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.. La maison des sept femmes

Couverture du livre La maison des sept femmes

Date de saisie : 27/06/2013
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Lattès, Paris, France
Auteur : Leticia Wierzchowski
Traducteur : Danielle Schramm

Prix : 22.00 €
ISBN : 9782709638234
GENCOD : 9782709638234 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 05/06/2013

 
 
4ème de couverture

«La Maison des sept femmes est un de ces merveilleux romans historiques où le récit d'une époque immortelle est servi par la maestria d'un roman parfaitement construit.»
Luis Fernando Verissimo

Brésil, 1835. Les grands propriétaires terriens du Sud réclament l'indépendance de leurs provinces face à l'Empire. A leur tête, le général Bento Gonçalvez da Silva. Bien qu'il envisage un conflit court, il prend soin de protéger sa famille en conduisant sa femme, ses soeurs et ses nièces dans l'Estancia de la Barra, propriété isolée où elles vont attendre la fin de la guerre. Celle-ci durera dix ans. Dix ans à la poursuite de la liberté pour les esclaves du Rio Grande do Sul et de l'autonomie pour les grandes provinces du Sud.
Dix ans de vie dans la pampa pour ces sept femmes qui voient leur existence bouleversée. Dans ses carnets, la jeune Manuela décrit l'attente, les espoirs, les doutes et surtout ses sentiments envers le jeune révolutionnaire Giuseppe Garibaldi.

Avec La Maison des sept femmes, Leticia Wierzchowski signe une saga familiale passionnante, transportant le lecteur au coeur de la pampa brésilienne. Véritable phénomène littéraire au Brésil, ce roman, traduit dans une douzaine de langues, a également connu un grand succès à l'étranger.

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Passage choisi

Cahiers de Manuela

La nouvelle année

Nul ne pouvait prévoir que l'année 1835 nous apporterait, dans le sillage lumineux de la comète, les sortilèges, les amours et les malheurs dont elle fut prodigue. Quand le douzième coup de minuit sonna à la pendule du salon de notre maison, coupant la nuit fraîche et étoilée comme un couteau tranchant la chair tendre et douce d'un agneau, rien ici-bas ne sembla se parer d'une autre couleur ou d'une autre essence, les meubles de la maison ne perdirent pas leurs contours lourds et rigides, mon père ne se mit pas à prononcer plus de mots que ceux qu'il prononçait d'habitude de sa place en bout de table, en nous regardant tous de son regard noir et profond qui avait perdu depuis longtemps la vivacité, l'éclat et l'intelligence de l'homme de la pampa gaucha capable de mesurer la soif de la terre et la pluie cachée dans les nuages. Quand l'horloge cessa d'émettre son dernier hululement, la voix de mon père se fit entendre : «Que Dieu bénisse cette nouvelle année que la vie nous offre et que cette maison ne manque ni de santé, ni de nourriture, ni de foi.» Et nous répondîmes «Amen» en levant bien haut nos verres, et rien à ce moment ne laissait supposer que quelque chose pût altérer le cours des événements qui régissaient si mollement les jours de ce temps-là. Ma mère, dans sa robe de dentelle, ses cheveux retenus sur la nuque, belle et droite comme d'habitude, commença, secondée par les servantes, à servir les mets cuisinés pour ce dîner familial et, quand l'horloge cessa ses gémissements, la maison retrouva son ordre antique et inébranlable. Des rires et des boissons. Toute ma famille était réunie autour de la table qu'éclairaient de lourds candélabres : mes deux soeurs, Antonio mon frère aîné, mon père, ma mère ; dona Ana ma tante, son mari avec leurs deux fils bruyants et joyeux ; mon oncle, Bento Gonçalves, sa femme aux beaux yeux verts, Caetana, ma cousine Perpétua et mes trois grands cousins Bento Filho, Caetano, et face à moi, me jetant des regards furtifs de ses yeux étroits et ardents comme ceux de son père, Joaquim à qui j'avais, toute petite encore, été promise, et dont la présence faisait légèrement trembler mes mains, ce que j'essayais de dissimuler en tenant fermement les lourds couverts d'argent que ma mère sortait les jours de fête. Les jeunes enfants d'oncle Bento et de sa femme étaient dans une autre partie de la maison avec les négresses et les nounous, peut-être étaient-ils déjà couchés, car l'attente de l'année nouvelle ne concerne pas ceux qui portent encore des couches.
C'est exactement ainsi que l'année 1835 vint se poser parmi nous. Il y avait dans l'air, depuis quelque temps déjà, un léger murmure d'insatisfaction, des plaintes contre le Régent, des réunions mystérieuses et secrètes dans le bureau de mon père, ou ailleurs, l'éloignant de la maison pour de longues soirées qui se poursuivaient jusqu'au matin. Mais, comme je l'ai dit, pendant cette nuit douce et chaude de ce début de janvier, aucun de ceux qui étaient attablés ne semblait manifester l'ombre d'un tourment. Joaquim, qui arrivait avec ses frères de Rio de Janeiro pour revoir la famille, me lançait de longs regards admiratifs comme pour me dire que je ne devais pas oublier que j'étais sienne : je voyais du bonheur dans ses pupilles noires - la cousine qui lui était destinée était belle, la vie était belle, nous étions jeunes, et le Rio Grande était une terre riche, une terre dont nos familles étaient les maîtres. Plus loin, oncle Bento et mon père riaient et buvaient, hommes puissants aux voix tonitruantes, au coeur vaste. Les femmes s'entretenaient de leurs modestes affaires, de leurs soucis d'épouses et de mères non dénués d'importance car c'est bien de cette délicate frange féminine que sont faites les familles, et par conséquent, la vie ; elles parlaient de leurs enfants, de la chaleur de l'été, de leurs accouchements récents ; elles avaient un oeil sur les conversations, les rires doux, la joie ; l'autre sur leurs hommes : elles s'assuraient qu'il ne leur manquât rien à manger ou à boire et veillaient au bien-être de leur corps et de leur âme. Elles étaient là.

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