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.. Le troisième paradis

Couverture du livre Le troisième paradis

Date de saisie : 27/10/2011
Genre : Arts
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Auteur : Michelangelo Pistoletto
Traducteur : Matthieu Bameule

Prix : 29.00 €
ISBN : 978-2-7427-9892-6
GENCOD : 9782742798926 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 07/09/2011

 
 
4ème de couverture

Le Troisième Paradis est l'expression politique d'un artiste engagé, c'est un manifeste incarné en oeuvre d'art, un symbole transcendé en vision. Sa perspective du partage invite chacun à participer concrètement au changement de ce "jardin planétaire".

La démarche créative de Michelangelo Pistoletto l'a conduit à des problématiques sociétales et environnementales. Il étend ainsi son action au-delà des frontières conventionnelles du monde de l'art.

La fondation qu'il a créée à Biella à la fin des années 1990 - Cittadellarte - est un véritable laboratoire dédié à une "transformation responsable de la société à travers la fonction génératrice de l'art".
C'est dans cet esprit qu'est née l'initiative du Troisième Paradis, qui se veut ouverte sur le futur d'une humanité nouvelle, réconciliant les pôles Nature et Artifice.

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Passage choisi

C'est en 2003 que Bush et Blair, avec le soutien de nombreux gouvernements, ont déclaré la "guerre préventive" à l'Irak. Cela m'a profondément perturbé. Ce qui se déroulait n'était autre que le stade ultime d'une folie impliquant l'espèce humaine tout entière. C'était la perversité "politique" débordant du vase de l'histoire, une agression planétaire s'ajoutant à une série d'agressions monstrueuses.
J'ai vu, à la télévision et dans les journaux, des gens du monde entier descendre dans les rues et envahir les places pour dire "Maintenant ça suffit !" Pour dire "Non". L'humanité s'était exposée, par sa présence physique, tout en sachant qu'elle n'avait pas d'autre pouvoir. J'ai alors clairement perçu que la manifestation silencieuse de la population mondiale, à laquelle j'assistais, pouvait être considérée comme le premier vote mondial, bien que loin d'être reconnue comme tel. C'était une expression démocratique qui embrassait la planète.
Comment ne pas en tenir compte ? Comment ne pas adhérer à ce formidable appel si spontané ? Comment ne pas répondre à cette supplication affligée qui émanait du monde entier ?
En réalité, ces événements n'étaient pas exclusivement politiques, mais conduisaient à ce que la condition humaine tout entière rende des comptes. La nécessité d'une profonde transformation civile se trouvait, en fait, derrière cette demande de changement. Toutes les malformations culturelles héritées du passé remontaient à la surface : le concept même de guerre préventive soulevait le besoin urgent d'y opposer l'idée de paix préventive. Dans l'histoire, la paix est toujours venue après une guerre, elle est considérée comme son résultat ; en quelque sorte une guerre dissimulée sous le masque de la paix et une paix qui n'en a que l'apparence. J'ai réalisé alors que moi-même, malgré mon engagement artistique, intellectuel et pratique, orienté vers une transformation responsable de la société, je devais aller plus loin, de façon encore plus décisive et efficace pour contribuer au changement que cette humanité implorait de manière aussi silencieuse que désespérée. Ainsi est née la représentation du Troisième Paradis. En juin 2004, à l'occasion de mon discours à l'université de Turin, où l'on me conférait le titre de docteur honoris causa en sciences politiques, j'annonçai le projet de Troisième Paradis. Ce fut le lieu et le moment opportuns pour lancer publiquement une initiative qui, en se fondant sur la créativité de l'art, réagissait aux urgences politiques en cours, ainsi qu'aux graves problèmes qui impliquaient tous les autres domaines de la vie sociale.
M'appuyant sur la fonction symbolique de l'art, j'ai décidé de proposer un symbole qui puisse servir de guide vers un nouveau stade de civilisation. J'ai donc conçu ce Troisième Paradis comme une boussole indiquant la direction à suivre.
Ce signe devait être tout à la fois une référence au passé, une prise en compte du présent et une projection dans l'avenir. Le signe mathématique de l'infini, composé d'une ligne continue qui dessine deux cercles, permettait cette synthèse. Dans le premier cercle s'inscrit le passé le plus lointain, le temps où l'être humain était entièrement intégré dans la nature; l'autre cercle correspond à la seconde phase du passé, celle où l'homme s'est détaché de la nature par un processus qui a conduit au monde artificiel dans lequel nous vivons aujourd'hui. "Artifice" et "art" ont la même racine : le terme "artefact" signifie justement "faire les choses dans la règle de l'art". Les merveilleuses conquêtes du progrès moderne ont cependant entraîné la création de conditions catastrophiques, menaçant la survie de l'humanité. A ce tournant historique critique, l'art doit assumer la responsabilité première de se faire la parabole de l'artificialité humaine. L'énorme pression qui se concentre dans le présent est due à la tension, qui a connu une croissance exponentielle au siècle dernier, entre la sphère naturelle et la sphère artificielle. J'ai éprouvé le besoin de libérer d'une telle pression le point crucial qui relie les deux cercles, en ouvrant un troisième cercle : un espace prêt à accueillir le temps futur.
Ainsi s'est formé le "nouveau signe de l'infini", symbole du Troisième Paradis. La nouvelle humanité naît du cercle central, ventre maternel ensemencé par les deux précédents paradis, naturel et artificiel.
Je voudrais préciser que le choix du terme "paradis" n'est pas attaché à la notion religieuse de transcendance, mais à un idéal de vie terrestre.

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Le traducteur, amoureux des langues et de l'histoire, fasciné par l'exploration politique et sociale des artistes contemporains. Aujourd'hui, Michelangelo Pistoletto l'illustre en incarnant sa vision - exposée dans ce livre - à l'échelle de la ville de Bordeaux à l'occasion de la biennale Evento 2011.
J'avais déjà eu le plaisir de travailler avec lui en 2004 en organisant les rencontres littéraires méditerranéennes d'Arles autour de son oeuvre.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La transformation responsable de notre époque par l'amour de la diversité, par la recherche d'une cohérence citoyenne entre nature et artifice.
Dans son engagement, l'auteur utilise l'art comme vecteur de sa pensée politique.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Ce serait une phrase qui répond à une autre ; celles-ci placées aux deux extrémités du livre :

«(...) le concept même de guerre préventive soulevait le besoin urgent d'y opposer l'idée de paix préventive».

«Si ma fille ou mon petit-fils me demandait «Dieu, existe-t-il ?», je répondrais «Oui, tu existes». Tout être, même biologiquement, est un Troisième Paradis (...)».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La symphonie du nouveau monde, d'Antonín Dvořák
C'est l'une des oeuvres les plus populaires du répertoire symphonique moderne ; inspirée de la société indienne d'Amérique, elle fut emportée par Neil Armstrong lors de la mission Apollo 11, la première à déposer un homme sur la Lune.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais partager avec les lecteurs toutes les initiatives individuelles qui seront engendrées par cette nouvelle dynamique de désir que propose l'auteur.

Personnellement, au cours de cette traduction, j'étais enthousiaste d'apercevoir son travail de transcription d'une vision de la société en un engagement artistique, et ainsi l'éclairage de concepts politique par une oeuvre d'art.

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