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.. River blues

Couverture du livre River blues

Date de saisie : 04/06/2015
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Bill Cheng
Traducteur : Cyrielle Ayakatsikas

Prix : 21.50 €
ISBN : 9782743631611
GENCOD : 9782743631611 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 04/03/2015

 
 
4ème de couverture

«Quand jetais gamin, on m'a jeté un sort.
C'était dans ce que je buvais, dans ce que je mangeais, dans mon lait. Et quand je courais, ça me pesait sur les os, et quand je chantais, ça se coinçait dans ma gorge, et quand j'exprimais mon amour, ça jaillissait de moi comme un poison chaud.»

En 1927, quelques décennies avant l'ouragan Katrina, l'Amérique est dévastée par une crue sans précédent. Robert Lee Chatham est un enfant quand cette tragédie le contraint à l'errance. Dans ce paysage crépusculaire, séparé des siens, le jeune Noir aiguise son instinct de survie. Recueilli par Miss Lucy et les filles de l'hôtel Beau-Miel, il apprend à lire et à écrire au milieu des clients du bordel. L'accalmie est trompeuse : même si les eaux du Mississippi ne charrient plus de cadavres, la violence rôde encore.
River Blues se lit comme on écoute un chant mélancolique et puissant : dès les premières lignes, on est happé par le rythme, la mélopée sauvage de ce roman d'aventures à la Mark Twain.

Né dans le Queens à New York, Bill Cheng a une trentaine d'années. River Blues est son premier roman.

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Passage choisi

Prologue

Quand j'étais gamin, on m'a jeté un sort.

C'était dans ce que je buvais, dans ce que je mangeais, dans mon lait. Et quand je courais, ça me pesait sur les os, et quand je chantais, ça se coinçait dans ma gorge, et quand j'exprimais mon amour, ça jaillissait de moi comme un poison chaud.
Je le voyais chez mon père, dans les rides profondes de son visage, dans sa démarche clopinante - sa façon de ne pas lever les pieds mais de les traîner, leur plante raclant la terre sablonneuse. Ça avait pris racine en ma mère, ça lui faisait trembler la voix et lui vidait le regard. Mon frère, Billy, l'avait emprisonné en lui et ça l'avait emporté tout en bas, dans les profondeurs de la terre, et maintenant ça formait la vase dans le lit du fleuve puis ça s'évaporait dans la rosée et dans l'air, dans les papillons de nuit et les pièges à abeilles, ça montait dans le ciel et, invariablement, ça redescendait dans la terre, encore et toujours.
La nuit tombe.
Le soleil disparaît.
Le ciel, les nuages et la lumière disparaissent, engloutis dans l'horizon noir. Et je sais que je suis maudit jusqu'à la moelle. Je la vois bien, sa trajectoire. Il monte et forme un arc. Il me transperce. Il me traque et m'entraîne dans ce lieu où je suis condamné à me rendre.
Et quand ce sera moi qui serai précipité dans le gouffre, ma bouche et mes yeux cousus avec du boyau, quand ils m'auront harponné la cervelle, le coeur et les couilles, et que l'obscurité la plus profonde m'avalera complètement, alors qu'on me laisse regarder cette saloperie droit dans les yeux, car je sais que mon nom - Robert Lee Chatham - est inscrit dans son Livre.

PREMIÈRE PARTIE
La crue (1927)

La pluie tombait sans arrêt, une bruine qui saturait l'air comme un voile de poussière, et G. D., le plus âgé des garçons, l'avait bien dit : ce n'était pas rien de traverser les bois derrière Crookhand. Le vent soufflait par rafales en agitant les branches et leur envoyait de la terre en pleine figure. Ils avançaient tant bien que mal, les mains en avant, G. D. en tête tailladant les broussailles avec sa badine. Chlac, chlac. Allez, bande de bébés, disait-il en fouettant de plus belle, ouvrant un chemin au milieu du feuillage et des ronces à chaque coup de badine.

Ils le suivaient de près ; les garçons sifflaient les filles, racontaient des blagues à voix basse pour les faire rire ou leur flanquer la trouille. Les uns après les autres, ils se précipitaient à travers le sous-bois, arrachant au passage les filles de l'air qui poussaient sur les troncs et cassant des morceaux d'écorce tendre pour les chiquer.
La pente du sentier était de plus en plus raide et G. D. gravit la colline à grandes enjambées. Arrivé au sommet, il s'arrêta pour attendre les autres. Il apercevait Crookhand Grove, une portion de terre défrichée qui s'enfonçait en contrebas du sentier. Au milieu trônait l'Arbre Squelette. Il était mort depuis des années, ses feuilles formaient un tapis de compost autour du tronc.

(...)

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