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.. 202, Champs-Elysées

Couverture du livre 202, Champs-Elysées

Date de saisie : 03/04/2014
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : la Différence, Paris, France
Auteur : Eça de Quieroz
Préface : Marie-Hélène Piwnik
Traducteur : Marie-Hélène Piwnik

Prix : 12.00 €
ISBN : 9782729120696
GENCOD : 9782729120696 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

202, Champs-Élysées est un des derniers chefs-d'oeuvre de Eça de Queiroz. Raconté par Zé Fernandes, ami du héros, Jacinto, le récit se déploie entre la «civilisation», incarnée par Paris, la ville Lumière où est situé l'hôtel particulier du 202, Champs-Élysées où demeure Jacinto, et la «barbarie», personnifiée par le village de Tormès, que constituent les montagnes du Sud du Portugal. Mais très vite, Jacinto se lasse des innovations de la prétendue civilisation (de son graphophone, son théâtrophone, son conférençophone, son monte-plats, son numéroteur de pages et autres gadgets sortis du Catalogue de l'Exposition universelle), et redécouvre «la vraie vie» de la campagne, les charmes, la beauté d'une existence simple et naturelle. Le paradis est devenu enfer et l'enfer paradis.
Prémonitoire, féroce et d'une drôlerie constante, le roman est une charge d'une modernité stupéfiante sur le factice et le dérisoire d'un progrès détourné de sa mission et un hymne aux vertus de la province que ne dénieraient pas les écologistes contemporains.

Né à Póvoa de Varzim, petite ville du Nord du Portugal, en 1845, Eça de Queiroz fut consul à Paris de 1888 jusqu'à sa mort, en 1900, à Neuilly. L'oeuvre de cet immense écrivain («un des plus grands de tous les temps», d'après Jorge Luis Borges), amoureux de la France, est de plus en plus prisée par les lecteurs français.

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Passage choisi

Extrait de l'introduction de Marie-Hélène Piwnik

En 1888, Eça de Queiroz est nommé consul du Portugal à Paris et quitte Newcastle pour s'installer dans la capitale française. Il y demeurera jusqu'à sa mort, en 1900, y écrivant ses deux derniers romans, L'Illustre Maison de Ramires (publié en feuilleton dans la «Revista Moderna» à partir de 1897) et 202, Champs-Élysées (en portugais A Cidade e as Serras, La Ville et les Montagnes), qui ne paraîtra qu'à titre posthume en 1901, sans que l'ensemble du texte ait pu être revu par l'auteur : deux de ses amis, Ramalho Ortigão et Luis de Magalhães, se chargèrent de réviser la dernière partie du manuscrit, et la version française offerte utilise la dernière édition effectuée selon leur critère, celle d'Helena Cidade Moura. C'est la version que jusqu'à présent connaissent tous les lecteurs d'Eça, où que ce soit. Une édition critique est en cours, sous la direction du Pr. Carlos Reis, qui présentera dans l'état où Eça les a laissées les pages finales.
202, Champs-Élysées avait été précédé d'une nouvelle où s'illustrait l'opposition, qui allait nourrir le roman, entre décadence urbaine et régénération par la nature : Civilisation parut en 1894. Mais l'action s'en déroulait à Lisbonne, et une «Maison aux Jasmins» y préfigurait l'hôtel particulier de l'imaginaire numéro des Champs-Élysées où vit à Paris le héros Jacinto, jeune aristocrate portugais.
Si les grandes lignes de force de la nouvelle structurent toujours 202, Champs-Élysées, le choix de Paris, un Paris fin de siècle où les excès de la modernité, quand ils ne font pas sourire, effraient plus qu'ailleurs, permet une dénonciation plus efficace et plus prophétique des dangers d'un progrès détourné de sa mission. D'autre part le contraste est plus saisissant entre la ville-lumière et les contrées encore primitives du nord du Portugal, dont la seconde partie du roman chante les beautés, qu'entre ces mêmes régions et Lisbonne, qui était encore une capitale de province selon Eça lui-même.
Parfaitement équilibrée entre l'enfer de la ville et le paradis des montagnes, avec un même nombre de pages pour chacune de ces «forces en présence», le récit, que mène un ami du héros, Zé Fernandes, narrateur-personnage, sorte d'alter ego qui ne diffère de Jacinto que pour mieux lui ressembler (ou l'inverse), déploie donc deux volets en opposition souvent terme à terme (lieux, occupations, personnages etc.). Mais entre la France et le Portugal, l'Espagne n'est pas oubliée, et le passage du pont sur la Bidassoa prend une valeur symbolique évidente. C'est le passage d'une nation «civilisée» du Nord à un des pays «barbares» du Sud. Le thème central du livre est en effet fondamentalement une réflexion sur civilisation et barbarie à l'aube du XXe siècle. Ainsi dans la première partie, la dégénérescence de ce qui fut un symbole de la latinité, Paris, est portée au compte d'influences nordiques clairement mises en accusation, qu'il s'agisse du préraphaélisme, du ruskinisme, de l'hartmanisme, de Wagner, d'Ibsen, de la mythologie des Eddas, peut-être même de Freud, en tout cas de Charcot (il y a dans le roman un personnage de psychologue qui prend des notes pendant que ses patientes lui racontent leur vie intime sur le divan de son cabinet). Ces nouvelles conceptions artistiques - celles du symbolo-décadentisme, comme on lisait alors dans les journaux - sont pour Eça de Queiroz le produit de pays capitalistes, où les «classes dominantes» (il emploie le mot), ne pensant qu'à s'enrichir et à se divertir, en arrivent à la saturation. Rassasiées, blasées, repues, elles cherchent dans une modernité pervertie et perverse, dans une volupté qui les asservit, dans un raffinement qui les asexué, dans une esthétique morbide, quelque issue à leur spleen, à leurs névroses, tel le héros de Huysmans Des Esseintes. Mais la dénonciation utilise l'eau-forte, pour ne pas dire le vitriol. C'est donc une satire violemment ironique et très drôle, caricaturale - trop ? - de la société parisienne fin de siècle qui est proposée au lecteur. On y retrouve (sans le reconnaître ?) le monde de Proust et, plus directement, celui de Zola dans Paris (l'une des trois villes saintes au hasard desquelles Pierre Froment cherche à retrouver la foi que son métier de prêtre ne suffit pas à lui redonner). (...)

 
 
Revue de presse

Francine de Martinoir - La Croix du 2 avril 2014
Peu à peu, grâce aux ­Éditions de la Différence, qui ont déjà publié une dizaine de ses ouvrages, les lecteurs français découvrent un romancier dont Borges disait qu'il était «un des plus grands écrivains de tous les temps»...
Aux Champs-Élysées, le luxueux hôtel particulier de Jacinto, doté de toutes les découvertes liées à «la Fée Électricité», de tous les raffinements de la technique, attire dans des réceptions somptueuses le monde et le demi-monde. Sa bibliothèque contient des milliers de volumes, mais il pourrait dire lui aussi : «La chair est triste, hélas  ! et j'ai lu tous les livres». Jacinto et Fradique sont imprégnés en effet de cette mélancolie européenne qui innerve les textes de Mallarmé, Tchekhov, Laforgue, Ibsen ou Schnitzler. Comme Des Esseintes dans À rebours, Jacinto a tout expérimenté et, au bout de ses équipées, n'a trouvé que vide et nihilisme...
Cette opposition entre le monde parisien, superficiel, sujet aux névroses et aux perversions, et le Portugal où Jacinto se met au travail et retrouve un contact avec la nature pourrait sembler manichéenne sans Zé Fernandes, qui brosse, des habitués du 202, Champs-Élysées, des portraits d'une lucidité cruelle, proche de Maupassant ou de Mirbeau.

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