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.. Ils ont abattu les grands arbres

Couverture du livre Ils ont abattu les grands arbres

Date de saisie : 28/12/2016
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Tensing, Buc
Auteur : Kurt Jais-Nielsen

Prix : 16.00 €
ISBN : 9782919750825
GENCOD : 9782919750825 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 01/11/2016

 
 
4ème de couverture

Quand Eva part pour le Rwanda elle pense laisser derrière elle le mal de vivre qu'elle traîne depuis l'adolescence. Plus que la verdeur et les brumes du pays des mille collines, ce sont les habitants d'un village proche du lac Ruhondo, Jean, sa mère Solitude, Agathe sa grand-mère qui lui feront découvrir un bonheur simple qui la comble.

Mais bientôt la réalité sauvage du génocide rwandais les submergera. À son tour, Eva parviendra-t-elle à sauver Jean, l'enfant rescapé d'une tuerie hutue ? Quelle sera l'issue de leur errance sur les routes jonchées de cadavres et de misère ? Trois ans plus tard, de retour à Paris, elle est rattrapée par son ancienne mélancolie qui ne la quittera plus. Est-ce cependant une raison suffisante pour commettre l'irréparable ?

Kurt Jais-Nielsen, né à Copenhague, arrive, enfant, à Paris. Après un long détour par les Mathématiques et la Finance, il se consacre désormais à l'écriture tout en considérant cette première expérience comme une étape utile à l'ancrage de ses pensées dans la page blanche. Ils ont abattu les grands arbres est son second roman.

Quand Eva part pour le Rwanda elle pense laisser derrière elle le mal de vivre qu'elle traîne depuis l'adolescence. Plus que la verdeur et les brumes du pays des mille collines, ce sont les habitants d'un village proche du lac Ruhondo, Jean, sa mère Solitude, Agathe sa grand-mère qui lui feront découvrir un bonheur simple qui la comble.

Mais bientôt la réalité sauvage du génocide rwandais les submergera. À son tour, Eva parviendra-t-elle à sauver Jean, l'enfant rescapé d'une tuerie hutue ? Quelle sera l'issue de leur errance sur les routes jonchées de cadavres et de misère ? Trois ans plus tard, de retour à Paris, elle est rattrapée par son ancienne mélancolie qui ne la quittera plus. Est-ce cependant une raison suffisante pour commettre l'irréparable ?

Kurt Jais-Nielsen, né à Copenhague, arrive, enfant, à Paris. Après un long détour par les Mathématiques et la Finance, il se consacre désormais à l'écriture tout en considérant cette première expérience comme une étape utile à l'ancrage de ses pensées dans la page blanche. Ils ont abattu les grands arbres est son second roman.

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Passage choisi

Extrait du prologue

3, rue Saint Benoît
(18 octobre 1997)

La rame approchait de la station Saint Germain des Prés. Eva se cramponnait à la barre, elle était très en colère. Dès l'arrêt, elle voulut sortir sans attendre et bouscula l'homme debout devant elle. Il hésitait. Cette poignée de secondes d'indécision était au-delà du seuil de tolérance d'Eva. Émergeant enfin à l'air libre, elle aperçut l'ancienne église de Saint Germain des Prés qui veillait sur le café des Deux Magots. Les touristes occupés à rêvasser devant la foule qui se hâtait ne remarquèrent pas cette femme à la démarche nerveuse. Pourtant s'ils avaient su, ils auraient peut-être noté son visage, ils auraient dû le faire ! Eva regarda le ciel ou plutôt l'interrogea. La teinte noire des nuages menaçait tous ces humains pressés. Pourquoi scruta-t-elle ce ciel furibard ? Une habitude certainement. Allait-il pleuvoir ? A quoi rimait la crainte de quelques gouttes d'une pluie éparse alors qu'elle sentait comme un ogre qui gronde sur la ville ? Eva fila entre les immeubles de la rue Bonaparte, tourna rue Jacob puis rue Saint Benoît. Les façades de quatre étages lui parurent minuscules, d'une humanité inoffensive, sans rapport avec la fureur qui entretenait la cadence enfiévrée de ses pas. Malgré un ciel à son image, elle craignit qu'une accalmie ne tombe des fenêtres, des toitures, et ne balaye sa rancoeur. Elle n'y résisterait pas, à la douceur si française de ce quartier.
Elle s'était préparée pendant des jours et des semaines, depuis que l'évidence s'était imposée, depuis qu'elle avait commencé à instruire le dossier de sa suspicion, y ajoutant les preuves aux indices. Elle avait patiemment nourri un solide ressentiment pour ce jour, le jour de ce rendez-vous. Elle s'arrêta devant le numéro trois. Une porte cochère sombre, brillante, la dominait de sa masse arrogante. Elle détourna le regard vers l'autre bout de la rue. A cet instant précis les deux jusqu'alors complices, unissant leur courroux au sien, commencèrent à trahir : une fine trouée rose l'enveloppa de sa lumière apaisante. Un timide soleil, absent quelques instants plus tôt, rendit sa légèreté à l'air de la petite rue, instillant le doute chez Eva. Elle comprit tout à coup pourquoi la couleur du ciel était importante, pourquoi elle l'avait si ardemment questionné. Elle sentit s'évanouir le foisonnement de ses rancoeurs et oublia ce qu'elle était venue dire ou exécuter. Impossible d'en saisir le souvenir. Un désespoir ordinaire avait remplacé sa rage initiale. Vidée d'elle-même, Eva s'avança, sonna, franchit le porche, se dirigea vers l'escalier. Elle évita l'ascenseur, espérant que la montée des marches lui restituerait sa colère. À l'étage, la porte était entre-ouverte, il l'attendait, sûr de lui, d'elle, c'était ainsi.
«Bonjour Eva, tu ne changes décidément pas !
- Bonjour, c'est vrai, toi aussi tu dis toujours les mêmes choses.» Il l'embrassa, l'attira à lui. Raidissant son corps, elle résista, mais elle finirait par céder, elle le savait. «Tu es belle, j'avais oublié, on ne peut se souvenir de trop de beauté.» Eva avait la faiblesse de croire à ses flatteries, ça aussi elle le savait. Ils parlèrent de là-bas, les contrées où s'étaient passées ces choses-là, ce pays qu'elle avait aimé, où elle avait tant souffert, tant espéré, où elle avait consumé sa jeunesse. C'était autrefois. Aujourd'hui, ils étaient assis immobiles dans les fauteuils de ce salon au mobilier sophistiqué, agencé selon un ordre méticuleusement calculé. Ils y rendaient un culte légèrement ridicule aux vestiges de leurs souvenirs. Il leur manquait la nostalgie des authentiques anciens combattants chez qui on voit danser au fond des pupilles une flamme fragile et vacillante. (...)

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Né à Copenhague, je suis arrivé en France à l'âge de cinq ans et j'y ai effectué toute ma scolarité. Après des études scientifiques qui m'ont conduit à enseigner les mathématiques, j'ai accompli l'essentiel de ma carrière dans le milieu bancaire. C'est après ces deux détours que depuis 2012 je me consacre exclusivement à l'écriture. Ce dernier virage peut paraître étrange, mais s'explique par des rencontres et les circonstances. De plus il répond à un désir ancien.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le Rwanda qui, à l'origine, devait constituer une toile de fond destinée à accentuer la dimension dramatique du récit, est vite devenu le personnage du roman. Le projet initial était centré sur Eva, une jeune femme atteinte d'un mal de vivre inexpliqué. Le hasard va la conduire dans la contrée des volcans située au nord du pays. Elle y fera des rencontres marquantes qui vont lui apporter ce sens qui manquait cruellement à sa vie d'intellectuelle comblée. Mais le génocide compliquera tout, elle ressentira comme un parallèle entre son propre désespoir et l'agonie du petit pays d'Afrique de l'Est, même si aucune comparaison directe n'est permise entre près d'un million de morts et un petit mal de vivre bourgeois. Mais Eva tombera amoureuse du Rwanda, de ses habitants, et la question est de savoir si par cette voie elle parviendra à gagner son salut ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Pauvre Eva qui s'était rêvée Tutsie, soeur de Solitude, partageant ses tourments ! Devenir Tutsie était compliqué, "trop compliqué pour elle", Ange avait raison, il fallait en payer le prix. C'était une souffrance inaccessible, à laquelle elle ne comprenait pas grand chose.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Songs from a World Apart, Lévon Minassian, Armand Amar.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le thème du mal de vivre et de la résilience, qu'il s'agisse d'un pays dans son ensemble ou d'un être humain. S'agissant du Rwanda se pose aussi la question de l'avenir de l'Afrique, sujet d'actualité s'il en est.

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