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.. A défaut d'Amérique

Couverture du livre A défaut d'Amérique

Date de saisie : 24/02/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Auteur : Carole Zalberg

Prix : 18.50 €
ISBN : 9782330002466
GENCOD : 9782330002466 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Dans un cimetière parisien, on enterre une vieille dame. De loin, une jeune femme venue d'Amérique, Suzan, observe secrètement la scène, tandis qu'une autre, Fleur, se tient au bord de la tombe où repose désormais celle qui fut sa grand-mère, Adèle.
Personnalité charismatique et inlassable séductrice qui a, depuis son exil de Pologne après la Première Guerre mondiale, traversé le XXe siècle en indomptable survivante à toutes les tragédies qui en ont endeuillé l'histoire, Adèle défunte semble continuer à exercer sur les vivants une inimitable et puissante emprise. A la lumière du parcours de la disparue magnifique, Suzan et Fleur se voient en effet confrontées l'une à son inaptitude à vivre et à aimer, l'autre à l'enfermement au prix duquel elle tient à distance une profonde blessure affective, chacune en venant à prendre enfin la mesure du legs de souffrance et d'amour dont sa propre existence est redevable.
Sur trois générations et plusieurs continents, et de la grande Histoire à l'histoire familiale, Carole Zalberg tisse ici, à travers le portrait de quelques femmes inoubliables, le roman d'une humanité aussi fragile que résiliente, hantée, autant que consolée, par les indociles fantômes du passé.

Née en 1965, Carole Zalberg vit à Paris. Romancière et poète, elle anime des ateliers d'écriture en milieu scolaire et des rencontres littéraires. Auteur de chroniques pour différents magazines et blogs, elle travaille à divers projets pour le théâtre et le cinéma, dont l'adaptation d'A défaut d'Amérique. Outre ses publications pour la jeunesse, elle a notamment publié, chez Albin Michel : Et qu'on m'emporte (2009) ; La Mère horizontale (2008) ; chez Phébus : Mort et vie de Lili Riviera (2005) ; Chez eux (2004) et, aux éditions du Chemin de fer : L'Invention du désir (2010).

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Passage choisi

Elle ne jurerait pas qu'ils sont émus. Pas d'où elle se tient : un refuge d'ombre qui la dissimule aux regards et aux interrogations. A cette distance, on ne perçoit rien du deuil ou d'un soulagement. Le petit groupe amassé autour de la tombe évoque une assemblée de longs volatiles penchés au-dessus d'une trouvaille. Collés les uns aux autres pour faire barrage au vent. Piétinant d'impatience ou de froid.
Voilà donc la famille et les proches d'Adèle la Française. C'est cela que Suzan contemple embusquée sous un bouquet d'arbres de cette cité un peu grotesque, vouée non pas aux vivants mais à leurs disparus, naïve offrande de pierre et de verdure pour qu'ils les laissent en paix. Voilà tout ce qu'il reste de l'arrogante : une poignée d'hommes et de femmes venus rendre un hommage hâtif et frigorifié à celle qui fut le grand amour secret de feu son père.
Elle pourrait s'approcher. Se présenter. Le secret n'en est plus un depuis longtemps. Suzan a quitté Palm Beach hier, n'a pas dormi pour arriver à l'heure à l'enterrement. Elle n'aurait que quelques pas à faire. Mais les silhouettes agglutinées sur une minuscule parcelle de ce cimetière trop grand où se croisent les cortèges lui semblent bien moins réelles que les souvenirs de son père ou que les siens. Car elle-même a fini par la rencontrer la Française venue revoir après des décennies son beau soldat yankee. Dans les traits de la vieille dame d'alors Suzan avait pu deviner la jeune femme joyeuse et frustrée dont son père s'était entiché.
Des mois auparavant, à la mort de sa mère, Suzan avait découvert un paquet de lettres alors qu'elle tentait de mettre un peu d'ordre dans les papiers d'une vie. Peut-être pour ne pas écouter son chagrin profond - Suzan adorait sa mère, n'était en rien préparée à sa disparition - elle s'était mis en tête de retrouver la belle Française qui écrivait à son père dans ce touchant anglais de carton-pâte. Après quelques semaines de recherche, elle avait pu lui annoncer qu'Adèle était en vie, toujours mariée, et que, renseignements pris, elle serait heureuse d'avoir des nouvelles de ce cher Stanley. Les vieux tourtereaux s'étaient d'abord écrit en tremblotant. Puis téléphoné dans un échange d'anglais toujours aussi factice et de français glané çà et là. Stanley avait suivi de loin la maladie de Louis, le mari. Quand Adèle à son tour était devenue veuve, elle avait enfin accepté l'invitation à traverser l'océan.

 
 
Revue de presse

Emmanuelle Giuliani - La Croix du 22 février 2012
Ce roman de femmes et roman de mémoire oscille superbement entre mélancolie et force vitale. Faut-il toujours chercher à renouer les fils rompus ? Tenter de raviver les souvenirs enfouis, rendre ses couleurs à l'histoire familiale, ses fulgurants instants de joie, ses tourments violents ou lancinants ? De part et d'autre de l'Atlantique, Suzan et Fleur, sans se concerter ni même se connaître, se retrouvent confrontées aux mêmes questions. Un soleil commun éclaire - et brûle - leur mémoire. Il porte le beau nom d'Adèle. Le roman s'ouvre sur l'enterrement de cette femme puissante et attirante, comme un aimant. Carole Zalberg transforme la scène inaugurale et funèbre de son livre, «dans un cimetière trop grand où se croisent les cortèges», en véritable catalyseur dramatique. Adèle décédée, Fleur, son arrière-petite-fille, et Suzan, qui faillit devenir sa belle-fille, semblent soudain autorisées à se retourner vers le passé, sans passion mais non sans douleur.

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Je suis le fantôme de mes personnages. Ou eux sont les miens, je ne sais pas très bien.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il me semble que c'est la force qui nait de la nécessité d'adaptation.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Mais les familles doivent s'arranger des morts. Mais la pensée doit composer avec la dévastation. On peut bien s'étourdir, équiper sa cuisine, faire fortune, fixer son pas sur celui des icônes, les vedettes de cinéma ou du music hall, rien ne fait taire la peur au fond de soi, rien ne colmate les brèches trop profondes, rien vraiment ne console.»

Mais s'il n'en faut qu'une : «L'exil impose sa démocratie».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique tzigane pleine de rires et de drames.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La justesse des émotions. J'espère avant tout sonner et raisonner/résonner juste.

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