Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. L'ombre couvre leurs yeux

Couverture du livre L'ombre couvre leurs yeux

Date de saisie : 29/04/2016
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Elie Treese

Prix : 18.00 €
ISBN : 9782743636203
GENCOD : 9782743636203 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 06/04/2016

 
 
4ème de couverture

Une jeune femme séduisante se présente chez un vieil homme solitaire, au coeur d'une nature inquiétante, pour obtenir les détails d'un drame déjà ancien. Une vingtaine d'années auparavant, à la suite d'un litige au sujet d'un tableau de maître, de riches collectionneurs, les Monte Cassino, ont été décimés dans l'incendie de la propriété familiale.
Certaines questions restent en suspens : la disparition inexpliquée du fils aîné, Hector, peu avant ces événements, l'incertitude concernant la collection de tableaux des Monte Cassino, peut-être en partie sauvée de l'incendie, et qui attire encore toutes les convoitises.
Dans un cadre romanesque séduisant qui mêle traumatisme de guerre, vols d'objet d'art, règlement de comptes et vengeance de sang, l'auteur parvient à décrire la porosité des destinées humaines. Porté par un souffle épique, son récit s'attache à saisir la part d'éclat qui réside en chaque entreprise, même la plus insensée.

Élie Treese a publié deux ouvrages, Ni ce qu'ils espèrent, ni ce qu'ils croient (Allia, 2012) et Les Anges à part (Rivages, 2014). L'ombre couvre leurs yeux est son troisième roman.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Je l'ai regardée s'asseoir devant moi, au milieu des odeurs de tabac froid et de citronnelle, et comme elle hésitait encore à poser sa question, j'ai fini par dire sauf votre respect, ma petite dame, vous pouvez vous vanter d'être une sacrée jolie femme, et là d'où vous venez, il doit y avoir pas mal de types qui seraient prêts à suspendre leur existence à un fil, pour avoir simplement le droit de vous regarder un peu dans les yeux.
Elle a rougi sous l'effet de la surprise, puis elle s'est rattrapée en regardant le frêne qui ramenait l'ombre sur le mobile-home. Alors j'ai fini ma tasse d'un trait et j'ai encore dit ouais, c'est certain que si j'avais encore trente ans ou même soixante ans, je ferais tout mon possible pour vous garder ici quelques jours déplus. Et peut-être bien que je vous couperais des fleurs fraîches au petit matin, ou peut-être bien que je vous attacherais à une corde pour vous empêcher de partir, mais c'est certain que j'attendrais pas sans rien faire, vous pouvez me croire.
D'un revers de main, elle a repoussé doucement la mèche brune qui cachait une partie de son visage. Puis elle a souri en regardant ailleurs mais elle n'a pas rougi cette fois-ci, alors j'ai pensé c'est ça avec la beauté, on peut jouer tous les rôles qu'on veut, même les plus ingrats. J'ai encore regardé sur le côté et j'ai pensé non, en définitive, il n'y a aucune mesquinerie lorsqu'on est aussi belle, ni aucune indignité à obtenir ce qu'on veut en échange d'une parole agréable, d'un geste ou d'un sourire. Puis la toile qui flottait au-dessus de nous a fini par claquer une fois ou deux, sous l'effet du vent, et la petite demoiselle a levé les yeux pour demander c'est une voile de bateau, on dirait une de ces voiles anciennes qu'on voit sur les gravures. Alors j'ai regardé vers le haut, moi aussi, afin de trouver les mots, et j'ai dit oui, c'est une voile ancienne, une de ces voiles qui résistaient à tout et qu'on avait envie de toucher, à chaque heure du jour, comme les jupes des filles. Elle a souri un peu, tandis que l'immense voile s'emplissait de lumière, puis j'ai dit mais celle-ci a fini par se déchirer, à l'entrée de l'estuaire. J'ai dit ouais, c'est toujours comme ça que les problèmes arrivent, avec un peu de malchance, et ce qu'il faut d'aveuglement pour croire que les histoires se finissent toujours bien.
Elle a fait oui de la tête, comme si elle comprenait de quoi je parlais, et elle a sorti un à un ses papiers, avant de demander simplement comment je m'appelais. Alors j'ai répondu Démiurge, c'est comme ça qu'on m'appelle, Démiurge, le vieux Démiurge. Elle m'a regardé avec un air incrédule cette fois-ci, comme si j'essayais de la faire marcher, mais j'ai dit ouais, Démiurge, comme Celui qui trace les contours de l'univers et sait à l'avance la manière dont les choses doivent finir.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?