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Couverture du livre 18 % gris

Date de saisie : 09/07/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Intervalles, Paris, France
Auteur : Zachary Karabashliev
Traducteur : Marie Vrinat

Prix : 22.00 €
ISBN : 9782916355559
GENCOD : 9782916355559 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 27/05/2011

 
 
4ème de couverture

Après neuf jours et neuf nuits passés à se lamenter sur le départ de sa femme Stella, Zack franchit la frontière californienne pour noyer son chagrin dans l'alcool mexicain. Au sortir d'une rixe, il se retrouve malgré lui au volant d'une camionnette remplie de marijuana.

Plutôt que de reprendre son travail ingrat dans une société pharmaceutique aux visées purement mercantiles, Zack décide de tourner le dos au rêve américain et de traverser les États-Unis en voiture pour aller revendre la drogue à New York.

C'est le début d'un périple qui le fera également voyager dans ses souvenirs : l'histoire de son amour pour Stella et de leur relation entamée dans la Bulgarie de la fin des années 1980, puis de leur vie reconstruite aux États-Unis.

C'est aussi pour Zack l'occasion d'un voyage halluciné vers une stupéfiante vérité.

Ce roman au rythme haletant, qui mêle scènes d'actions, constats amers sur la société de consommation, élégie, rétrospection sur les années les plus difficiles de la transition démocratique bulgare, qui nous fait voyager en Bulgarie, aux États-Unis et même à Paris, porte un regard singulier sur l'Amérique d'aujourd'hui, regard d'un étranger qui enregistre et constate sans jugement. La fin, complètement inattendue, fait revenir le lecteur au point de départ et lui donne envie de recommencer sa lecture à la lumière de ce qu'il apprend. La construction du roman mêle trois types de narrations, délimitées typographiquement entre elles : le présent américain du voyage d'une côte à l'autre ; le retour sur le passé depuis la rencontre avec Stella jusqu'au moment présent ; de courts dialogues entre le narrateur et Stella.

Zachary Karabashliev fait partie de la jeune génération d'écrivains bulgares à l'expérience et à l'écriture cosmopolites. Il est né en 1968 à Varna. Il a fait des études de lettres, joué dans un groupe de rock, été DJ dans des boîtes de nuit, a collaboré à des stations de radio et écrit pour des journaux et magazines.

Depuis 1997, il vit aux États-Unis. Là, il commence à étudier la production de films, participe à des projets cinématographiques indépendants, fonde la compagnie NOMADI Productions et devient photographe professionnel. Simultanément, il publie récits et pièces de théâtre en Bulgarie.

En 2006, sa pièce Dimanche soir reçoit de nombreux prix et est jouée en Bulgarie mais aussi dans sa traduction anglaise à Los Angeles par une troupe californienne. En mai 2008, il reçoit le Grand prix de dramaturgie bulgare au Festival de théâtre international de Choumèn pour sa pièce Détonation.

En juin 2008, il publie son premier roman, 18 % Cris, aux éditions CIELA en Bulgarie. C'est le début d'un immense succès. Ce roman a déjà été réimprimé quatre fois en Bulgarie et a reçu le Prix Vick 2009 du meilleur roman bulgare de l'année. Il reçoit en 2009 le prestigieux prix Asker de dramaturgie pour sa pièce Dimanche soir.

En juin 2009, il publie un recueil de nouvelles, Brève histoire de l'avion, qui reçoit le prix Helikon 2009 du meilleur livre de l'année.

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Passage choisi

Cela fait neuf matins qu'elle n'est pas là.
Les stores dans la chambre sont baissés, mais le jour trouve tout de même le moyen de s'infiltrer, en rugissant qui plus est : c'est la benne à ordures. On est donc mercredi. Il est donc huit heures et quart. Y a-t-il bruit plus assourdissant que celui de la benne à ordures à huit heures et quart ?
Je me glisse hors du lit, change de pièce et m'affale sur le divan du salon. Le revêtement de cuir frais ne m'aide pas à m'assoupir de nouveau, et la benne est de plus en plus proche. Je me lève, soulève légèrement l'un des stores et un rayon de soleil éclatant me brûle le visage. Je rassemble toute mon énergie et essaie de détruire du regard le monstre vert qui rugit. Je ne réussis qu'à me réveiller complètement.
Je regarde les freesias dans le vase sur la petite table de verre. Des freesias morts dans une eau trouble, demeurés après son départ.
J'ouvre le placard droit de la cuisine et tire une barre de Toblerone du tas de chocolats. Je prends la chemise jetée hier par terre, allume le fer à repasser, repasse d'une main, tandis que de l'autre je détache les triangles de Toblerone et me les fourre dans la bouche, j'enfile la chemise, noue une cravate, fais du Nescafé, en renverse une goutte sur ma manche au moment où je cherche les clefs, mets une veste grise et claque la porte derrière moi.
Dehors brille le énième jour de canicule en Californie du Sud. J'appuie sur le starter de la Toyota. Je tourne dans Jefferson et débouche sur l'autoroute.
Cinq files de voitures dans l'une des deux directions, cinq files dans la direction opposée. Bouchon. Grondement des tuyaux d'échappement, frémissement des moteurs, scintillement des pare-chocs - comme avant une bataille.
Au travail, je pense à elle, je ne peux m'empêcher de lui parler en mon for intérieur - il n'y a pas moyen que ça s'arrête, car l'un de nous d'eux n'est pas là. Puis-je m'arrêter ?
J'essaie.
Voilà : à partir de maintenant, je ne penserai plus à elle. Je ne penserai plus à elle. Je ne penserai plus à elle, je ne penserai plus à elle, je ne penserai plus à elle, non.
Je vais faire du yoga, ouvrir mes chakras, répéter OM jusqu'à ce que j'aie purifié mon cerveau, je vais manger du riz avec les doigts, je vais me laisser pousser la barbe, faire la chandelle...
OMmmm.
OMmmmerde, j'en ai marre de penser à elle.
OMmmmmmerde, j'en ai marre de penser à elle.
OMmmmmmmmmmerde, j'en ai marre de penser à elle.

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