logo fnac Amis lecteurs, Fnac.com a choisi Passagedulivre.com pour enrichir ses pages livres.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. Comme un écho errant

Couverture du livre Comme un écho errant

Date de saisie : 26/07/2012
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Joseph K, Nantes, France
Auteur : Jean Meckert

Prix : 16.50 €
ISBN : 978-2-910686-64-2
GENCOD : 9782910686642
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 07/06/2012

 
 
4ème de couverture

Un jour de janvier 1975. Jean Meckert est allongé sur un lit de ta Pitié-Salpêtrière. Il a été trouvé inanimé dans la rue de Belleville. Sorti des épreuves
de l'hospitalisation qui n'effacent pas les séquelles de deux heures de coma, il veut comprendre ce qui le laisse ainsi anéanti. Débute alors une lente enquête et une profonde méditation sur son passé, puis naît peu à peu l'idée d'un roman dont le narrateur serait un écrivain devenu amnésique.
Abandonnant ses habituels personnages de série noire, ce romancier choisit de faire de l'enfant qu'il fut, et que la mémoire a gardé intact alors que le souvenir des événements récents a disparu, le protagoniste de son prochain ouvrage, la mort de la mère puis celle de la soeur de Jean Meckert vont brutalement rendre l'écriture de l'oeuvre plus impérative encore, ces deux êtres disparus devenant les figures centrales de l'entreprise romanesque, la fiction se mêle alors intimement aux réalités saillantes de son existence.
Jean Meckert faisant de sa biographie l'essence même de Comme un écho errant. Adressé en 1986 aux Editions Gallimard, l'ouvrage est chaleureusement accueilli par Roger Grenier, mais refusé par les autres lecteurs qui lui reprochent de n'avoir pas choisi entre la biographie documentée et le roman psychologique. Terminé moins d'une dizaine d'années avant sa mort, ce roman autobiographique est ainsi resté inédit jusqu'à ce jour.

Auteur d'une oeuvre romanesque importante aux Editions Gallimard, avec Les Coups (1941), L'Homme au marteau (1943), La Lucarne (1945), Nous avons les mains rouges (1947), La Ville de plomb (1949), je suis un monstre (1952), Nous sommes tous des assassins (1952), Jean Meckert (1910-1995) est également l'une des figures majeures du roman noir français. Sous le pseudonyme de Jean Amila, il marque profondément de son empreinte les premières décennies de la célèbre "Série Noire", avec plus d'une vingtaine de romans, parmi lesquels : Y a pas de bon Dieu ! (1950), La Bonne tisane (1955), Les Loups dans la bergerie (1959), La Lune d'Omaha (1964), Le Boucher des Hurlus (1982), Au balcon d'Hiroshima (1985).

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Lorsqu'il était sorti de l'inconscience, il se trouvait sur un chariot. Et comme il tentait de se relever sur un coude, une infirmière l'avait immobilisé, lui disant qu'il était sous sa responsabilité.
C'est ainsi qu'il était entré dans sa nouvelle existence. On lui disait qu'à part l'oreille sur laquelle il fallait intervenir, il n'y avait rien de grave.
Il entendait et il comprenait. Les gens en blanc étaient doux avec lui. Juste un peu trop. On lui demandait son nom, et il ne savait pas dire. Pourtant il avait un nom, une adresse... Mais quoi ? Il n'en souffrait pas. Il avait surtout besoin de dormir.
Dormir, dormir... On l'avait opéré et il avait la tête emmaillotée de pansements. Une douleur sourde provenait de l'oreille matraquée. De la langue il tâtait le créneau que laissaient les dents cassées. On lui apportait des bouillies. Il savait dire merci.
Au bout d'un certain temps, peut-être seulement quelques heures, il avait retrouvé son nom et son prénom ; mais on connaissait déjà. On lui avait dit que cette amnésie passagère était fréquente après un choc. Tout allait revenir, il n'y avait pas à s'inquiéter.
Il croyait être en Provence et il avait été surpris d'apprendre qu'il se trouvait à Paris, en chirurgie à l'hôpital Saint Antoine.
Lorsqu'Augusta était venue, il l'avait immédiatement reconnue mais s'était étonné. Elle paraissait énorme et...
-... Tes cheveux... Tu es toute blanche.
- Voyons, je ne me teins plus depuis plusieurs années. On a déjà eu l'occasion d'en parler vingt ou trente fois.
Si elle le disait, c'est que c'était vrai.
- Faut-il prévenir ta femme ?
À la question il avait le vague sentiment d'être en effet marié, quelque part. Il cherchait un visage, un souvenir...
- Ne t'inquiète pas, rassurait Augusta, ça va revenir. J'ai essayé d'appeler Gilbert, mais ça ne répond pas.
- Gilbert ?
- Voyons, tu te souviens bien de ton fils ?
Le fils ? Oui, bien sûr. Une petite lucarne s'entrouvrait. Il voyait du sable, des oyats, avec le bruit de la mer de l'autre côté de la dune. Comment s'appelait cette plage ? Le bambin jouait avec une bouée à tête de canard.
- Gilou, bien sûr...
- Gilou, si tu veux. Mais comme je le connais j'ai peur qu'il te fasse la gueule et que ce te soit pénible.
Il y avait comme un malentendu. Comment pouvait-on parler ainsi d'un gaminet de trois ou quatre ans ?... C'était ce qu'il avait dit, lentement, cherchant ses mots. Un instant, Augusta l'avait fixé avec sévérité, comme un triste simulateur.
- S'il te plaît... Quel âge crois-tu avoir ?
II cherchait avec effort, mais ça lui échappait. Augusta avait enchaîné.
- Peu importe. Mais ton fils a maintenant trente ans. Je ne peux pas croire que tu aies tout oublié. Ce n'est pas possible !
Trente ans, donc un jeune homme, un homme... Il n'avait aucune image.

 
 
Revue de presse

Catherine Simon - Le Monde du 12 juillet 2012
Comme un écho errant raconte l'histoire d'un romancier devenu amnésique, qui tente de renouer les fils d'une mémoire détruite. C'est ce qui est arrivé, pour de bon, à l'auteur : un jour de janvier 1975, il est retrouvé inconscient sur un trottoir du 20e arrondissement de Paris. A son réveil, à l'hôpital, il ne se rappelle de rien...
Le narrateur amnésique accrédite l'idée qu'il a été victime d'une " exécution " politique, pour avoir dénoncé dans l'un de ses romans les essais nucléaires dans le Pacifique et le joug colonial, " immense proxénétisme " imposé au " gentil peuple tahitien ". Vrai ou faux ? Passer de la fiction à la réalité - et vice versa - est l'une des caractéristiques de ce formidable styliste, dont le souffle populiste et la gouaille, froidement travaillée, accompagnent les humeurs du temps.

Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 5 juillet 2012
A la troisième personne, comme s'il avait peur de son propre «je», l'homme sans bagages enquête sur son passé...
La grande différence entre l'auteur désemparé et le lecteur bouleversé de «Comme un écho errant», c'est que le second sait tout ce que le premier a oublié ou dont il doute. Il sait que l'ex-ouvrier Jean Meckert est un très grand écrivain de la colère, de la rébellion et de la revanche...
Mais il sait aussi, ce lecteur, que ni les succès ni les éloges n'ont suffi à rassurer Jean Meckert sur ses dons exceptionnels. L'ancien garagiste qui écrivait : «Je suis un ouvrier qui a mal tourné» crevait aussi de ça : le doute. «Comme un écho errant» s'ouvre par ce mot que lui lance le professeur de médecine, alors qu'il somnole sur un lit d'hôpital : «Les polars, littérature médiocre !», et se termine par une tirade amère adressée à sa neurologue, où il regrette qu'on l'ait toujours classé dans la littérature prolétarienne, «sous-catégorie créée par de pédants intellectuels pour ne pas avoir à mélanger torchons et serviettes». Si seulement il avait su, cet écrivain sans passé, combien l'avenir lui rendrait justice.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?