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Date de saisie : 23/07/2012
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Perrin, Paris, France
Auteur : Diane Ducret
Prix : 21.00 €
ISBN : 978-2-262-03624-9
GENCOD : 9782262036249
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Sorti le : 23/02/2012
Alors que Saddam Hussein tente de protéger sa deuxième épouse Samira de la jalousie de la première dame Sajida, l'imam Khomeiny n'admet pas que sa femme Khadije s'abaisse à faire la vaisselle, et Kim Jong-il a bien du mal à dissimuler ses infidélités à la star coréenne Hye Rim. Tandis que Mira corrige les discours de Milosevic, Oussama Ben Laden attend que Najwa accouche dans leur camp retranché d'Afghanistan, et Fidel Castro tente d'éviter les assauts de l'agent de la CIA qui est aussi sa maîtresse, Marita. Pour eux tous, l'amour, la mort ou l'exil s'entremêlent.
C'est que les hommes réputés autoritaires ou charismatiques ne sont pas, face aux femmes, toujours tels qu'on les imagine ou qu'ils veulent le faire croire, et leur vie privée, tournant souvent au secret d'État, recèle bien des mystères et des surprises. Pour les révéler, Diane Ducret a recueilli, par une enquête non sans risque, les témoignages des compagnes, filles, amis, conseillers, médecins, gardes du corps et même ayatollahs.
Le premier volet de Femmes de dictateur, déjà traduit en dix-huit langues, a fait connaître Diane Ducret comme une investigatrice et une historienne hors pair. Son nouveau livre est un exploit.
Ancienne élève de la Sorbonne et de l'École normale supérieure, Diane Ducret est auteur de films documentaires culturels et animatrice d'émissions dédiées à l'histoire.
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Fidel Castro :
Dom Fidel ou le festin de pierre
«S'il est aussi bon dirigeant qu'il est bon père, pauvre Cuba !»
Mirta Diaz Balart,
épouse de Castro
Divorce à la cubaine
Santiago de Cuba, année scolaire 1944. Une violente dispute fait rage dans la cour de récréation du collège jésuite de Belén.
«Je t'interdis de la voir !
- Ça, mon vieux, il n'y a que son père ou elle-même qui pourront me dire ce que j'ai à faire, mais sûrement pas toi !»
C'en est trop, l'insolent a mérité une correction, et l'impétueux autant qu'amoureux Fidel décide de la lui administrer sur-le-champ. Mais son rival ajoute en un éclair une raclée à l'outrage : après quelques coups de poing plus virils qu'adolescents, il repousse le jeune homme de 17 ans. Aveuglé par la rage et les ricanements de ses camarades auxquels sa déconfiture publique donne bien du plaisir, le bouillonnant étudiant surgit soudain, un pistolet à la main, vociférant et menaçant. Alors qu'il tient en joue l'autre prétendant de la belle demoiselle San Pedro, celui que l'on surnomme depuis longtemps «el Loco», le Fou, est plaqué au sol par un courageux professeur.
Ce fils de grand propriétaire terrien spécialisé dans la canne à sucre avait du mal à se familiariser avec les coutumes de la bourgeoisie citadine. Né en 1927 d'un père galicien venu faire fortune dans la florissante colonie de jadis, Fidel ne supporte pas que l'on se moque de lui. Le domaine familial de Biran, situé à l'extrême est de l'île, dans la région sauvage de l'Oriente, est depuis l'enfance le lieu de taquineries incessantes pour ce cadet d'une fratrie de sept enfants. Ses quatre soeurs se liguent régulièrement contre lui pour le provoquer, et l'affubler des surnoms les plus étranges. Elles s'amusent à déclencher ses colères qui le laissent pour de longs moments sanglotant et muet.
Les choses ne s'arrangèrent pas vraiment lorsque Fidel suivit ses aînées pour étudier à Santiago. Il s'était immédiatement mis en guerre contre le couple chez lequel on l'avait placé en pension, arguant dans ses lettres : «On ne nous donne rien à manger, nous avons toujours faim, la maison est très laide, la dame est une mollassonne; nous perdons notre temps.»
Fidel Alejandro Castro Ruz obtient pourtant avec brio son baccalauréat ès lettres en juin 1945, suscitant une fierté maternelle démesurée. Lina Ruz, Cubaine typique entrée modestement à l'âge de 16 ans au service d'Angel Castro, avait perdu tout espoir de voir ce fils turbulent et renvoyé à plusieurs reprises de l'école revêtir le costume des bacheliers. Jamais elle n'avait été aussi apprêtée et rayonnante, coiffée et maquillée, dans une robe à dentelle sombre, que pour sa remise de diplôme. L'objet de sa joie va lui offrir une nouvelle satisfaction; Fidel s'inscrit à l'université de La Havane, avec la ferme intention d'y étudier le droit.
Dans ce campus perché sur les hauteurs de la capitale et coupé du reste de la ville comme un sanctuaire inatteignable, il retrouve rapidement la liberté qui lui faisait défaut à son collège. L'animation n'y manque pas, et de féroces luttes agitent la Fédération des étudiants, véritable antichambre du pouvoir où les plus fortes têtes sont assurées de lancer leur carrière politique. Les débats ne se font pas seulement à coups d'arguments, mais à coups de revolvers, d'enlèvements et d'assassinats jamais élucidés dans ce dédale où se perdent les ambitions. Fidel peut heureusement compter pour s'orienter sur son nouvel ami originaire de la même province, Rafaël Diaz Balart.
Baptiste Liger - L'Express, avril 2012
Si sexe et pouvoir font parfois bon ménage, ils peuvent être aussi à l'origine de bonnes scènes de ménage. Voici ce que l'on pouvait retenir de Femmes de dictateur, le best-seller de Diane Ducret (traduit dans 18 langues et réédité en poche chez Pocket) dans lequel elle évoquait les destins, souvent tragiques, des compagnes de Hitler, Mussolini ou Staline. La jeune historienne propose un an plus tard la suite -prévue dès le projet, souligne son éditeur- vulgarisation intelligente reprenant la même recette.