Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. 121 curriculum vitae pour un tombeau

Couverture du livre 121 curriculum vitae pour un tombeau

Date de saisie : 20/12/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : l'Editeur, Paris, France
Auteur : Pierre Lamalattie

Prix : 22.00 €
ISBN : 978-2-36201-052-1
GENCOD : 9782362010521 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 04/11/2011

 
 
4ème de couverture

Pierre Lamalattie est l'auteur et le héros de ce roman exceptionnel d'acuité, à la fois tragique et hilarant.
Peintre surdoué, il épingle ses contemporains en réalisant ce qu'il appelle des curriculum vitæ : des portraits accompagnés de quelques mots pour résumer " des vies tout entières ". Prince du détachement, il manie une langue mesurée, concentrée, circonspecte, et décoche sa pensée avec une précision stupéfiante. Nombre des personnages rencontrés au fil du texte renvoient aux Portraits peints par Pierre Lamalattie, également publiés chez l'Éditeur.

Pierre Lamalattie né à Paris en 1956.
Après avoir suivi des études à l'Agro, il travaille comme médiateur social puis enseigne quelques années la gestion des ressources humaines. En 1995, il décide de se consacrer uniquement à la peinture. Son travail, figuratif et ironique, propose notamment une réflexion sur la vie contemporaine au travail.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Mon médecin réfèrent était le docteur Konstantinopoulos. Il était assez âgé, ne consultait que deux demi-journées par semaine et sentait un peu la pisse. Il aimait bavarder avec ses patients et leur donner des conseils. En réalité, il consultait encore parce que c'était pour lui le moyen le plus simple de voir du monde.

Depuis quelque temps, je me sentais patraque. À vrai dire, rien de précis, une sorte de flottement, un ramollissement indéterminé. Dans la rue, mon regard continuait à se porter sur des femmes, machinalement. Après tout, regarder les femmes, c'est une chose à faire, en marchant. C'est là que j'ai commencé à me poser des questions. Autrefois, je trouvais très plaisant d'observer leurs petits mouvements souples. En particulier, j'appréciais beaucoup cette alternance cadencée du plissement des fessiers et de la poussée des trochanters. Mais, depuis quelque temps, je ne les trouvais plus très bandantes, les piétonnes. Ça m'a fait réfléchir. Et j'ai pris rendez-vous avec le docteur Konstantinopoulos.

D'entrée de jeu, je lui ai dit que je venais de lire un hors-série de La Recherche particulièrement intéressant : un hors-série consacré aux neurosciences.
- Oui ! m'a-t-il dit, il y a eu de sacrées avancées dans ce domaine ! Ça, on peut le dire ! Mais il reste encore beaucoup à faire !
- Justement ! J'ai lu un article sur l'interaction de certains centres cérébraux récemment identifiés...
- Dites-moi !
- Eh bien, il y a notamment, paraît-il, un centre, appelons-le le centre A, qui, pour faire court, est le centre du passage à l'acte et un autre centre, mettons le B, qui, en gros, prend en charge l'évaluation des risques.
- Oui !
- Naturellement, ai-je repris, ces deux centres sont reliés à une multitude d'autres centres cérébraux, notamment l'hypothalamus. Je ne vous apprends rien !
L'omnipraticien a acquiescé avec bonhomie. J'ai poursuivi :
- Mais le plus important et ce en quoi je me suis senti tout de suite concerné, c'est que, chez le sujet jeune, ces deux centres du passage à l'acte et de l'évaluation des risques sont peu reliés. Au contraire, chez le sujet plus âgé, une multitude d'axones et de dendrites mettent en communication directe ces deux centres. C'est au point que l'excitation de l'un induit la mobilisation immédiate de l'autre. Vous voyez où je veux en venir ?
- Continuez, je vous en prie !

 
 
Revue de presse

Eric Naulleau - Paris-Match du 1er décembre 2011
Pierre Lamalattie, l'artiste qui a servi de modèle à Houellebecq pour «La carte et le territoire», montre que sa plume est encore plus alerte que celle du Goncourt !...
Pour vous convaincre que nous tenons là le meilleur texte français du moment, j'aurais certes pu convoquer Jacques Réda à propos de Pierre Alechinsky : «Peut-on dire qu'il existe des peintres qui, s'ils écrivent, écrivent mieux que certains écrivains ne peignent, quand tel est le cas ?» Non, ­décidément, rien à faire, citation de ­Lamalattie à l'appui - «Mais le bonheur avait en réalité, pour moi, un ­statut étrangement secondaire. C'était un peu comme le bonus d'un coffret DVD» -, vous ne voulez pas démordre de la filiation houellebecquienne ? En ce cas, je propose «121 curriculum ­vitae pour un tombeau», comme si l'auteur de «Plateforme» avait enfin écrit un bon livre.

Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 10 novembre 2011
Sa lecture est une expérience extrêmement troublante : le très autobiographique «121 Curriculum vitae pour un tombeau» ressemble à s'y méprendre, tant dans sa matière que dans sa manière, à du Houellebecq. A du très bon Houellebecq, même, auquel on aurait injecté cette vertu cardinale qui, parfois, semble lui faire défaut : une indulgence discrète pour les paumés...
C'est réussi. Si son livre est bien celui d'un écrivain, c'est que Lamalattie saisit à merveille les langues de bois contemporaines, ces éléments de langage qui se propagent comme des virus, que ce soit dans le discours du management, de l'art contemporain ou de l'écologie...

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Je suis quelqu'un qui s'intéresse à la vie des hommes et des femmes de son temps. Ça ne veut pas dire que je les aime. Mais j'ai envie de mieux comprendre leur existence.

Je suis né à Paris en 1956. Très tôt, j'ai pris l'habitude de peindre, mais j'ai fait mes études à l'Agro. Après avoir travaillé comme médiateur social et conseiller «emploi-carrières», j'ai décidé de me consacrer à la peinture. Ce livre est, en quelque sorte, la poursuite de ma peinture par d'autres moyens.
121 curriculum vitae pour un tombeau est mon premier roman.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le destin des hommes consiste à être presque toujours hors sujet. Mais, parfois, quelque chose se produit... Voilà le sujet.

Au cours d'un trajet en voiture avec sa mère malade, Pierre, artiste râleur, a un déclic. Ce jour-là, il décide d'entreprendre enfin quelque chose de sérieux : peindre un cycle de 121 portraits de femmes et d'hommes de son temps, chacun représenté par une sorte de CV ; un «tombeau», au sens où l'entendent les musiciens, c'est-à-dire un hommage solennel à des personnes vivantes ou disparues.

Ce roman raconte l'aventure d'un peintre parti à la recherche de ses modèles. Six mois de la vie d'un «type inoffensif» durant lesquels les gens qu'il rencontre lui paraissent extraordinairement drôles, extravagants et tragiques. Six mois qui s'achèvent au moment de l'inauguration de son exposition et de l'enterrement de sa mère : «deux événements minimes».

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«J'ai cinquante-quatre ans. J'ai connu moins de femmes qu'un animateur du "Club Med". J'ai gagné moins d'argent que mon voisin orthodontiste. Je suis moins sportif que ma belle-soeur. J'habite toujours à cinq cents mètres de chez ma mère. Et, bien sûr, je n'ai vécu aucune aventure de l'extrême. Je suis un type inoffensif, une sorte de raté irrémissible.»

J'aime bien aussi, pour une raison qui m'échappe, cette phrase absolument stupide :

«Mon médecin référent était le docteur Konstantinopoulos.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Dans mes rêves, ce serait sans doute quelque chose comme les Kreisleriana de Schumann ou le Concerto grosso n° 1 d'Alfred Schnittke.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais que certains lecteurs considèrent que j'ai exprimé avec justesse et bienveillance des aspects importants de leurs vies.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?