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.. Jack Holmes et son ami

Couverture du livre Jack Holmes et son ami

Date de saisie : 05/11/2013
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Plon, Paris, France
Auteur : Edmund White
Traducteur : Céline Leroy

Prix : 23.00 €
ISBN : 978-2-259-22006-4
GENCOD : 9782259220064 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 03/10/2013

 
 
4ème de couverture

Jack Holmes et Will Wright débarquent à New York dans les années 1960. Collègues dans un journal culturel, ils deviennent bons amis. C'est même Jack qui présente Will à sa future femme. Mais c'est une amitié compliquée : Jack est amoureux de Will. Perturbé par ses désirs subversifs, Jack consulte un psychiatre et sort avec des femmes, tout en continuant à avoir des liaisons furtives avec des hommes.

Et pourtant, au fil des trente années que durera leur amitié, de la libération homosexuelle jusqu'à la catastrophe du sida, Jack demeurera toujours dévoué à Will. Et les deux hommes, à défaut d'en jouir ensemble, partageront un même goût pour le libertinage dans une ville en pleine libération elle aussi. Edmund White dessine avec délicatesse les contours de ses personnages. Effleurant les peaux, il déchiffre les coeurs et saisit les drames qui submergent les êtres en proie au désir. L'amitié, la sexualité, la sensibilité de ses personnages forgent un roman prenant, émouvant et plein d'esprit.

Edmund White

Né en 1940 à Cincinnati, Ohio, Edmund White se fait connaître du grand public dix ans après sa participation au groupe Violet Quill, mouvement d'écriture gay new-yorkais. Enseignant à l'université de Princeton, il est l'auteur de plusieurs romans, Écorché vif, La bibliothèque qui brûle, La Symphonie des adieux, L'Homme marié, d'une autobiographie, Mes vies (tous disponibles chez 10/18), d'un récit, City Boy (Feux Croisés, 2010) et d'une biographie de Jean Genet (Gallimard, 1993).

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Passage choisi

Jack, qui venait d'une famille excentrique du Midwest, n'était pas tout à fait certain de savoir ce qu'était un gentleman sinon qu'une telle personne tenait les portes aux dames et ne jurait pas en leur compagnie. Il était allé en pension, mais à l'extérieur de Détroit, là où étudiaient les fils de la «génération motorisée»; ceux-ci se jugeaient entre eux sur leur voiture et non sur leurs manières ou leurs habits. Les garçons avaient beau devoir porter manteau et cravate, leurs blousons étaient de confection, froissés et sans style. Qui pouvait se préoccuper de vêtements quand il roulait à travers les rues arborées de Bloomfield Hills au volant d'une Corvette, d'une Austin-Healey ou d'une Thunderbird, ou participait à une course de dragsters contre un homme d'affaires plus âgé sur Woodward Avenue ?
Même si à sa façon Jack était studieux et raffiné, il avait l'habitude des garçons effrontés évoluant dans un monde exclusivement masculin, bruyant, plein de portes de casiers claquées, de genoux couverts de boue, de nez cassés et de repas insipides engloutis d'une traite dans l'immense réfectoire pseudo-gothique qu'ils surnommaient «la cathédrale des féculents». À Détroit dans les années 50, on ne gagnait rien à lire ou à faire le tour de l'Europe - quoique, non, il est vrai qu'un tour de l'Europe n'était pas inutile. À l'époque, il était encore rare de voyager à l'étranger et cela coûtait très cher. La gamine douée d'une riche famille du Midwest pouvait éventuellement passer un semestre à Tours, là où l'accent français était prétendument le meilleur. Au bout de six mois, elle était à peine capable de dire trois mots dans la langue, mais avait perdu ses cinq kilos superflus, acheté des vêtements noirs seyants et acquis un «r» convaincant (à leur retour, à bord du Queen Mary, vous entendiez ces jeunes Américaines se demander sur le ton de la confidence : «Comment est ton "r" ?»). Les garçons n'envisageaient même pas de se lancer dans quoi que ce soit d'aussi douloureux et embarrassant que l'apprentissage d'une langue étrangère; tous étudieraient l'ingénierie automobile dans une université du Midwest.
Jack aurait aimé partir à l'étranger, mais son père, un ingénieur chimiste, n'en voyait pas l'intérêt. Il envoya son fils à l'université du Michigan parce qu'elle était située à mi-chemin entre sa demeure de Cincinnati et sa maison de campagne à Walloon Lake, Michigan. Jack avait été accepté à Harvard et avait même obtenu une bourse du mérite, mais son père avait des revenus trop élevés pour que Jack reçoive davantage qu'un parchemin pour sa peine. Du reste, son père déclara qu'il voulait bien être pendu si l'un de ses fils allait dans une université de rouges comme Harvard.
Même à l'université du Michigan, Jack se débrouilla pour se déclarer socialiste tout en intégrant l'ancienne fraternité de son père, une fraternité du Sud dont les membres coiffaient des cagoules, brandissaient des épées durant la cérémonie d'initiation et juraient de protéger la pureté de la femme du Sud. Ils ne comptaient ni Noirs ni Juifs dans leurs rangs (les beaux Juifs aux cheveux sombres appartenaient tous à la fraternité ZBT, au bout de la rue), mais Jack avait beaucoup d'amis juifs et chinois (il étudiait l'histoire de l'art chinois) et connaissait même un poète noir que tous ses amis bohèmes admiraient vivement : Omar. Dès qu'Omar leur parlait de Rilke, un bruissement d'ailes angéliques leur parvenait.

 
 
Revue de presse

Nelly Kaprièlian - Les Inrocks, octobre 2013
Où il décrypte avec une précision d'entomologiste les liens souvent compliqués mais pérennes qui unissent le jeune homosexuel Jack et son ami hétéro Will, sur fond d'un New York bohème marqué par les bouleversements sociétaux qui feront évoluer le monde pendant trente ans...
L'occasion, pour White, d'enregistrer tout en subtilités les différences de perception du monde et de l'autre qu'ont les gays et les hétéros, dans un très beau roman d'initiation.

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