Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. Une histoire érotique de la diplomatie : de Louis XIV aux gaullistes

Couverture du livre Une histoire érotique de la diplomatie : de Louis XIV aux gaullistes

Date de saisie : 02/02/2017
Genre : Histoire
Editeur : Payot, Paris, France
Auteur : Nicolas Mietton

Prix : 20.00 €
ISBN : 978-2-228-91653-0
GENCOD : 9782228916530 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 26/10/2016

 
 
4ème de couverture

Du Grand Siècle à la Cinquième République, on a beaucoup couché pour maintenir la grandeur de l'État, et la diplomatie française fut faite de relations amoureuses ou sexuelles plus souvent qu'on ne croit.
Il y eut des ambassadeurs-étalons, tel La Chétardie auprès de la tsarine Élisabeth Petrovna, et des maîtresses influentes, telle la Castiglione venue plaider la cause de l'Unité italienne dans le lit de Napoléon III. Il y eut des diplomates restés célèbres pour leur chaude nature, comme Bernis, tandis que d'autres passent à tort pour froids, comme Guizot.
Après que les ébats des rois de France eurent secoué l'Europe, la République finança avec le plus grand sérieux une politique étrangère érotique : sous la Troisième, l'expression officielle «visite au président du Sénat» désignait en réalité les plaisirs officieux que se voyaient offrir princes et souverains séjournant à Paris.
Une histoire à rebondissements où les valises diplomatiques sont aussi des vanity-cases.

Historien, Nicolas Mietton est féru de Mémoires et autres Journaux. Il a notamment établi l'édition critique du Journal de Maurice Paléologue, qui fut ambassadeur de France en Russie de 1914 à 1917 (Le Crépuscule des tsars, Mercure de France, 2007).

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

L'idée du présent ouvrage m'est venue en conversant avec un ami, fonctionnaire au Palais-Bourbon, c'est-à-dire à deux pas du ministère des Affaires étrangères, encore appelé «Quai d'Orsay». Depuis la terrasse du 101 de la rue de l'Université, nous contemplions le Quai, avec au loin les jardins et l'hôtel du ministre. Il me raconta alors un souvenir amusant.
Il y a de cela un certain nombre d'années, cet ami intégra la prestigieuse commission des Affaires étrangères après avoir réussi le concours d'administrateur de l'Assemblée nationale. Ses supérieurs lui demandèrent alors d'accompagner une délégation de députés en partance pour l'Amérique latine. Comme d'habitude, il s'agissait de promouvoir l'image de la France et de constater le bon fonctionnement de nos ambassades et consulats. Après une halte dans un pays où l'ambassadeur, grand amateur d'antiquités toltèques, se faisait gruger par un escroc qui lui vendait des poteries made in Hong Kong, la délégation arriva dans une capitale andine. L'ambassadeur, prévoyant la fatigue de ses hôtes, avait bien fait les choses et commandé un confortable petit déjeuner à la résidence pour le lendemain.
Cette honnête Excellence était pourvue (ou affligé, c'est selon) d'une épouse que le mal du pays et d'autres déceptions poussaient à piquer du nez dans le whisky. Comme on s'en doute, l'altitude et le mal de l'air n'arrangeaient pas son alcoolisme mondain.
Le lendemain, donc, sur le coup de dix heures, la petite troupe arriva à la résidence, où les attendaient l'ambassadeur et sa femme. L'ambassadrice en était à son troisième verre. Bien vite, elle en commanda un quatrième. Il est vrai qu'à cette époque elle en avait gros sur le coeur. En effet, l'altitude, l'humidité et la mauvaise qualité des peintures réduisaient à rien le plafond de sa salle de bains. Afin qu'il remédie à ce lamentable état de fait, elle harcelait son mari, sans que ce dernier arrive à obtenir une subvention du ministère, lequel, comme toujours lorsque ses ouailles crient misère, faisait la sourde oreille. Exaspérée par tant d'inertie, la malheureuse ambassadrice attendait les députés comme autant de messies.
Impatiente, elle s'accrocha au bras du jeune administrateur, qu'en raison de sa haute taille et de ses fonctions «techniques» elle prit peut-être pour le plus susceptible de résoudre son petit problème.
«Jeune homme, lui dit-elle, venez que je vous montre ce que mon piètre mari est incapable de débrouiller», et elle l'entraîna.
Bien entendu, les explications furent longues. Interloqués, les députés attendirent le retour de leur assistant, qui réapparut enfin, fort embarrassé. Émoustillé, le chef de la délégation le prit à part :
«Mais, X..., que vous a-t-elle fait pour vous retenir aussi longtemps ?
- Monsieur, elle m'a montré son ciel de douche.»
La repartie amusa la délégation jusqu'à son retour en France et valut un temps à son auteur une réputation flatteuse de don juan d'ambassade.

 
 
Revue de presse

Maxime Laurent - L'Obs du 15 décembre 2016
Depuis l'apogée du Grand Siècle jusqu'à la politique d'indépendance nationale chère au général de Gaulle, la diplomatie française ne s'est pas caractérisée par une pudibonderie excessive, tant s'en faut. L'historien Nicolas Mietton propose ainsi de remonter le fil d'une histoire au cours de laquelle coucheries commanditées et débordements de divers légats ont pimenté les négociations comme les carrières...
Mêlant le pouvoir et ses vertus aphrodisiaques à la force d'un sexe pas si faible, ces trois siècles d'histoires d'alcôves officieuses ont sans doute contribué à forger une certaine réputation française... Une question demeure : que se passe-t-il, aujourd'hui, dans les coulisses de notre diplomatie ?

Baudouin Eschapasse - Le Point, novembre 2016
Se penchant sur près de trois siècles d'histoire diplomatique, Nicolas Mietton met au jour la dimension érotique du travail en ambassade....
Réduire ces histoires à de simples polissonneries serait cependant faire fausse route. Car elles «amèn(ent) à considérer le revers de la médaille de la diplomatie : l'érotisme est une arme», écrit Nicolas Mietton. Cet historien est un fin connaisseur de son sujet...
Le rigoureux universitaire qui anime les très doctes «dialogues(s) avec l'histoire» sur Fréquence protestante (deux samedis par mois entre 19 heures et 20 heures) ne répugne pas à certaines insolences. Il n'hésite pas à moquer «les vierges folles de Monsieur de Choiseul», à commencer par le chevalier d'Éon «qui finit par ne plus savoir ce qu'il était lui-même : homme, femme, ou les deux». Interrogeant l'influence de Marie-Antoinette sur la politique étrangère de Louis XVI ; stipendiant les vices de Talleyrand ou l'inconséquence de Guizot dont la passion pour Dorothée de Benckendorff, plus connue sous son titre de princesse de Lieven, eut des répercussions dans sa gestion des affaires publiques, Nicolas Mietton met en lumière l'omniprésence du sexe dans la conduite de la politique étrangère de la France.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?