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.. 35 morts

Couverture du livre 35 morts

Date de saisie : 30/09/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Fayard, Paris, France
Auteur : Sergio Alvarez
Traducteur : Claude Bleton

Prix : 22.90 €
ISBN : 9782213666280
GENCOD : 9782213666280 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 22/08/2012

 
 
4ème de couverture

Roman haletant où s'entrecroisent confessions et monologues au gré de l'actualité terrifiante de la Colombie, 35 Morts parcourt l'histoire de ce pays pendant les quatre dernières décennies. Depuis la naissance du protagoniste, en Colombie, jusqu'au dernier rebondissement, à Madrid, nous le suivons dans des aventures toutes plus réelles les unes que les autres : combats politiques, enlèvements, répressions, massacres, coups de filets...
Un souffle d'écriture, un torrent où se mêlent mille voix qui hurlent leur volonté de vivre. Un univers de violence où les «mâles» sont fleur-bleue, pleurent d'amour et rivalisent de machisme, où les «gonzesses» espèrent toujours rencontrer le chevalier blanc et où la guérilla, la brutalité policière et le trafic de drogue constituent le paysage dans lequel il faut parvenir à survivre.

Sergio Alvarez est né en 1965 à Bogota. Son premier roman, La Lectora, a remporté le prix Silverio Canada à la Semana Negra de Gijón, en 2002. Il a consacré dix années à l'écriture de 35 Morts, résultat de nombreux voyages et de recherches approfondies sur l'histoire et le milieu de la drogue en Colombie.

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Passage choisi

Ce mort, ce n'est pas mon boulot,
voyez donc qui a eu sa peau...

Botones commit son dernier crime neuf mois après sa mort. De son vivant, tant qu'il se balada en liberté à travers toute la Colombie, il assassina trois cent vingt-quatre naïfs qui avaient eu la malchance ou l'audace d'affronter sa rage, ses ambitions ou les armes que le bandit cachait toujours sous ses vêtements. Comme tout assassin qui se respecte, Botones au cimetière n'en continua pas moins son oeuvre homicide, sans avoir à gaspiller une cartouche de plus, à poignarder une nouvelle victime ou à forcer son talent pour pendre un condamné. Il se contenta de ma modeste contribution. C'est moi, déjà couillon avant de naître, qui déchirai les chairs de la parturiente et déclenchai l'hémorragie qui ajouta une victime au palmarès de cet ex-caporal de l'armée. Le bandit avait joyeusement baisé avec Cándida, enchaîné sur une sieste après l'orgasme, et il s'était réveillé nostalgique, d'humeur à écouter Javier Soifs. Il allait poser l'aiguille sur l'acétate quand son instinct de tueur lui souffla qu'un silence dangereux l'entourait. Cándida ! cria Botones. Voyant que la femme était partie, il se rappela la dévotion avec laquelle elle l'avait aimé, et il redoubla d'inquiétude. Il se mit à la fenêtre, inspecta la rue et, malgré la solitude et le silence, repéra le casque d'un des milliers de soldats que l'armée avait déployés pour l'encercler. Chienne, vendue ! cracha Botones. Il enfila son pantalon et courut inspecter la maison. Dans la cour arrière, son instinct de tueur le protégea encore une fois : au lieu de sortir, il agita son chapeau et vit pour ainsi dire rebondir contre les pavés la balle qui perfora son feutre. Pas d'issue de ce côté-là. Botones se replia, avertit Victor et Emma, le couple qui habitait avec lui, de l'encerclement des militaires, leur conseilla de cacher les enfants et leur conseilla, si on frappait à la porte, d'ouvrir en vitesse et de se comporter normalement. Et si on me demande, vous dites que vous ne me connaissez pas, que vous ne m'avez jamais vu, ajouta-t-il avec ce sourire froid qui accompagnait toujours ses ordres. Le bandit revint dans sa chambre, saisit sa mitraillette, s'accroupit dans un coin et essaya d'étouffer la toux qui ne le lâchait pas non plus. Ayant déjà connu des sièges de ce genre, il se dit que s'il contenait le premier assaut jusqu'à la nuit, il pourrait s'enfuir à la faveur de l'obscurité. On était en juin 1965, Bogota n'était plus une ville éteinte par le froid et la pluie, mais une cité bruyante et colorée par les mirages que les rues offraient aux milliers de gens chassés par la dernière vague de violence. Il n'y avait pas d'industrie, pas de commerce ni de voitures, les bidonvilles n'avaient pas encore phagocyté la savane et la ville se développait, protégée par la végétation des montagnes où le soleil jouait des mêmes verts que les uniformes des militaires. Alirio Beltrán, rendez-vous et vous aurez la vie sauve, annonça une voix martiale amplifiée par un mégaphone. Botones ne répondit pas, il savait que l'armée l'avait condamné à mort et que cette promesse était encore une manière de lui dire que cette fois ils ne le laisseraient pas échapper, qu'ils allaient enfin le liquider. Il faut entrer, ce bandit ne va jamais se rendre, dit Arellana, le colonel qui dirigeait l'assaut, approuvé par Rogelio et L'Indien, les deux agents secrets qui avaient soudoyé Cándida. Ils traversèrent la rue, suivis d'un lieutenant et de deux soldats, et frappèrent à la porte de la maison où Botones s'était retranché. Et cette chambre ? demanda Rogelio au couple, après avoir tout exploré sans résultat.

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