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Date de saisie : 09/07/2012
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Denoël, Paris, France
Auteur : Collectif
Préface : Didier Pourquery
Prix : 13.00 €
ISBN : 978-2-207-11316-5
GENCOD : 9782207113165
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Sorti le : 31/05/2012
Dans les trains japonais, le contrôleur fait la courbette aux passagers. En Russie, la méfiance règne : sourire dans la rue ou dire bonjour à un voisin est suspect. Les petits Thaïlandais, eux, font l'apprentissage d'une longue liste de règles de politesse, indispensables à la vie au «pays du Sourire». Les Grecs, eux, ont la politesse plutôt rustique, et à géométrie variable : des mots comme malaka (connard) ou pousti (pédé) servent, selon le contexte, d'insulte ou de formule amicale.
Ce Tour du Monde de la politesse, voyage riche en informations et plein d'humour parmi les rituels du monde entier, reprend une série d'articles publiés pendant l'été 2011 par le quotidien Le Monde. Les correspondants étrangers du journal y portent un regard aigu et souvent cocasse sur les pays qu'ils observent au quotidien. Le savoir-vivre, que les Français ont tendance à considérer comme leur patrimoine national, se décline en réalité sur les cinq continents de façon singulière et parfois surprenante. Les habitudes des uns peuvent être des injures pour les autres, et certaines règles intangibles ici n'ont aucun sens ailleurs. L'ouvrage est préfacé par Didier Pourquery, directeur adjoint des rédactions du journal Le Monde, et assorti d'un panorama général et de commentaires par Laurence Caracalla, experte en bonnes manières.
Textes de Cécile Boutelet, Florence de Changy, Marie Delcas. Marie Jégo. Corine Lesnes, Virginie Malingre, Sandrine Morel. Claudine Mulard. Bruno Philip. Philippe Pons, Philippe Ridet. Alain Salles, Frédéric Saliba. Joëlle Stoltz, Jean-Pierre Stroobants, Harold Thibault, Laurent Zecchini.
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Du bon usage du savoir-vivre
Autrefois, c'était simple. Nous étions tous américains. Nous voyagions dans le monde entier en parlant un globish d'aéroport et en saluant les gens que nous rencontrions, à Stockholm ou à Hong Kong, comme on le fait dans l'Ohio. On s'échangeait de vigoureux «Ht !», on se serrait la main et on passait directement à l'ordre du jour.
Nous parlons là d'un temps pas si ancien où le concept de mondialisation n'était pas ce qu'il est aujourd'hui. Le monde d'alors était anglo-saxon par sa consommation, son management, sa culture... et donc son «commerce», que ce soit dans le sens d'échange monétaire ou d'échange tout court. Les modes de relation se fondaient sur ceux qui avaient, en trois siècles, émergé du melting-pot américain : un plus petit commun dénominateur de la courtoisie, une façon directe, un peu brutale, de s'adresser les uns aux autres, basée sur la recherche d'efficacité, le recueil rapide d'informations à propos de son interlocuteur et une sorte de jovialité toute en dents.
Puis vint la «globalisation», la vraie, celle du XXIe siècle, celle qui fait se rencontrer vraiment toutes les cultures. Les experts en géopolitique parlent à ce sujet de «multipolarisation» ; une autre façon d'exprimer le fait que le monde n'est plus seulement américain, mais aussi chinois, européen, russe, indien ou brésilien. Ces pays-là veulent exister sur la scène mondiale à hauteur de leur poids économique, et ils veulent que leur façon de vivre et leurs coutumes soient prises en compte. Rien que de plus normal, en vérité. Nous-mêmes, en Europe, avons suffisamment pesté contre l'américanisation des esprits et des modes de vie pour comprendre que désormais chacun souhaite être considéré comme un interlocuteur spécifique, doté d'une sociabilité propre et respectable. Cette reconnaissance de l'autre fait aujourd'hui partie du type de courtoisie internationale jadis réservée à ceux - routards ou autres - qui défendaient en voyage l'ouverture à la culture d'autrui et le respect absolu des différences. Ce qui, reconnaissons-le, est le vrai fondement de la politesse authentique.
Aussi, lorsque Joseph Beauregard a contacté la rédaction du Monde, au printemps 2011, avec le projet de réaliser un documentaire sur la politesse autour du monde, en s'appuyant sur l'expertise du réseau de correspondants du journal, cela nous a paru une excellente idée. Une idée si bonne que, dans un premier temps, nous avons décidé d'en faire un feuilleton d'été. Le fil conducteur en était simple : il fallait tenter de donner à nos lecteurs une idée de la diversité des pratiques et des coutumes dans le domaine certes minimal mais essentiel des relations humaines.
Emmanuel Hecht - L'Express, juin 2012
Au total, 22 pays ont ainsi été passés au scalpel, du Brésil à la Corée, de l'Allemagne à la Mauritanie, de l'Inde à la Russie. Ces articles, complétés des commentaires de Laurence Caracalla, notre nouvelle baronne Staffe, sont réédités dans un recueil entre ethnologie vivante, passeport pour la mondialisation et management interculturel. Ils se lisent sourire aux lèvres, parce qu'à la sortie de l'aéroport nul n'est à l'abri de l'impair rédhibitoire.