Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. Idiopathie : un roman d'amour, de narcissisme et de vaches en souffrance

Couverture du livre Idiopathie : un roman d'amour, de narcissisme et de vaches en souffrance

Date de saisie : 01/10/2013
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Seuil, Paris, France
Auteur : Sam Byers
Traducteur : Nicolas Richard

Prix : 21.50 €
ISBN : 9782021099867
GENCOD : 9782021099867 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 21/08/2013

 
 
4ème de couverture

Cynique à souhait, Katherine n'aime rien ni personne. La trentaine à Norwich, célibataire hormis quelques aventures désastreuses, elle a décidé de tirer un trait sur le bonheur en général. De son côté, Daniel, son ex, a tout pour être heureux : une jolie compagne, une maison confortable, une brillante carrière. Mais depuis quelque temps, bien que l'honnêteté ne soit pas son fort, il ne peut s'empêcher d'y regarder de plus près. Et, sincèrement, tout est trop beau pour ne pas être faux.
Quand Nathan, qui fut leur ami commun, ressurgit après un an et demi d'absence, il provoque les retrouvailles forcées de ce ménage à trois explosif. Lorsque rancoeur, déception et culpabilité sont réunies autour d'une bière, il faut s'attendre au pire.

Comédie anglaise par excellence, Idiopathie dresse le portrait impitoyable d'une génération consumée par le narcissisme, sur fond de monde qui déraille. Que faire lorsqu'on a tout mais que rien ne suffit, et que rien ne va plus ? Tandis que les vaches d'Angleterre succombent à une étrange épidémie dont les symptômes en disent long sur le vague à l'âme de l'époque, il est peut-être temps de grandir.

Sam Byers est né en 1979. Il vit à Norwich, dans le Norfolk. Idiopathie est son premier roman.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Assez récemment, au cours d'une réunion de famille qui requérait, selon les termes de la mère de Katherine, une présence absolument impérative, mais que la soeur de Katherine avait néanmoins réussi à éviter, la mère de Katherine avait fait circuler aux membres de la famille réunis autour de la table les photographies qu'elle gardait dans son portefeuille. Lesdits membres avaient dans l'ensemble un certain âge, et l'incontestable plaisir que leur procuraient ces photos était un phénomène que Katherine avait depuis longtemps renoncé à comprendre. Pour elle, quatre-vingt-dix pour cent des photographies (et de sa parentèle) se ressemblaient. Rien n'était plus similaire au sourire d'un gamin que le sourire d'un autre gamin ; impossible de distinguer un mariage d'un autre ; et vu qu'en grande majorité les membres de sa famille avaient tendance à passer leurs vacances dans des endroits prévisibles à pleurer, les photos qui résultaient de leurs voyages à l'étranger étaient en tout point identiques. Et donc, tandis que Tante Joan, Oncle Dick et Isabel, leur fille étrangement spectrale, plus deux ou trois croulants de base dont elle se souvenait vaguement mais avec qui elle n'avait guère envie de renouer, roucoulaient et s'extasiaient devant les photos comme devant un dessert alléchant et bien présenté, Katherine se contenta de se taire, ses yeux allant et venant, comme c'était souvent le cas en de telles occasions, entre l'ovale du visage de sa mère et le cadran de sa montre, bien qu'aucun des deux ne lui permît d'espérer que la réunion touchait à sa fin.
Le portefeuille, contrairement aux mains qui le tenaient, était lisse et neuf ; acheté récemment, il se trouvait que Katherine était au courant, chez Liberty, où sa mère faisait régulièrement des folies.
«Quel portefeuille ravissant», dit un des vieux cousins, qui connaissait suffisamment bien la mère de Katherine pour savoir que tout accessoire exhibé publiquement devait susciter au moins un compliment afin que l'objet ne se retrouve pas relégué dans l'un des sacs pleins d'acquisitions abandonnées qu'elle déposait avec une régularité alarmante à la boutique caritative du coin. Katherine se dit que si les membres de la famille avaient déployé un tel sens du devoir envers les hommes qui avaient compté pour sa mère, celle-ci serait peut-être aujourd'hui dans une situation assez différente.
«Mignon, n'est-ce pas ? dit la mère de Katherine, égale à elle-même. De chez Liberty. Une affaire en or. Irrésistible.»
Les photos étaient en bon état, fait remarquable si l'on considérait que la mère de Katherine traitait la majorité de ses possessions comme si elles étaient indestructibles, pour ensuite en toiser avec tristesse les restes défunts et déplorer la piètre qualité des fabrications modernes.
«Regardez, dit-elle en appliquant aux photographies le même ton que celui qu'elle avait adopté pour parler de son portefeuille. Ne sont-elles pas tout bonnement délicieuses ?»
Elle fit circuler la première photo - un noir et blanc format passeport - de Hazel, la soeur de Katherine, étreignant un ours en peluche tout flasque. Avec ses yeux globuleux et son manque de tonicité musculaire, la petite créature semblait avoir été droguée, si bien que Hazel passait (du moins aux yeux de Katherine) pour quelque sinistre kidnappeur prépubère.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?