Amis lecteurs, Fnac.com a choisi Passagedulivre.com pour enrichir ses pages livres.
Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.
Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.
Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.
Bonne visite sur Passagedulivre.com !
Date de saisie : 29/01/2013
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Auteur : Antoine Sénanque
Prix : 17.00 €
ISBN : 978-2-246-79822-4
GENCOD : 9782246798224
Commander ce livre sur Fnac.com
Sorti le : 09/05/2012
"La Vierge m'est apparue le 1er avril 2008. La date était mail choisie. Je sais qu'humour et spiritualité ne sont pas toujours antagonistes, mais sincèrement, j'aurais préféré le 31 mars."
Quand la Vierge Marie apparaît à Pierre Mourange, vétérinaire incroyant et morose, elle croit sans doute lui faire plaisir.
Elle aurait dû lui demander son avis.
Cocktail d'humour et d'insolence pour une subtile comédie d'Antoine Sénanque.
Antoine Sénanque est l'auteur, chez Grasset, d'un récit, Blouse (2004), et de plusieurs romans, La grande garde (2007), L'ami de jeunesse (2008), et L'homme mouillé (2010).
Commander ce livre sur Fnac.com
La Vierge m'est apparue le 1er avril 2008. La date était mal choisie. Je sais qu'humour et spiritualité ne sont pas toujours antagonistes mais sincèrement, j'aurais préféré le 31 mars.
Comme prévu, mes proches ont reçu la nouvelle comme un canular. Mon frère m'a précisé qu'il déjeunait le jour même avec sainte Thérèse. La conversation a tourné court.
Je l'ai vue. C'est vrai. Vous dire à quoi elle ressemble, c'est facile. Une jolie femme, la trentaine, brune, en robe bleu pâle, nimbée d'azur, perchée sur un croissant de lune.
Je n'ai pas été effrayé sur l'instant, plutôt flatté. Qu'est-ce qu'elle peut bien me trouver ? me suis-je demandé. Honnêtement, à sa place, je ne me serais pas apparu. J'ai 51 ans, je suis assez commun physiquement, grand, les cheveux gris, j'ai un visage long et des yeux qui ne se réjouissent pas facilement. Je ressemble à un homme de petites affaires qu'on croise dans les aéroports, avec une veste sombre, une cravate et une serviette. Les regards ont tendance à cligner sur moi et la femme qui me vend un paquet de cigarettes tous les jours depuis quatorze ans ne se souvient pas de ma marque préférée. Dans ces conditions, je ne serais pas surpris d'être perçu comme assez anonyme au plus haut des cieux. Je suis veuf aussi.
Tout le monde m'a pris pour un illuminé, même le docteur Bloch, mon généraliste, qui d'habitude m'écoute avec patience.
Le soir de ce 1er avril, j'entre dans son cabinet, confiant, mais je sens que mes symptômes lui sont antipathiques.
- Qu'est-ce qu'elle vous a dit, la Vierge ? m'interroge-t-il avec brusquerie.
Elle ne m'a rien dit. Absolument rien. Elle est restée devant moi, bien droite, dans l'entrée de mon appartement, elle m'a regardé une minute ou deux, attentive, et elle s'en est allée.
- Elle n'a aucun intérêt, votre apparition, conclut le médecin avec sa franchise habituelle.
C'est vrai que ma vision est assez plate, mais je n'y peux rien. Je ne vais pas reprocher à la Vierge de ressembler au portrait que ma mère avait accroché sur le mur, au-dessus de mon lit d'enfant, avec une feuille de laurier racornie. Identique à celui des missels et des médailles. Extrêmement proche de l'idée qu'on s'en fait. Je ne peux rien dire de plus. Je comprends la déception de mon thérapeute et son diagnostic est mérité : délire médiocre.
Pourtant il ne s'agit pas d'une hallucination.
(...)
Claire Chazal - Paris-Match, juillet 2012
Dire des choses graves avec humour, parler de la vie et de la mort, et de toutes les angoisses de l'homme en faisant rire : quelle chance, quel talent !...
C'est à la fois drôle, désespéré, acide parfois, mais plein d'humanité, comme le sont les films de Woody Allen ou de Stephen Frears. Antoine Sénanque est passionné par la médecine, mais il a toujours vécu douloureusement son métier, critiquant ses dérives, et honnissant son impuissance face aux grandes maladies. Il a d'ailleurs pris la plume pour dire sa différence dans « Blouse » et « La grande garde ». Impressionné par Céline, c'est la lecture du « Voyage » et le désespoir du docteur Destouches qui l'ont poussé à écrire. Comme les personnages de son cinquième roman, il est allé à Lourdes pour croire à des guérisons impossibles. Ses phrases courtes, acérées, sont un peu celles de ses ordonnances, mais il y a en plus la patte de celui qui passe son temps à écouter les autres, à les observer et, quoi qu'il en dise, à les aimer.
1) Qui êtes-vous ? !
Je n'ai pas encore trouvé la réponse définitive à cette question. Même Dieu a eu du mal, à y répondre «Je suis Celui qui suis». Si on y réfléchit, il ne s'est pas foulé.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Comédie, comédie où se croisent un vétérinaire morose, des chiens malades mais pas trop, des amis inutiles, des femmes imprévues... et la Sainte Vierge.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«C'est difficile de parler d'elle, je suis prudent avec l'intime, je n'écris pas avec ; les mots tachent ce qu'ils disent.»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson en duo, par exemple Dalida et Delon «Paroles, paroles» ou bien une chanson d'Allain Leprest «Donne moi de mes nouvelles».
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
De la fraîcheur.