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.. Etats provisoires du poème. Volume 16, Grèce : permanence des mythes

Couverture du livre Etats provisoires du poème. Volume 16, Grèce : permanence des mythes

Date de saisie : 20/12/2016
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : Cheyne, Le Chambon-sur-Lignon, France | Théâtre national populaire, Villeurbanne
Auteur : Collectif

Prix : 22.00 €
ISBN : 9782841162338
GENCOD : 9782841162338 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 30/11/2016

 
 
4ème de couverture

Les États provisoires du poème» fait peau neuve. Ce numéro 16 est le premier d'une nouvelle série. Désormais la revue sera consacrée chaque année à un pays ou à une langue, en relation avec la programmation du Théâtre National Populaire. Les contributions s'intéressent cette année à la Grèce. En 2017, elles feront le long voyage jusqu'au Japon.

Quels enseignements apporte aujourd'hui, pour nous Européens, la mythologie grecque ? Quelles sont les richesses à retrouver dans la langue grecque classique et moderne et, au-delà, dans les paysages et le peuple de Grèce ? La recherche de l'origine de l'identité européenne, recherche menée ces temps-ci sous des prétextes troubles et qui néglige trop souvent la réflexion et le recul, gagne à faire le voyage retour vers la patrie d'Ulysse.

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Passage choisi

Alépou

Il glapit. Il piaille. Son cri lacère la nuit, aigu, râpeux. Un fort oiseau qui chasse. Qui glisse entre les branches, dans un silence de coton. Se perche, à l'affût. Surveille la terre labourée, les allées sous les arbres, les rigoles où grouillent les bêtes. Les champs cultivés. Les buissons, les herbes folles et sèches des friches. L'obscurité est tombée depuis longtemps, après que les chauves-souris, noires sur ciel rouge, se sont livrées à leurs danses erratiques puis fondues dans l'encre. Fengari a rapidement glissé de sa cimaise vers la ligne des arbres, derrière laquelle elle a disparu. Engloutie par la mer. Les chevelures végétales elles-mêmes se sont noyées dans la noirceur comme des algues.

Son cri a déchiré le sommeil. Un cri puissant, sauvage, de ceux qui étranglent, qui plantent leurs crocs dans des gorges, qui serrent les mâchoires jusqu'à ce que mort s'ensuive, qui ne lâchent rien tant qu'elle n'a pas fait son oeuvre, tant que le moindre sursaut témoigne d'un reste de vie. Qui fouaillent du bec et se gavent, et portent à leurs petits des lambeaux de chair. Duc, grand seigneur de la nuit, vêtu de duvet, féroce. Mais comme un cri de douleur, de victime égorgée, sans défense, de sang qui fuit sur la pierre et demande pitié. De bête au cou béant. Un cri d'enfance.

Quel est-il, celui qui réveille les dormeurs ? Pas un oiseau, dit l'homme. C'est Alépou. Fox, traduit-il. Ils sont deux. Un ici, l'autre là-bas. Du côté de la terre. Du côté de la mer. Ils s'appellent, se rejoignent, quelque part dans les alentours, chaque nuit. Se flairent, se mordent. Ils copiaient, lui avec ses testicules qui enflent, elle avec sa vulve dilatée. Gémissent. Gloussent. Ils chassent de conserve sous les oliviers, sur les terres bien civilisées des hommes.

Dans la paille des tombes mycéniennes, les feuilles sèches, sous les linteaux, parmi les pierres des voûtes effondrées, ils fouissent. S'ouvrent un passage vers les poulaillers. J'ai des chiens, dit l'homme. Mais les chiens dorment, repus. Alépou est un feu qui court entre les arbres tordus, illumine le temps d'un éclair les sépultures éventrées. Ses pattes soulèvent à peine les vieilles poussières, dessinent les corps absents. Il rôde autour de ce rien qui reste, hume l'air. Il se souvient. Pleure. Renifle les os qui ne sont plus.

(...)

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Gabriel Groyer, 68 ans, retraité après une carrière dans le bâtiment.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central en particulier dans les trois parties : L'être inerme, Le gisant intranquille et Passages à gué, est une marche sur des sentiers délaissés où les mots sont des pierres, des repères redécouverts, mot à mot, motte à motte, une remontée à la surface. Une ouverture sur d'autres espaces imaginaires : Déserts, Odyssée, Épreuves d'artiste.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Je marche et rêve d'être une pierre millénaire
dont la mémoire gravée me servirait de stèle...
... Puis je reprends mes pas
Et me réjouis des chemins à venir
A nouveau dégagés à nouveau vierges.»
(Traces p.32)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un parcours musical éclaté entre Llanto de Vincente Pradal (Garcia Lorca) et une musique arabo-andalouse où se mêleraient guitare, luth et percussions.
Ou encore la musique du film «Vengo» de Toni Gatlif.

Partager la musique des mots, des émotions, comme des brèves au comptoir de la vie, des éclats de voix, des jets de peinture juxtaposés qui recréeraient un vitrail rendu à la lumière.

5) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Écrire, pour moi, c'est entrer en solitude. Il me faut un lieu neutre où je puisse me «vider»... Ce peut être une terrasse de café avec son bruit pareil à une basse continue, un sentier, une route, déambulation où peut s'inviter une mélodie sur les mots qui jaillissent.
L'écriture ? pas avant 18 - 20 ans. Faisant alors partie d'un groupe théâtral, j'ai découvert que l'on pouvait mettre en mots sensations et émotions. Ce que j'ai fait à quelques rares moments de ma vie, jusqu'à la liberté de la retraite.
Aimé Césaire, avec sa voix qui gronde, qui dit la révolte et la vie dans une Histoire acceptée, Apollinaire, Verlaine et Rimbaud chantés par Léo Ferré, Mahmoud Darwich m'accompagnent. Et bien d'autres encore...

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Le rôle de l'écrivain ? aucun, si ce n'est celui que le lecteur lui accordera : peut-être résonateur ? entre une musique interne, les chocs d'une vie et les fracas du monde.

Pour la suite, à titre posthume et par contumace, j'aimerais atteindre le prix Bonel du Lit des Ratures ou du Tri des Ratures... j'écris toujours sur papier avec une pointe Bic.

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