Passage du livre - à propos du livre : La démocratie universelle : philosophie d'un modèle politique

 












 

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.. La démocratie universelle : philosophie d'un modèle politique

Couverture du livre La démocratie universelle : philosophie d'un modèle politique

Date de saisie : 06/10/2016
Genre : Philosophie
Editeur : Seuil, Paris, France
Auteur : Florent Guénard

Prix : 23.00 €
ISBN : 9782021241471
GENCOD : 9782021241471 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

Comment en est-on venu à considérer que la démocratie pouvait être exportable ? Qu'il suffisait de renverser un régime autoritaire pour que la démocratie s'installe, voire, comme en Irak en 2003, d'envahir un pays pour le libérer ? En quel sens peut-on dire que la démocratie est le «modèle» de régime qui correspond le mieux à certaines aspirations fondamentales de l'humanité ?
Pour répondre à ces questions, Florent Guénard remonte aux présupposés philosophiques qui sous-tendent les théories de l'expansion démocratique et dégage les différentes façons d'appréhender ce qu'est un modèle politique. Un tournant ressort de cette enquête : avant la Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui ont donné naissance à l'universalisme démocratique, la démocratie occidentale est un modèle politique qui n'est généralisable qu'à certaines conditions. A partir du XIXe siècle, elle est conçue comme étant le sens même de l'histoire : il faut dès lors travailler à son expansion, quitte à faire usage de la force.
L'universalisme démocratique, mal interprété, peut conduire aux contradictions les plus flagrantes et aux conséquences politiques les plus dramatiques. Cet ouvrage entend nous prémunir contre ces dérives et redonner à cette belle idée sa complexité et sa profondeur.

Florent Guénard est philosophe, maître de conférences à l'Université de Nantes, directeur de la rédaction du site laviedesidees.fr. Il est notamment l'auteur de Rousseau et le travail de la convenance (H. Champion, 2004).

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Passage choisi

Extrait de l'introduction

Nous considérons généralement qu'il suffit qu'un régime autoritaire soit renversé pour qu'une démocratie puisse prendre sa place. Nous jugeons, la plupart du temps, que le despotisme, quelles que soient ses formes, empêche l'expression d'un désir de liberté profondément ancré en nous. Et nous avons à la fois raison et tort. Nous avons raison de penser que notre liberté suppose des institutions démocratiques, mais nous avons tort de réduire la démocratie à un ensemble d'institutions. Nous avons raison de considérer que notre soif de liberté n'est jamais totalement recouverte, mais nous avons tort d'identifier libération et démocratisation. Ces erreurs intellectuelles sont profondes, en partie parce qu'elles se nourrissent de notre attachement, à la fois intense et confus, à ce que nous pensons être l'idéal démocratique. Et leurs conséquences politiques peuvent être dramatiques.
En 2003, l'administration Bush décide que les États-Unis envahiront l'Irak et renverseront le régime dictatorial de Saddam Hussein. Nul doute que le monde paiera pendant très longtemps les conséquences, directes ou indirectes, d'une intervention armée dont le but affiché était d'installer dans cet État une démocratie durable, afin, pouvait-on lire dans les documents officiels, de libérer un peuple asservi et de garantir la paix dans la région. Les déclarations n'ont en effet pas manqué : il y avait une «mission» à accomplir, un combat comparable à celui que Churchill, en son temps, avait mené contre la menace totalitaire d'autant plus juste que la démocratisation de l'Irak ne serait forcément qu'un préalable à la fin de tous les autoritarismes au Proche-Orient.
Comment a-t-on pu décider de faire la guerre pour la démocratie ? Comment a-t-on pu raisonnablement penser non seulement qu'on pouvait libérer des populations par la force, mais qu'il en naîtrait une démocratie, pour ainsi dire naturellement, une fois la dictature défaite ? Sur quelle conception de la démocratie s'est-on fondé pour penser, dans une très large mesure sincèrement, que la libération pouvait venir de la conquête, et l'autonomie de la domination ? Le problème est plus profond qu'il n'y paraît. Il dépasse très largement le procès que l'on peut faire à un gouvernement à la fois aveugle et menteur, prêt à toutes les falsifications pour parvenir à ses fins (à propos de l'existence d'armes de destruction massive en Irak par exemple). Car ce problème tient à la conception que l'on se fait de la démocratie et de son universalité. Après tout, pourrions-nous dire, si nous sommes convaincus que la démocratie est universelle, si nous sommes persuadés qu'elle est l'expression du désir de liberté et que celui-ci est naturel, pourquoi ne pas tout faire pour la promouvoir partout dans le monde, quitte pour cela à utiliser des moyens militaires ? N'est-ce pas même un devoir de veiller à son expansion lorsqu'on a la capacité de le faire ? Les idéologues néoconservateurs n'ont pas manqué de justifier «l'internationalisme typiquement américain» en affirmant que la démocratie américaine pouvait servir de modèle pour le monde entier, puisqu'elle est définie par la foi dans l'idéal universel de la liberté, non par des institutions ou par des valeurs historiquement marquées. Et l'universalité du modèle justifie, à leurs yeux, que l'hyperpuissance américaine se fixe pour objectif d'installer les conditions d'une démocratie libérale dans les régions où domine l'autoritarisme. À cet argument s'en ajoute un autre : la sécurité du monde exige cette généralisation de la démocratie, car les démocraties, avance-t-on, ne se font pas la guerre.
(...)

 
 
Revue de presse

Serge Audier - Le Monde du 8 septembre 2016
Revisitant ce corpus influent, Florent Guénard essaie aussi d'en repérer les ­impensés grâce à un savant détour ­historique et philosophique mobilisant Périclès, Machiavel, Rousseau et tant d'autres. Il ne s'agit pas pour lui de nier la validité universelle de la démocratie en se repliant sur un relativisme sceptique : les révoltes récentes, en Occident et dans le monde arabe, témoignent de la puissance diffuse de l'aspiration démocratique. Toute la question est plutôt de saisir ce que l'on entend par «démocratie» et par «universalisation» de celle-ci...
A disqualifier le flou conceptuel de ce mot, on s'interdirait de comprendre comment des sociétés diverses se l'approprient pour essayer d'ouvrir leur propre chemin vers l'émancipation.

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