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Date de saisie : 28/09/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Serge Safran éditeur, Paris
Auteur : Max Genève
Prix : 21.50 €
ISBN : 979-10-90175-06-8
GENCOD : 9791090175068
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Sorti le : 23/08/2012
Été 2001. Le cinéaste européen Peter Waltman s'envole vers les États-Unis pour réaliser un film sur la célèbre violoniste Frederika Murray. Au même moment, Willy, son coéquipier lors de nombreux tournages au Moyen-Orient, est assassiné en Bavière.
Waltman découvre l'Amérique, fasciné par la beauté, la vitalité et la violence de ses villes : New York, Philadelphie, Washington, San Francisco, Los Angeles, Chicago, Boston. Il y croise des patrons de majors californiennes, des artistes, des journalistes mais aussi des êtres beaucoup moins favorisés, voire dangereux...
Dans ce roman conduit avec force, les événements suivent une pente surprenante qui n'interdit pas l'irruption de l'amour ni la hantise de la mort. Max Genève y affronte la complexité du monde avec ce goût déjà ancien de l'art des naïvetés tempérées que peut enseigner la fréquentation assidue de Nabokov, Borges ou Gombrowicz.
Peter, Frederika, la plupart des personnages principaux sont autant de virtuoses qui jouent leur partition sans faiblir jusqu'à un certain jour tragique de septembre, dans une Amérique au tournant du siècle.
Max Genève, né à Mulhouse en 1945, vit aujourd'hui entre Paris et Biarritz. Auteur de plus d'une vingtaine de romans, recueils de nouvelles, récits ou essais, cet écrivain inclassable s'est illustré dans des veines très variées avec toujours la même exigence littéraire.
«Ce thriller spéculatif et amoureux sacrifie joliment aux lois du genre, tout en les teintant d'un climat réflexif et crépusculaire. Ce «dernier inventaire avant liquidation» constitue, à n'en pas douter, une des bonnes affaires de l'automne qui s'annonce.»
Olivier Mony, Livres Hebdo (29/06/12)
«Métaphore de nos propres vies, de nos espoirs comme de nos défaites, Virtuoses est un concentré contemporain des tragédies antiques.»
Jean-François Delapré, Page (août 2012)
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Juillet 2001.
Tuer ne lui procurait aucun plaisir. Il n'en éprouvait aucun remords. La violence absolue qu'il connut jeune garçon dans le village bosniaque où il était né l'avait prédisposé à accepter des missions que le commun des mortels refuserait avec horreur. Certains collègues ne cachaient pas qu'ils prenaient leur pied en voyant la peur déformer les traits de leur victime. Ils ne détestaient pas le petit jeu ambigu entre cruauté et apitoiement auquel ils se livraient plus ou moins consciemment. L'un d'eux lui avait affirmé qu'il bandait au moment de presser la détente.
Lui, non. Il se contentait d'accomplir sa tâche vite et bien. Finir le travail proprement, effacer ses traces, satisfaire le client, bref honorer le contrat. Il était un as au fusil à lunette. Son dernier engagement l'avait amené à loger une balle de onze millimètres dans la tête d'un banquier tranquillement assis chez lui dans son salon, alors que lui, sous une pluie battante, était allongé sur une terrasse à huit cents mètres de là.
Cette fois, les choses seraient différentes : il lui fallait mettre le feu à la baraque de façon à faire croire à un incendie accidentel et s'assurer que le propriétaire n'en réchappe pas.
- Un jeu d'enfant pour un expert comme toi ! Tu n'es pas pour rien un ancien des opérations spéciales, avait dit Graham Stoker, croyant le flatter.
Il en avait de bonnes, l'Américain ! Le chalet était certes isolé dans la forêt, à deux kilomètres du village. Il avait vérifié, le premier poste de secours se situait beaucoup plus loin, à Bad Tôlz ; même alertés rapidement, les pompiers mettraient au moins une demi-heure avant d'être sur les lieux. Mais il n'y avait pas l'électricité dans la maison, pas question donc de provoquer un court-jus fatal. Le soir, l'homme s'éclairait, écoutait sa foutue musique classique à l'aide d'un générateur installé à l'extérieur, sous un abri. De plus, il était du genre méfiant, très organisé.
Voilà trois jours qu'il observait ses faits et gestes à la jumelle, l'avait suivi au village où le type ne traînait pas, après ses courses. Il fermait les volets à chaque fois, verrouillait la maison avec soin en partant. N'était-il pas sorti hier, armé d'une carabine, pour aller s'exercer au tir dans une petite carrière abandonnée ? Apparemment, il se débrouillait : à cinquante mètres, avec sa vingt-deux long rifle, il plaçait six balles dans un cercle de quinze centimètres de diamètre. Très honorable pour un amateur.
Pour couronner le tout, ce matin tôt - il venait juste de gagner son poste d'observation -, l'homme était monté dans sa voiture, avait disparu plusieurs heures pour revenir en début d'après-midi avec une femme, sans doute cherchée à Munich à l'aéroport. La quarantaine, brune, jolie, bien roulée. Son ami devait être impatient de la retrouver : à peine arrivés, il l'avait entraînée sur la terrasse, à l'arrière du chalet, l'avait déshabillée, lui avait fait l'amour au soleil avec une rage de mort de faim. Il les avait matés un instant, par habitude, avant de reposer ses jumelles. Les pratiques amoureuses de l'espèce humaine ne l'intéressaient guère.
1) Qui êtes-vous ? !
Max Genève. Romancier avant tout (professionnel depuis 1980), 22 romans parus, mais aussi des nouvelles, des essais, des scénarios.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'impossibilité de formuler en une phrase le thème central de ce livre en fait la singularité et le sel.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
J'ouvre le livre au hasard et je tombe sur ceci : Son "chéri", où éclatait toute la pulpe du mot et qui semblait dans sa bouche la morsure d'un baiser charnu (la chair rit dans chéri) retentit dans l'oreille de Waltman comme une annonce qu'elle ne pourrait plus différer.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le Concerto pour orchestre de Béla Bartók qui permet à chaque instrument de s'illustrer tour à tour et qui exige donc de chacun des pupitres qu'ils soient des virtuoses.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon amour des femmes, toujours aussi vivace.