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.. Mes impudeurs

Couverture du livre Mes impudeurs

Date de saisie : 01/06/2016
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Marco Missiroli
Traducteur : Sophie Royère

Prix : 22.00 €
ISBN : 9782743636272
GENCOD : 9782743636272 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 13/04/2016

 
 
4ème de couverture

«C'était donc cela, l'amour ?»
Tout commence par une scène aperçue dans l'entrebâillement d'une porte. Libero Marsell découvre ce jour-là que le corps existe. Cette révélation originelle marquera à jamais le «petit homme du monde» que ses parents ont nommé Libero (libre) pour l'aider à devenir un être entier, affranchi, profondément heureux.
Mes impudeurs est le récit d'une initiation qui rappelle le cinéma d'Arnaud Desplechin. À mesure que Libero quitte la candeur de l'enfance, il apprend à désirer, à aimer. Mais aussi à lire. Car la littérature occupe autant de place que les femmes dans sa vie. De Paris à Milan, de Marie à Anna, de la lecture du Désert des Tartares à celle de L'Étranger, Marco Missiroli suit à la trace son héros attachant dans la plus vertigineuse des expériences : grandir.

Né à Rimini, Marco Missiroli est un jeune romancier talentueux, couronné par des prix littéraires et traduit dans le monde entier. En Italie, Mes impudeurs a connu un succès phénoménal, avec plus de 60 000 exemplaires vendus.

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Passage choisi

J'avais douze ans et un mois, maman remplissait les assiettes de tortellinis et racontait que l'utérus est au fondement de la modernité. Elle versa le bouillon de poule et dit : «Prenons exemple sur la France, avec ses vagues de suffragettes qui ont libéralisé les consciences.
- Et les pipes.»
C'est là que la faille apparut. Quand mon père souffla sur sa cuillère et déclara : et les pipes.
Maman le regarda : «Ne t'avise plus de recommencer devant le petit», et un sourire triste lui échappa. Il continua de refroidir ses tortellinis et ajouta : «Elles font partie des merveilles de l'univers.»

On était en 1975. Nous habitions à Paris depuis peu, rue des Petits-Hôtels, dans le Xe arrondissement. Nous avions quitté l'Italie car mon père avait été muté par son entreprise pharmaceutique. Maman avait accepté la France parce qu'elle adorait les scintillements de la place Vendôme et les tralalas libertins. C'était une femme plantureuse, élégante et religieuse. Elle aimait Jane Austen et l'aisance de sa Bologne natale. Jeune fille, elle avait émigré à Milan pour étudier et rencontrer un bourgeois qui l'entretint, cependant qu'elle jurait fidélité au prolétariat. Elle avait quarante-deux ans lorsqu'elle exprima cette tristesse au dîner. Cela suffit à me ramener au traumatisme d'un mois plus tôt, le jour de notre emménagement dans la capitale française.
Emmanuel, l'ami de la famille, se trouvait chez nous cet après-midi-là. Papa était sorti pour acheter une perceuse et passer à son travail ; moi, je vidais mes cartons dans ma chambre. Maman avait dit qu'elle ferait de même dans la sienne ; Emmanuel l'aidait, le pantalon sur les chevilles. Je les avais vus par l'entrebâillement de la porte. Lui debout, les yeux mi-clos devant cette femme mariée et agenouillée, ses gros seins entravés par sa robe. Ses gros seins que j'effleurais quand elle venait m'embrasser pour la nuit. Je n'avais pas bougé ; puis j'étais retourné dans ma chambre éventrer d'autres cartons jusqu'à ce que la porte s'ouvre.
«Tout va bien, mon trésor ? m'avait demandé maman, qui s'était remis du rouge à lèvres.
- Tout va bien.»
Elle avait souri, amère ; la même grimace que le soir des tortellinis. Puis elle était partie et c'est alors que j'avais remarqué la bosse dans mon pantalon ; elle contenait le spasme que je n'avais jamais réussi à soulager. Ce jour-là, pour la première fois, je m'étais caressé et j'avais deviné le mouvement qui me libérerait. En avant et en arrière, avec constance. La tromperie de maman, l'extase d'Emmanuel. Ma jalousie. Je m'étais acharné avec ma main une dernière fois, décisive. C'est à ce moment précis que j'avais su ce qui faisait tourner le monde et ce qui ferait tourner ma vie.

 
 
Revue de presse

Fabio Gambaro - Le Monde du 26 mai 2016
Après le remarqué La Patience de l'éléphant (Rivages, 2012), l'écrivain fait appel ici à sa propre expérience pour raconter l'histoire de Libero Marsell, qui grandit entre Paris et Milan en apprenant peu à peu la complexité des relations avec l'autre sexe, tout en s'émancipant de sa famille...
A mesure qu'il multiplie les expériences, Libero s'interroge sur lui-même, en essayant de mettre de l'ordre dans ses ­désirs et ses sentiments. Parallèlement, il découvre la littérature et le cinéma, ­d'Albert Camus à Somerset Maugham, de Dino Buzzati à Raymond Carver, de Stanley Kubrick à Ettore Scola. Comme s'il avait besoin de la force et de la subtilité de la culture pour faire face au trop-plein d'émotions engendré par la vague d'érotisme et d'autoérotisme qui risque de l'emporter. Toutefois, dans ce roman de formation très réussi, Missiroli privilégie plutôt la légèreté et l'ironie, toujours ­accompagnées d'une grande sensibilité. Ce qui donne un charme tout à fait particulier à ses pages.

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