Passage du livre - à propos du livre : Tout dire

 












 

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.. Tout dire

Couverture du livre Tout dire

Date de saisie : 09/11/2016
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Seuil, Paris, France
Auteur : Jeremias Gamboa
Traducteur : Gabriel Iaculli

Prix : 24.00 €
ISBN : 9782021121322
GENCOD : 9782021121322 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 13/10/2016

 
 
4ème de couverture

Un matin de septembre, dans une banlieue de Lima, un jeune homme s'assied devant son ordinateur et se met à écrire son premier roman, sa propre histoire. Il s'appelle Gabriel Lisboa. Issu d'un milieu très pauvre, il parvient à obtenir une bourse pour l'université de Lima, une des plus prestigieuses du pays. L'ambition de Gabriel est de devenir écrivain et lorsqu'il décroche un stage à Proceso, l'un des grands journaux du pays, sa vie bascule. L'initiation au métier de journaliste, la poursuite de brillantes études, la rencontre de jeunes poètes lui permettent de surmonter peu à peu ses complexes de classe, sa peur des femmes, et de s'ouvrir à la culture et à la littérature.
Roman sur la jeunesse, l'amitié et l'amour, Tour dire est aussi un grand roman d'apprentissage, un récit passionnant sur la difficulté pour un jeune homme déshérité de trouver sa place dans le monde et de se construire une identité.

«Jeremias Gamboa est parfaitement maître de son écriture, il a su d'emblée se concentrer sur l'essentiel : bien raconter une bonne histoire.»
Mario Vargas Llosa

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Passage choisi

La musique envahit la pièce. Le disque tourne, je le vois d'ici, le volume est au maximum, et je ne m'entends presque plus - je n'entends plus le bruit que je produis en tapant violemment de mes seuls index sur le clavier, assis devant l'ordinateur de ma chambre. Une guitare cassée en deux, un coup de cymbales qui cingle l'air, la basse assourdissante plaquée comme un bâillon sur chaque chose ont tout déclenché ce matin-là. Après tout, c'est venu de lui. De moi. Ce qu'il dit, je le porte en épigraphe, le jette sur le papier comme ça me vient. Ce qu'il dit, c'est ce que je sens ou crois maintenant sentir en moi. Ce qu'il dit me paraît stupide et l'est peut-être. Mais j'y crois au point de penser que c'est tout ce qu'il me fallait pour me lancer : sortir de la douche, laisser l'eau fraîchir sur ma peau, mettre l'appareil en marche, y glisser le disque et taper sur les touches, enfin capable de dire ce que bon me semble. Écrire.
Il y a longtemps que j'essaie sans grand résultat de faire de moi un écrivain, de vivre comme un écrivain ou plutôt comme je crois que devrait vivre un écrivain, mais depuis plus de dix ans je n'ai pas écrit une seule ligne qui me satisfasse. Jusqu'à aujourd'hui. Il y a dehors un doux soleil de septembre, on est mercredi, je suis à Lima, dans le quartier de Santa Anita, vêtu d'un tee-shirt et d'un short, en sandales, et je viens de me rendre compte que ça y est, sans le moindre doute, quelque chose - ou tout - a commencé et que l'heure est enfin venue de tout dire. Le livre qui s'est ouvert il y a quelques secondes dans mon esprit s'organise parfaitement, et a même déjà un titre, une dédicace, une épigraphe, ses deux premiers paragraphes, et il raconte son histoire, tout seul. Malgré moi.
C'était donc ainsi que les choses devaient se passer. Il suffit que j'écrive sur l'écran mon nom : Gabriel Lisboa; il n'est ni déguisé ni emprunté à un personnage de fiction qui m'aurait séduit ou qui revêtirait pour moi un sens particulier; il n'en a aucun. Je m'appelle simplement Gabriel Lisboa et j'ai vingt-neuf ans. Je n'ai plus peur d'avoir bientôt trente ans. J'ajoute que cette libération et l'énergie que m'insufflent ces doigts qui frappent le clavier me donnent l'impression de pouvoir enfin découvrir, sentir et comprendre les choses. Je me demande pourquoi j'ai été bloqué pendant si longtemps, pourquoi c'est maintenant que j'éprouve le besoin de m'asseoir devant cet appareil et d'écrire ces mots, pourquoi je m'assois et j'écris, tout simplement. Je me demande aussi ce qui me permet à présent d'enchaîner ces propos les uns aux autres avec la sensation que j'ai enfin triomphé de quelqu'un ou de je ne sais quoi en moi et que chaque mot que je tape est le bon, tombe juste, définitivement. Sans doute Lou Reed en savait-il quelque chose quand il chantait l'm So Free et, plus encore, Beginning to See the Light ; ou quand il criait et chantait faux comme un énergumène dissocié, désaccordé. Peut-être cela tient-il au simple fait d'avoir finalement compris qu'il me faut passer aux actes, et non pas me juger. Voilà de quoi il est question. De me dépasser en écrivant. C'est tout.

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