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.. 21, rue La Boétie

Couverture du livre 21, rue La Boétie

Date de saisie : 23/05/2012
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Grasset, Paris, France
Auteur : Anne Sinclair

Prix : 20.50 €
ISBN : 978-2-246-73731-5
GENCOD : 9782246737315 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

«"Vos quatre grands-parents sont-ils français ?" me demanda le-monsieur-de-derrière-le-comptoir.
Cette question, on l'avait posée pour la dernière fois à ceux qui devaient bientôt monter dans un train, venant de Pithiviers, de Beaune-la-Rolande ou du Vel d'Hiv... et cela suffit à raviver en moi le souvenir de mon grand-père, Paul Rosenberg, ami et conseiller des peintres, dont la galerie se trouvait au 21, rue La Boétie.
Attirée, malgré moi, par cette adresse et par l'histoire tragique qui y est attachée, j'ai eu soudain envie de revisiter la légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy.
Paul Rosenberg fut un grand marchand. À Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts.
Ce livre raconte son histoire - qui, indirectement, est aussi la mienne.»

Anne Sinclair dirige le Huffington Post. Elle est l'auteur de Caméra subjective et de Deux ou trois choses que je sais d'eux, publiés chez Grasset.

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Passage choisi

Rue La Boétie

Numéro 21. Je suis passée cent fois devant. Ma mère aimait me montrer la façade années trente avec ses arcades en pierre de taille. J'y avais repéré des boutiques, une pizzeria, mais ne m'y étais pas arrêtée.
Comment faire autrement en ce jour d'avril 2010, depuis que les documents, jaillis des cartons, me poursuivent ? Soixante-dix ans après que les occupants qui m'intéressent ont quitté les lieux, je veux voir, sans savoir d'ailleurs quoi, exactement.
C'est aujourd'hui le siège d'un des bureaux de Veolia. J'appelle : «Mes grands-parents ont vécu là, cela me ferait plaisir de jeter un coup d'oeil, oh juste un coup d'oeil, vous savez, je ne veux pas déranger, tout a dû beaucoup changer, c'était avant la guerre, il ne reste sans doute rien, d'ailleurs si ce n'est pas possible, ce n'est pas grave !» Comme si j'avais peur que l'on m'autorise cette visite...
On ne me l'a pas refusée. Pourquoi l'aurait-on fait ? Ce mercredi d'avril 2010 donc, je me rends chez Veolia, au 21 rue La Boétie, où je déballe mon histoire. Compréhensifs et attendris (un peu incrédules quand même que j'aie pu atteindre la soixantaine avant d'avoir envie d'entrer dans l'immeuble), mes hôtes, courtois, me font visiter les lieux.
Le hall a été divisé, il reste des colonnes aux chapiteaux corinthiens en stuc blanc que je trouve d'assez mauvais goût - sont-ils d'époque ? - et un sol à damiers de marbre noir et blanc.
Tout a été redessiné, modernisé, les pièces, les volumes. Les plafonds sont équipés de spots des années 2000. Reste intact l'escalier de l'immeuble qui mène aux étages supérieurs, ceux des habitations d'autrefois. Rampe vieillotte des escaliers parisiens du début du XXe siècle, mais avec un ascenseur aux normes d'aujourd'hui, qui bannissent les cages ouvertes.
En revanche, l'escalier intérieur à la galerie avec la rampe en fer forgé, semble bien dater des années trente, quand mon grand-père entreprit de longs travaux de rénovation. Le sol du premier étage est parsemé de mosaïques à cabochons jaunes. Impossible toutefois de déterminer à quel endroit du hall d'entrée se trouvaient les plaques de marbre conçues (et supervisées) par Braque, autrefois encastrées dans le sol et transformées en tables basses après la guerre. Des arcades, répliques de celles de la façade, garnies de miroirs à facettes, décorent ce passage du rez-de-chaussée au premier étage.
Je suis entrée dans la grande salle du bas, qui apparaît sur les photos vues chez mon grand-père. Chaque exposition rue La Boétie se tenait dans cette salle. Un mois avec des Braque sur les murs, un autre avec des Matisse, un troisième avec des Picasso.
Elle est devenue une salle de réunion pour les cadres de Veolia, baptisée «salle Mississippi». Le parquet en fines lamelles de chêne n'a pas bougé. Et je reconnais tout de suite les lambris, présents sur les clichés. Ainsi que la verrière avec ses fenestrons en forme d'étoile, qui, comme dans beaucoup de galeries de l'époque, diffusait une lumière tamisée qui adoucissait les angles de la peinture cubiste.

 
 
Revue de presse

Philippe Dagen - Le Monde du 22 mars 2012
La journaliste Anne Sinclair est la petite-fille de Paul Rosenberg (1881-1959). Elle a cherché dans les archives publiques et privées les traces de cet homme qu'elle connut peu. Elle est allée 21, rue La Boétie, mais aussi à Floirac, en Gironde, où sa famille s'était réfugiée et d'où elle partit pour les Etats-Unis en juin 1940. Elle a réuni de nombreux documents. Les uns composent un portrait de famille, dont elle ne passe sous silence ni les succès ni les trahisons intimes. Les autres appartiennent à l'histoire de l'art. Particulièrement intéressantes sont les correspondances de Rosenberg avec Matisse et Picasso, jusqu'ici méconnues. Ces lettres et quelques rares fragments autobiographiques font apparaître un homme alternativement passionné et désabusé, entreprenant et sceptique.

Elisabeth Chavelet - Patis-Match, mars 2012
Bien avant le scandale de New York, la journaliste avait entrepris d'écrire l'histoire de son grand-père, le marchand d'art Paul Rosenberg...
Son titre est une simple adresse, «21 rue La Boétie», celle où son grand-père maternel, Paul ­Rosenberg, célébrissime marchand d'art de l'entre-deux guerres, pro­che ­entre autres de ­Picasso, avait ouvert sa galerie avant de s'installer à New York, en 1940. C'est un témoignage bouleversant, commencé en 2010 sous les auspices ­heureux d'une probable future ­première dame de France,..
l y a autre chose. Derrière ce ­vibrant hommage, l'auteure revendique certes un travail de recherche méti­culeux : les tonnes de cartons des ­archives familiales poussiéreuses revisitées, les 214 lettres de Rosenberg à ­Picasso épluchées, les 25 livres d'art avalés... mais Anne Sinclair, bien qu'elle s'en défende avec véhémence, justifie aussi dans ces pages sa fortune, celle dont elle a fait profiter DSK, celle d'un marchand d'art et non pas d'armes, comme dit une de ses amies. En clair, l'héritage d'un découvreur, d'un précurseur, «loin de l'image ­d'Epinal de l'exploiteur qui laisse mourir ses peintres dans la misère.

- L'Express, mars 2012
Le grand marchand d'art Paul Rosenberg, intime de Picasso, connut la gloire et l'exil. Sa petite-fille Anne Sinclair lui rend un hommage attendri mêlé d'introspection...
1910. La famille habite au 21. 21, rue La Boétie, à Paris, où Paul Rosenberg ouvre sa première galerie : "A la fin des années trente, Paul avait sur ses murs et dans son stock un mélange de Géricault, Ingres, Delacroix, Courbet, Cézanne, Manet, Degas, Monet, Renoir, Gauguin, Lautrec, Picasso, Braque, Léger, le Douanier Rousseau, Bonnard, Marie Laurencin, Modigliani et Matisse...
C'est l'histoire incroyable de cet homme, visionnaire, ouvert et enthousiaste avant les années d'amertume, qui visita son ami Renoir quelques jours avant sa mort, qui conseilla à Marie Laurencin de ne plus s'acheter de manteau chez Chanel alors qu'elle était venue lui réclamer une avance pour pouvoir le payer, qui entretint plusieurs décennies de correspondance avec Matisse et installa Picasso dans un appartement en face de chez lui. "Pic", son camarade, son frère de coeur, ce double de lui-même doué de génie, qu'Anne Sinclair visitera une fois par an jusqu'à sa mort, en 1973.

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