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.. Qui va là !

Couverture du livre Qui va là !

Date de saisie : 01/07/2015
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Hadrien Laroche

Prix : 17.00 €
ISBN : 978-2-7436-2983-0
GENCOD : 9782743629830 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 04/02/2015

 
 
4ème de couverture

«En me redressant, je l'ai aperçue dans le reflet de la porte sous les lettres et les chiffres peints : Dysart Tower 1963. Elle venait me rejoindre. Je me suis retournée, exaltée. Qui va là ! Qui sont ces doubles ? Je perds la tête. Dans mon sommeil, cette nuit-là, j'ai vu Maud en rêve dans le Quartier pousser son chariot de pop-corn, de pralines et de barbes à papa.»

Trois personnages se rencontrent dans le cadre cosmopolite d'une ville d'outre-Atlantique, Vancouver : une jeune artiste coréenne, fille d'une teinturière de quartier, une vidéaste française et un «visiting professor» à l'université Jacques-Derrida de Hope. Tous sont exilés, fragiles et fantomatiques.
Qui va là ! raconte l'histoire mystérieuse, aussi poignante qu'ambiguë, qui va se nouer autour de ce trio amoureux promis à une fin tragique.
Bref et frappant, d'une mélancolie mêlée de cruelle ironie, Qui va là ! nous entraîne jusqu'au vertige dans la déconstruction des identités et nous dépeint des êtres déracinés dans un monde où l'indifférence est ce qui vient.

Hadrien Laroche a publié des essais, Le Dernier Genêt (2010), Duchamp Déchets (2014), et des romans : Les Orphelins (2005), Les Hérétiques (2006) et La Restitution (2009). Avec Qui va là !, Hadrien Laroche confirme qu'il est l'un des écrivains les plus originaux de sa génération.

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Passage choisi

1

Avant Hope, avant qu'elle ne devienne un campement pour pêcheurs aborigènes, la région n'était qu'une succession de collines couvertes d'une épaisse forêt primitive dévalant jusqu'à un rivage sans nom. Aujourd'hui, le campus est situé à l'écart du centre-ville sur un promontoire face au Pacifique. Par temps clair, depuis la route qui traverse la forêt et mène à l'université Jacques-Derrida de Hope, le visiteur peut deviner les grues cyclopéennes sur le port, plus loin distinguer les îles, les jours de brouillard, entendre les cornes de brume des gigantesques cargos - rouge carmin, bleu azur, rouille - qui mouillent dans le delta. La nuit, ils gisent sur l'eau, éclairés par des feux qui depuis le rivage semblent les lampions d'une fête au fond d'un lac.

2

Pour se rendre à la boutique de la dégraisseuse Adrien traverse le campus parmi les étudiants pour la plupart venus d'Asie. Coréens, Japonais, Chinois de Hong Kong et de l'intérieur arpentent les allées entre deux cours. Labos et sapins. Le delta au fond. Le jeune homme franchit l'allée devant un bâtiment vert conçu pour être durable, à l'architecture audacieuse, dont la charpente s'étend sur plusieurs niveaux, selon une structure complexe. La bibliothèque Bret-Easton-Ellis présente l'aspect chaleureux d'un gigantesque chalet suisse (les étudiants de Hope la nomment entre eux The Bee). Puis Adrien traverse le Student Union Building. Il longe la piscine qui jouxte le War Memorial Gym. Son pas croise la ligne hirsute des écureuils qui avancent en sautillant, d'un abri l'autre, sur le gazon, avant de partir à la verticale, au haut des pins.

La boutique de ma mère se trouve sur le parking, à l'entrée nord du campus, au pied d'un immeuble de cinq étages suffisamment épais pour abriter sur rue un dédale de commerces : un self italien, un cordonnier hongrois, une cantine de sushis et de salades, tabac et alcools tenu par un couple aborigène, un magasin de photocopies (trombones, reliures, fax) ; se trouve également dans ce lieu la vitrine délabrée d'une pharmacie. Au bout du passage, le Starbucks : derrière la vitre, une jeune fille à la chevelure blonde (ou auburn), penchée sur son ordinateur portable, boit un Skinny Vanilla, éclairée par une lampe en plastique verte.

Mère se tient au centre d'un méli-mélo d'équipements de repassage industriel, machine à tambour commerciale qui occupe les deux tiers de la boutique, robot qui crache de la vapeur, dragon à roulettes auquel sont suspendues des centaines de chemises - la plupart d'hommes - pendues à des cintres enveloppés sous une seule housse en cellophane. La dégraisseuse ressemble à ce qu'elle fait : visage lisse, manières simples, gestes réduits. Elle se confond avec sa fonction. En vertu de ses croyances ma mère considère qu'elle doit laisser être ce qui est, ne rien vouloir de plus que ce qui lui est donné, ne rien désirer qu'elle ne possède pas. Mme Joo-Young est une femme modeste, une personne d'une grande politesse. Elle fait preuve de respect pour ses clients. À la regarder, il semble que son travail a déteint sur sa personne. S'effacer et effacer tout le jour, au point de disparaître, laisse des traces.

 
 
Revue de presse

Francine de Martinoir - La Croix du 10 juin 2015
Le titre renvoie aux derniers mots de Don Juan devant le Commandeur, juste avant le châtiment et la catastrophe finale. Mais dans ce beau roman, il n'y a pas de Commandeur, pas de châtiment, simplement une catastrophe suspendue dès les premières lignes ou ayant déjà eu lieu.

- Libération du 9 mars 2015
Hadrien Laroche renouvelle le thème du trio amoureux en brouillant les pistes dans ce quatrième roman présenté comme un conte, aussi léger que cruel...
Le titre fait référence à une tirade du Dom Juan de Molière. Qui va là ! Plus personne quand le mur des apparences s'effondre comme un château de cartes.

Alain Nicolas - L'Humanité du 19 février 2015
Dans un quartier de Vancouver, trois personnages tentent 
de tisser d'impossibles relations. Le quatrième roman d'Hadrien Laroche, dans le monde fantomatique de l'exil. «Un livre est un mort-vivant », dit la narratrice de Qui va là  !, en une étrange déclaration qui résume somme toute assez bien l'impression qui s'empare du lecteur dès les premières pages. D'emblée, le monde 
où nous transporte Hadrien Laroche, la ville de Vancouver, peuplée d'institutions nommées université Jacques-Derrida, école d'art Louise-Bourgeois ou bibliothèque Clarice-Lispector, laisse percer de subtiles différences avec ce que nous croyons être la réalité...
Manque d'un côté, excès de l'autre, tout cela finira mal et la narratrice qui avoue « j'aurais voulu rester plus longtemps avec vous dans cette histoire » devra s'interrompre. On le regrette tant le charme vénéneux de cette histoire fantomatique insiste pour y retenir le lecteur.

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