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.. Un jardin à la cour

Couverture du livre Un jardin à la cour

Date de saisie : 22/07/2016
Genre : Policiers
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Abdel Hafed Benotman
Illustrateur : Laurence Biberfeld

Prix : 20.00 €
ISBN : 9782743635923
GENCOD : 9782743635923 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 13/04/2016

 
 
4ème de couverture

Vous dire la chose simplement ? Voilà : mon goût de la lecture et ma passion de l'écriture ont foutu en l'air une belle et prometteuse carrière criminelle.
Le narrateur est derrière les barreaux et il raconte la taule. Prend le lecteur à témoin et remonte le fil du temps. Comment en est-il arrivé là ? A la suite d'un braquage, bien sûr, mais d'un genre un peu particulier. Comme qui dirait, révolutionnaire.
Entre le témoignage, le manifeste et la satire, la voix du narrateur raconte, argumente, provoque, apostrophe, claquant d'un humour ravageur, comme les bulles d'une bande dessinée. Mais elle sait aussi se faire poétique et bouleversante dans les nouvelles qui accompagnent ce récit ; il y est question d'amour, de sexe, de femmes et d'hommes, de leur violence, de leur douceur, de leur douleur aussi.

ABDEL HAFED BENOTMAN est né le 3 septembre 1960 à Paris dans une famille algérienne. Condamné pour braquages, il découvre l'écriture en prison. Il est l'auteur du récit autobiographique Éboueur sur échafaud, du roman Marche de nuit sans lune et de plusieurs recueils de nouvelles, dont Les Forcenés, tous publiés aux éditions Rivages. Il est mort le 20 février 2015, nous laissant les textes publiés dans ce volume.

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Passage choisi

Un jardin à la cour

Catastrophe, un matin je me suis réveillé intelligent et voilà comment, finalement, tout a très mal continué pour moi, il m'est arrivé la pire des choses, je te jure. Bizarre, il ne s'est rien produit de spécial durant mon sommeil, pas de rêve même prémonitoire, ni de cauchemar, je dors la conscience tranquille. Bref, rien d'étrange, ni révélation, ni visite de fantôme ou d'ange. Rien, je me suis levé nature avec ma moitié d'érection et mon grattage de couilles nécessaire pour me remonter la pendule biologique interne. Aussi, l'envie addictive d'une clope caféinée. La routine quoi, sauf que dans mon miroir, j'avais de drôles d'yeux qui s'autobservaient. Alors comme tout le monde, je suis passé à autre chose, l'insignifiant, le détail c'est le petit point de rouille auquel on fait pas gaffe jusqu'au moment où ça démange et que ça tourne gangrène, vire lèpre et que le tout finit par avoir ta peau. Là, tu vas voir les spécialistes et ils te pommadent à la crème Fatalitas.
J'aurais dû me gratter la tête ce matin-là, geste mnémotechnique qui déclenche la gamberge sur la question de l'anormalité de la situation, l'intuition que ça se nomme ce truc-là.
Là, la porte s'est ouverte comme tous les matins depuis cinq ans, fallait tirer ma journée de prison quotidienne en commençant par ramasser le pain, les sachets lyophilisés café/lait/chocolat et sucre.
Roulez jeunesse... et le tabac.
D'abord, un conflit pour me mettre en forme. Le maton sourit en coin et me dit tranquillement ce matin : «Vous bossez.» Un jeu cyclique depuis quelques années avec l'administration, vu que le travail est obligatoire avec l'option études si on n'est pas manuel, tout sauf l'oisiveté, ça les oisiveurs, ils n'aiment pas en taule. Donc tous les deux trois mois, ils s'amusaient à me «classer», c'est comme ça que ça se dit... Classer quelqu'un quelque part pour faire quelque chose. Moi, le mot «classe» faisait résonner le mot lutte, alors, comme d'habitude ma réponse restait la même : «Non merci.» On aurait pu en rester là mais, pas du tout, la suite venait assez vite. Un rapport et me voilà reparti pour la xième fois en direction du cachot, du mitard, du quartier disciplinaire pour huit jours d'extrême solitude. Le directeur lui-même en avait un peu marre de me voir debout dans son prétoire avec mon oeil brillant, ma bouche gourmande de gamin de vingt ans lui disant encore et encore : «Non merci...» Il m'avait proposé le brave homme de faire des études, que ça me servirait plus tard dans le dehors de la vie, comme si ici on était tous morts, ou mieux, il m'encourageait me poussait me canalisait me tuteurait me bonzaïyavait à apprendre des langues : «L'espagnol, l'anglais... Ça pourra vous être utile.» Moi, le côté voyage ? Franchement, je me suis toujours senti bien où j'étais et pour tout dire, mon premier habitat restait ma carcasse, alors... La trimballer avec muscles, chair, os, etc. Drôle de caravane. Et puis parler une autre langue ? Déjà, en français j'avais peu voire rien à dire... Alors, dire rien dans une autre langue ? Donc : «Ben non merci.» Au mitard.

 
 
Revue de presse

Baptiste Liger - Lire, juillet 2016
Abdel Hafed Benotman, ex-taulard devenu auteur de polars, a laissé un recueil posthume savoureux...
Entre une grammaire malmenée et des formules imagées, sa langue argotique fait ici des merveilles -aviez-vous vu l'applaudissement humain comme "le chaînon manquant entre l'otarie et le chimpanzé" ? Ce texte nihiliste est suivi d'une quinzaine de nouvelles (inégales) et de quelques lettres adressées à l'éditeur François Guérif, illustrant leur complicité et l'envers de la création, par-delà les murs. A l'enfermement, on peut donc répondre par une écriture furieusement libre.

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