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.. N'envoyez pas de fleurs

Couverture du livre N'envoyez pas de fleurs

Date de saisie : 15/06/2017
Genre : Policiers
Editeur : Bourgois, Paris, France
Auteur : Martin Solares
Traducteur : Christilla Vasserot

Prix : 25.00 €
ISBN : 9782267032413
GENCOD : 9782267032413 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 02/02/2017

 
 
4ème de couverture

Qui vient d'enlever la jeune Cristina, fille d'un riche couple ? Qui est son fiancé, qui l'accompagnait ? Un événement banal dans la région de La Eternidad, dans le golfe du Mexique. Carlos Trevio, un ancien policier, est chargé de l'enquête. Le consul américain Don Williams offre aussi ses services.
Récit impitoyable, désabusé, drôle, Martin Solares, dans la grande tradition du roman noir, convoque les témoins pour les faire parler et mentir.
Police corrompue, services secrets partisans, meurtres, enlèvements, bandes rivales sont une allégorie du Mexique contemporain.

«Dans le style des meilleurs romans de Cormac McCarthy.»
Gatopardo

Martin Solares est né en 1970 à Tampico. Il a travaillé comme critique, professeur et éditeur de littérature depuis 1989. En 1992, il a reçu la mention honorifique du Prix national Periodismo Cultural Fernando Bénitez. En 1998, il a obtenu le Prix national Efrain Huerta pour la fiction. En 2000, il s'est installé à Paris où il a effectué un doctorat en littérature à la Sorbonne et travaillé au Centre culturel mexicain jusqu'en 2007.
Ses nouvelles et ses travaux critiques ont été publiés dans de nombreuses revues et anthologies au Mexique mais aussi en Angleterre, en France, aux États-Unis et en Espagne. Récemment, un groupe d'écrivains, parmi lesquels Sergio Pitol, Juan Villoro, Mario González Suares, se sont réunis à l'invitation de la maison d'édition Almadfa. Ils ont désigné Martin Solares comme l'un des jeunes auteurs les plus prometteurs de ces dix dernières années.
Les Minutes noires, son premier roman, a connu un succès critique et public immédiat à sa publication au Mexique et en Espagne.

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Passage choisi

Il leur dit qu'il y avait une personne capable de retrouver la petite : un ex-policier.
Il leur dit que si l'individu en question était toujours vivant, après le différend qu'il avait eu avec ses propres collègues, il serait la personne idéale, parce qu'il avait déjà survécu au moins deux fois à ce genre d'affaires, pour lesquelles un suicidaire est plus utile qu'un enquêteur. Il leur dit que si d'aventure il était toujours vivant, ce qui n'était pas improbable, ils pourraient peut-être le trouver dans un des États voisins, Veracruz ou San Luis Potosi, car il était arrivé plus d'une fois qu'un de ses informateurs signale sa présence sur la route qui descend vers La Eternidad. D'après les informateurs en question, il conduit toujours une voiture blanche et se rend régulièrement dans un restaurant près du fleuve, en face des brise-lames. Il reste attablé là une ou deux heures, discute avec les propriétaires, fait ses petites affaires et retourne sur ses pas, pour aller où, personne ne le sait vraiment. D'autres disent que non, qu'il passe son temps à aller et venir, qu'il fait peut-être de la contrebande, mais ça me semble peu probable, souligna le consul, il s'est toujours tenu à l'écart du crime ; il ne serait donc pas surprenant qu'il accepte de travailler pour M. De León, et il regarda l'homme d'affaires. En tout cas, jura le consul Don Williams, si cet homme était encore en vie, il serait la personne idéale.
M. De Léon demanda comment s'appelait l'individu en question.
- Carlos Treviño, lui répondit l'Américain.
- Je ne le connais pas. - L'homme d'affaires se faisait fort de connaître chacun de ses employés, sauf que cet homme-là n'avait jamais travaillé sous ses ordres. - Je ne le connais pas et je n'en ai jamais entendu parler. Il est hors de question de prendre un tel risque : imaginez qu'il soit des leurs.
- Treviño ne se mettrait jamais au service du crime, insista le consul, du moins pas de façon consciente, bref, un peu comme la plupart des habitants de cette ville.
On entendit soudain un bruit sec et crépitant.
- C'était quoi ? demanda le consul tandis que les gardes du corps dressaient la tête, tels deux chiens reniflant le danger.
Et comme ni la femme ni les hommes assis autour de la table ne faisaient le moindre mouvement, il insista :
- Ça avait l'air tout près...
Les détonations, les grenades qui explosent, les coups de feu isolés ou les tirs en rafale étaient devenus monnaie courante dans le port, aussi courante que les mots extorsion ou enlèvement. En voyant la mine préoccupée du consul, Valentin Bustamante, alias El Bus, le chef des gardes du corps de M. De Léon, sortit sur la terrasse pour regarder à travers le télescope de l'homme d'affaires. Ce mastodonte à la moustache toute fine remua son mètre quatre-vingt-dix avec une agilité inespérée, comme si les lois de la gravité n'existaient pas, et il pointa l'engin sur le quartier voisin. En le voyant penché là, avec son minuscule visage rond, ses traits infantiles et sa petite moustache ridicule, on aurait juré qu'il ne ferait pas de mal à une mouche, ce qui n'était pas faux, à condition que la mouche mesure moins d'un mètre et ne représente pas une menace pour M. De León. Pendant ce temps, Rodolfo Guadalupe Moreno, numéro deux dans la hiérarchie des gardes du corps, un homme à la mine grave comme la mort, avec son bouc et ses sourcils fournis, ses bottes de cow-boy et sa veste en cuir noir, alla se poster, bras croisés, à la place laissée vacante par son collègue, tout près de la porte.

 
 
Revue de presse

Ariane Singer - Le Monde du 15 juin 2017
Plongée saisissante dans un pays gangrené par les narcos, N'envoyez pas de fleurs, roman noir très documenté, décrit sur un rythme haletant l'irrésistible montée de la violence. Hier exercée à l'abri des regards, elle s'affiche désormais au grand jour : corps décapités, exhibés, fusillades au vu et au su de tous... Jadis cantonnée au sud du Mexique, elle s'exerce désormais dans le nord du pays, et singulièrement dans les zones de transit frontalières avec les Etats-Unis. D'une écriture précise, l'auteur décrit sans fausse pudeur la barbarie des exactions...
Auteur d'un précédent essai (non traduit) sur l'impunité des crimes au Mexique, Martín Solares éclaire ici les raisons pour lesquelles celle-ci perdure : corruption à tous les niveaux de l'Etat et de la sphère économique, silence des pouvoirs publics comme des médias.....
Martín Solares s'impose comme un écrivain de haut vol. Un pourfendeur de l'argent facile et du laisser-faire, dont le nombre de victimes s'allonge dans une indifférence complice.

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