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.. Je l'ai appelée chien

Couverture du livre Je l'ai appelée chien

Date de saisie : 16/04/2016
Genre : Policiers
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Marli Roode
Traducteur : Fabienne Duvigneau

Prix : 21.00 €
ISBN : 9782743636197
GENCOD : 9782743636197 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 06/04/2016

 
 
4ème de couverture

Jo Hartslief est une jeune journaliste sud-africaine installée à Londres. Elle a coupé les ponts avec son père Nico, un raciste réactionnaire, nostalgique de l'ancienne Afrique du Sud. Elle revient dans son pays d'origine afin de couvrir les émeutes qui ont éclaté dans un township près de Johannesburg. C'est alors qu'elle reçoit un appel au secours de son père : il a besoin qu'elle l'aide à prouver son innocence dans une affaire de meurtre. Jo devrait fuir à toutes jambes et pourtant, les liens du sang sont les plus forts, elle accepte de le revoir et de monter dans sa voiture. Où l'emmène-t-il ? Jusqu'au bout de l'enfer.

MARLI ROODE est née en Afrique du Sud. Elle émigré en Angleterre à l'âge de 17 ans et, après des études de philosophie, devient journaliste. Je l'ai appelée chien est son premier roman, un «road novel» tendu et étouffant qui revient avec force et originalité sur la période de l'apartheid à travers l'affrontement d'un père et de sa fille.

«L'assurance avec laquelle Marli Roode traite toutes les nuances de la relation père-fille laisse présager de plus grandes choses encore à l'avenir.»
The Financial Times

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Passage choisi

Une saison au paradis

Je le trouve à Empangeni. Mon père est étendu sur le dos au bord d'un vallon planté de canne à sucre, un bras sous la tête, l'autre étiré, ses doigts jouant dans les broussailles et les fleurs jaunes. L'objectif de l'appareil photo près de lui est fermé, aveugle. Il cligne des yeux sous le ciel que la chaleur fait trembler, il n'y a pas un souffle de vent. Empangeni est derrière nous : des cahutes de tôle scintillent dans la fumée de la raffinerie de sucre, des pistes en terre sillonnent les collines rouges pour relier les églises de la mission, maintenant en ruine. Devant nous, le vert des plantations s'étire jusqu'à l'horizon.
«Quand es-tu arrivé ? dis-je.
- Là, à l'instant.»
Je reste debout à côté de lui. On se tait, perpendiculaires l'un à l'autre. Je ferme les yeux et bascule mon visage en arrière comme si j'espérais sentir la pluie. Mais le soleil brûlant du matin me transperce les paupières, tout est rouge soudain dans ma tête.
«Comment sais-tu que je suis ici ?» La chaleur me caresse les épaules et la poitrine, une grâce.
«J'ai lu tes articles en ligne. Par Jo Hartslief à Johannesburg, Afrique du Sud.» Il parle avec un accent britannique, en prononçant mal mon nom comme ils le font tous. Le sien - Roussouw - leur donnerait autant de fil à retordre, compte tenu du r que seuls les Gallois sont capables de rouler. «Ils étaient bien.»
Son compliment me surprend. «Merci.» Je le regarde, allongé à mes pieds. Les reflets qui dansent sur sa peau et ses vêtements disparaissent quand mes yeux s'ajustent à la lumière.
«Enfin, pas mauvais. Un peu trop "pétris d'humanité" à mon goût.» Il ne mime pas les guillemets avec ses doigts, et ce n'est pas la peine. «Toutes ces interviews de réfugiés éplorés.»
Même couché, mon père a un ventre proéminent. Je me demande si sa bedaine pendra par-dessus la ceinture de son pantalon quand il se lèvera. Il s'est laissé pousser une barbe, d'un roux grisonnant, et son nez a été cassé depuis la dernière fois que je l'ai vu, mais, à cinquante-trois ans, il est trop vieux pour en tirer un quelconque charme.
Je ne sais pas encore si je vais m'énerver ou pas. Avant que je n'aie le temps de décider, il demande : «Tu logeais du côté d'Alexandra ?
- Non. Tumelo, le photographe avec qui je travaille, m'a emmenée. Il connaît les townships.
- C'est un bon, dit-il en marquant son approbation de la tête. Il a fait une ou deux images correctes.»
Tumelo est correspondant de guerre et prend des photos depuis bien plus longtemps que mon père. Il m'arrive parfois de fouiller les banques d'images pour suivre les traces de la production paternelle - jattes fumantes de pâtes en sauce, tranches de gâteau moelleux. J'ai envie de lui demander en quoi ses compétences, qui consistent à badigeonner de cirage les morceaux de viande crue et à vaporiser de la laque sur les grappes de raisin, le qualifient pour se poser en juge, mais je n'ai pas oublié, même après tant d'années, qu'il est préférable de m'abstenir.
(...)

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