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.. Station eleven

Couverture du livre Station eleven

Date de saisie : 30/09/2016
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : Emily St. John Mandel
Traducteur : Gérard de Chergé

Prix : 22.00 €
ISBN : 9782743637552
GENCOD : 9782743637552 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 24/08/2016

 
 
4ème de couverture

Un soir d'hiver à l'Elgin Theatre de Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander s'écroule sur scène, en pleine représentation du Roi Lear. Plus rien ne sera jamais comme avant.
Dans un monde où la civilisation s'est effondrée, une troupe itinérante d'acteurs et de musiciens parcourt la région du lac Michigan et tente de préserver l'espoir en jouant du Shakespeare et du Beethoven. Ceux qui ont connu l'ancien monde l'évoquent avec nostalgie, alors que la nouvelle génération peine à se le représenter. De l'humanité ne subsistent plus que l'art et le souvenir. Peut-être l'essentiel.
Entre l'avant et le présent, Station Eleven entrelace sur des décennies la destinée de personnages inoubliables. Élégie sur la condition humaine, ce livre à la construction vertigineuse envoûte le lecteur par sa puissance romanesque et émotionnelle.

Née au Canada en 1979, Emily St. John Mandel est l'auteur de Dernière nuit à Montréal (2009), On ne joue pas avec la mort (2010) et Les Variations Sébastian (2013), tous trois publiés en Rivages/noir. Succès international traduit dans une vingtaine de langues, finaliste du National Book Award, Station Eleven l'a imposée comme l'une des romancières les plus reconnues d'Amérique du Nord.

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Passage choisi

Le roi se tenait, à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C'était l'acte IV du Roi Lear, un soir d'hiver à l'Elgin Théâtre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes - versions enfantines des filles de Lear - avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d'hallucinations dans la scène de la folie. Le roi titubant essayait de les attraper tandis qu'elles gambadaient çà et là dans les ombres. Il s'appelait Arthur Leander et avait cinquante et un ans. Des fleurs ornaient ses cheveux.
«Me reconnais-tu ? demanda le comédien qui interprétait Gloucester.
- Je me rappelle assez bien tes yeux», répondit Arthur, distrait par la version enfantine de Cordelia.
Ce fut à ce moment-là que la chose se produisit. Son visage se crispa, il trébucha et tendit le bras vers une colonne, mais, évaluant mal la distance, se cogna durement le tranchant de la main.
«Au-dessous de la taille ce sont des Centaures», dit-il. Non seulement ce n'était pas la bonne réplique, mais il la prononça d'une voix sifflante, à peine audible. Il nicha sa main contre sa poitrine, à la manière d'un oiseau blessé. L'acteur qui incarnait Edgar l'observait attentivement. On pouvait encore croire en cet instant qu'Arthur était emporté par son rôle mais, au premier rang de l'orchestre, un homme se leva de son siège. Il suivait une formation de secouriste paramédical. Sa petite amie le tira par la manche en chuchotant avec irritation : «Jeevan ! Qu'est-ce que tu fais ?» Lui-même n'aurait su le dire. Derrière, dans les rangs, on lui murmura de s'asseoir. Un placeur se dirigeait vers lui. Sur scène, la neige se mit à tomber.
«Le roitelet s'accouple, balbutia Arthur. Le roitelet...» Et Jeevan, qui connaissait très bien la pièce, s'aperçut que l'acteur était revenu une dizaine de répliques en arrière. «Monsieur, dit le placeur, veuillez...» Mais le temps était compté. Arthur Leander vacillait, les yeux dans le vague, et il devint évident pour Jeevan qu'il n'était plus dans la peau de Lear. Il écarta le placeur et s'élança vers les marches donnant accès au plateau, mais un deuxième ouvreur déboula dans l'allée, l'obligeant à se passer de l'escalier pour grimper sur la scène - plus haute qu'il ne l'avait cru. Il dut balancer un coup de pied au premier ouvreur qui se cramponnait à sa manche. Les flocons de neige, nota-t-il en passant, étaient des petits bouts de plastique translucide qui adhéraient à sa veste et lui frôlaient le visage. Edgar et Gloucester, distraits par le tumulte, ne regardaient pas Arthur qui était adossé à une colonne en contreplaqué, l'air absent. Des cris retentirent dans les coulisses et deux agents de sécurité s'approchèrent rapidement, mais Jeevan avait déjà rejoint Arthur. Il attrapa l'acteur dans ses bras à l'instant où celui-ci perdait connaissance et il l'allongea par terre avec précaution. Les flocons tombaient dru autour d'eux, chatoyant dans la lumière bleu-blanc. Arthur ne respirait plus. Les vigiles s'étaient arrêtés à quelques pas, ayant apparemment fini par comprendre que Jeevan n'était pas un fan détraqué. La salle était un tourbillon de voix, de flash d'appareils photo, d'exclamations indistinctes dans le noir.

 
 
Revue de presse

Macha Séry - Le Monde du 15 septembre 2016
La sophistication du récit, où alternent les points de vue d'une constellation de personnes connectées les unes aux autres par les souvenirs ou par un objet, à diverses époques de leur vie (avant et après la catastrophe) ne nuit en rien à l'émotion que chacun d'eux suscite. La prose d'Emily St. John Mandel fait naître des images de toute beauté. C'est à la fois triste et lumineux, nostalgique et optimiste. Une totale réussite.

François Lestavel - Paris-Match, septembre 2016
De «Mad Max» à Cormac McCarthy, le chaos post-apocalyptique est un genre ultracodifié qu'Emily St. John Mandel, inclassable romancière qui donnait déjà dans le faux polar, renouvelle avec maestria...
A travers un musée des objets désormais obsolètes - iPhone, cartes de crédit, ordinateurs, télévisions - situé au coeur d'un aéroport où des avions-cercueils restent cloués au sol, l'auteure nous offre plus qu'une vision saisissante, elle nous interroge sur la transmission de la mémoire, nécessaire mais paralysante quand elle nous empêche de nous inventer un avenir. Et plaide pour la nécessité vitale de l'art, loin devant l'assouvissement des instincts ou les prouesses technologiques illusoires

Christine Ferniot - Télérama du 7 septembre 2016
Dans ce roman post-apocalyptique, la chute de l'humanité se fait tout en douceur. L'occasion d'un bel hymne à l'art, qui nous sauvera tous...
En alternant les époques, Emily St. John Mandel tisse une histoire mélancolique qui n'a rien à voir avec l'apocalypse - pas de visions effrayantes dans ce livre-puzzle. Grâce à la beauté de son écriture, la romancière compose un univers-miroir...
Le message de la romancière se niche loin du Jugement dernier ou de la dénonciation des faux prophètes et autres gourous profiteurs ; il est plutôt que, face au deuil, à la désolation, à la solitude, l'art permet de survivre et d'éviter le retour à l'état sauvage.

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