, sangles, ceintures et noeuds qui ont émaillés l'histoire du costume. Réapparu à la Renaissance, la première grande période du corset parcoure le XVIe et le XVIIe siècle européens.
À l'instar d'un crayon et d'une gomme vestimentaire, il souligne ou reproportionne, affine ou gonfle, magnifie ou sublime ainsi les formes et les courbes vestimentaires comme corporelles selon les époques, mais surtout affirme un maintien, une droiture et une rigidité de la silhouette des femmes mais aussi des hommes (redingote, gilet du costume 3 pièces, veste des officiers militaires.). Il est ainsi inséparable d'une histoire de la beauté et du goût mais aussi des conventions sociales. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu'apparaisse tout à la fois un usage médical et une connotation plus sensuel/ sexuelle correspondant dans les deux cas à un passage du dessus au dessous du vêtement, et donc à un caractère intime, privé, caché, secret. Il devient alors objet de conquête et de convoitise, de séduction et de fantasme. Il disparaît après la Première Guerre mondiale pour réapparaître dans les années 1950 selon de nouvelles matières et de nouvelles formes (tissu élastique, guêpière, etc.), et atteindre une nouvelle apogée comme objet de mode dans le prêt-à-porter et la haute couture britannique et française des années 1980 à aujourd'hui.

Hubert Barrère, créateur de mode connu pour ses créations de corsets, collabore avec les plus grandes maisons de luxe, tel Dior, Chanel ou Dolce Gabbana. En 1996, il reçoit le Grand Prix de la Mode de la Ville de Paris. En 1997, il devient directeur artistique du brodeur Hurel. En 2008, il est élu président du Fashion Group Paris. Ses créations sont présentées dans le monde entier.

Depuis le milieu des années 1980, Charles-Arthur Boyer porte un regard critique sur la création contemporaine. Membre de l'Association internationale des critiques d'art (AICA) depuis 1997, il est rédacteur à la revue d'art contemporain Art Press depuis 1994, et a collaboré au magazine Jardin des Modes de 1990 à 1996, et à la revue FauxQ de 2008 à 2010.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

LE CORSET, CET AMBIGU OBJET DE MODE

Montré, il brave la morale ; deviné, il fascine le regard ; masqué, il trouble les sens. Mais qu'il étreigne ou qu'il épouse le corps, le corset est ainsi : il verrouille tout ce qui pourrait céder à l'invite qu'il déclare. Et en dira toujours plus sur la personnalité de celui ou de celle qui le porte que ce qu'il est en lui-même ; au point de réinventer son propre passé !
Il ne peut donc ni se réduire à cette pièce de lingerie que nos arrière-grands-mères rangeaient pudiquement parmi les gaines de maintien, les soutiens-gorge à balconnet et autres sous-vêtements d'avant-guerre, ni à cet agent provocateur de défilés de haute couture que seule la frondeuse Madonna semble pouvoir arborer fièrement comme vêtement à part entière.
En fait, dans sa nature et son histoire, il n'a cessé de se transformer tout en restant unique. Raconter le corset au fil du temps est donc beaucoup moins simple qu'il n'y paraît car il ne s'agit pas seulement de retracer son évolution parallèlement à celle du vêtement en général, mais bien de saisir toutes les articulations et les implications de son développement vis-à-vis de nos rapports successifs au goût, à la beauté et à la grâce, mais aussi au corps, à l'intime, aux bonnes manières, et donc à l'identité. Et, surprise, à une identité aussi bien masculine que féminine !
A travers tous ses méandres de fils et de noeuds, de laçages et d'enfilages, bienvenue, donc, dans l'univers magique et singulier du corset, et les portraits inattendus mais riches de significations qu'il nous dresse de chaque époque.

Contrairement à ce que Ion pourrait croire de prime abord, les racines historiques du corset sont sujettes à de nombreux débats. Si d'aucuns s'accordent sur l'apparition du mot dans le langage commun vers le XIIIe siècle, l'origine de l'objet lui-même est plus ancienne. Le mot corset renvoie au vieux français «cors», lui-même dérivé du latin corpus qui nous a légué le mot corps. Le corset serait donc au plus près du corps physique au point d'en avoir la même souche étymologique. «Cors» nous adonné trois dérivés équivalents : corsage, corset et corser. Jusqu'au XVIIIe siècle, le corsage définit tout à la fois un vêtement et ce qu'il recouvre : le buste en lui-même, des épaules jusqu'aux hanches. Corps a même été, pendant plusieurs siècles, un synonyme de tronc. Le corps c'est le tronc, l'ossature, la structure, plutôt masculine ; le corsage c'est le buste, la chair, les formes, en particulier celles des femmes. Le corset est bien autre chose, et ne dérive pas, bien que certains le suggèrent, du mot corsage, tout au contraire. Allons plutôt du côté du verbe corser. N'utilisons-nous pas ce terme en cuisine à travers l'expression «corser un plat», c'est-à-dire lui «donner du corps» ? Autrement dit, en relever la substance et la puissance comme en révéler la saveur et le goût. Corseter cette chair molle et blanche du buste du corps physique va avoir ce même objectif de la relever autant que de la révéler, de lui apporter une structure et une consistance, mais surtout du volume et des formes. Le corset, c'est donc un tuteur du corps et de l'esprit, et une armure qui se fait parure. Autrement dit, une cage de fer sous un décor de soie. Hervé Bazin ne disait-il pas : «La discipline est un corset plus sûr que la bonne volonté» ? Cette double signification définit bien la complexité et l'ambiguïté même du corset : habit norme, codifié, façonné par des règles étrangères au vêtement, celles de la maîtrise intérieure et celles de l'apparence extérieure. Une sorte de médiateur avant la lettre entre le vulnérable du moi intime, le présentable de l'image de soi, et les dangers du monde extérieur. Et tous les mots qui lui sont attachés, intrinsèquement liés, ont tous la même polysémie : tenir et retenir au sens «d'avoir bien appris, d'avoir retenu sa leçon» ; tenir et «avoir de la tenue» ; maintenir et «avoir du maintien» ; porter et «avoir un bon port», terme toujours en vigueur dans cet autre domaine de discipline qu'est la danse à travers le «port de tête»... Et tous suggèrent que l'allure est faite d'effort, de rigueur et, donc, de morale !

 
 
Revue de presse

Catherine Mallaval et Marie-Joelle Gros - Libération du 2 juin 2011
Et voilà comment un objet constricteur est devenu un agent provocateur. Et voilà comment une carapace destinée à recouvrir, écraser, resserrer, étroitiser, soulever, écarter, élargir, profiler, tout à la fois le ventre, les reins, la taille, et les hanches, se retrouve cette année encore à pimenter les défilés, bombiser Lady Gaga et autres pin-up chantantes, électriser les fétichistes, exciter les princes de la nuit à tendance gothique et enserrer la taille des nouvelles mariées. Au panier les esprits corsetés, le corset, menacé de mort par l'après-Mai 68, est toujours là, droit dans ses baleines. Objet si fascinant qu'il en est devenu, ce printemps, l'unique sujet d'un livre. Bien plus qu'un chapitre dans la folle histoire de la lingerie.

Émilie Eyzat - Le Point du 26 mai 2011
Libertin, austère, excentrique, le corset cache sous les flots de mousseline un salivant mystère... "Pour la Bibliothèque du costume, Hubert Barrère, créateur de mode, et Charles-Arthur Boyer, critique d'art, se sont penchés sur l'histoire de ses ouatines, baleines et broderies fines.

Delphine Peras - L'Express, mai 2011
De l'Antiquité à nos jours, du corsetus, qui désigne un habit masculin rigide ou souple, avant de devenir, au xiiie siècle, un vêtement plus féminin, à l'accoutrement de Wonder Woman ; du pourpoint domestique à la Renaissance au costume folklorique, le corset n'a pas toujours été du domaine de l'intime...
ssurément, voici un livre dont on ne se "lacera" pas...

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?