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.. L'âge des migrations

Couverture du livre L'âge des migrations

Date de saisie : 11/05/2017
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Autrement, Paris, France
Auteur : Hervé Le Bras

Prix : 17.90 €
ISBN : 9782746744639
GENCOD : 9782746744639 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

Angles & Reliefs
une collection d'essais illustrés de cartes et d'infographies en couleurs

Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l'image qu'on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées...
L'homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n'a jamais été aussi répandu qu'aujourd'hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place.
À rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l'«invasion» des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire.

30 CARTES ET INFOGRAPHIES EN COULEURS

Hervé Le Bras est démographe et historien, directeur de recherche émérite à l'INED et directeur d'études à l'EHESS. Il est auteur de nombreux ouvrages dont Le Mystère français (avec Emmanuel Todd, Seuil 2013), Atlas des inégalités (Autrement, 2014) et Le Pari du FN (Autrement, 2015).

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Passage choisi

Invasion ou migration : le proche et le lointain

Mondialisation des migrants

En 1891, le recensement français s'intéressa particulièrement aux étrangers. La notion d'immigré n'existait pas à l'époque. Soit on était français soit on ne l'était pas. La nationalité était prise au sérieux. Les agents recenseurs dénombrèrent 1 130 200 étrangers qu'ils classèrent par nationalité. 465 900, soit 41 % d'entre eux, étaient belges, la nationalité de loin la plus représentée ; 286 000, italiens (25 %) ; 83 000, allemands (7,3 %) ; 83 000, suisses (7,3 %) ; 77 700, espagnols (6,8 %) ; 39 700, anglais (3,5 %) et 31 200, luxembourgeois (2,8 %). Ainsi, 94 % des étrangers venaient d'un pays voisin. A eux seuls, Belges et Italiens formaient les deux tiers du total. On ne compta que 800 Africains et 300 «Japonais, Chinois et autres Asiatiques» pour près de 40 millions de Français. Qui plus est, les étrangers ne venaient pas seulement des pays voisins, mais de leurs provinces voisines de la France, le pays de Bade, le Wurtemberg, la Suisse romande, le Piémont, la Catalogne. En outre, ils ne s'aventuraient pas très loin en France comme le montrent les cartes de la figure 1 sur lesquelles on a représenté la répartition des étrangers des sept pays voisins de la France. Pour chacune, on a classé les départements par ordre décroissant de leur nombre d'étrangers du pays considéré. Puis on a les coloriés dans le même ordre en changeant de couleur lorsque le nombre total déjà pris en compte dépassait les seuils successifs de 50 %, 75 %, 90 %, 95 %. Ainsi, l'ensemble des départements en gris clair ne contient que 5 % des étrangers de la nation considérée tandis que ceux en couleur foncée en contiennent 50 % (les seuils sont indiqués en proportion d'étrangers par département).
Les Belges, les plus nombreux, sont aussi les plus concentrés. 95 % d'entre eux sont groupés dans 10 départements sur 87 en 1891. À lui seul, le Nord en absorbe 60 %, plus que l'ensemble des Italiens dans toute la France qui constituent le second groupe le plus nombreux. Ces derniers sont un peu plus dispersés. Ils ont progressé le long des côtes de la Méditerranée et sur la frontière est vers la Lorraine où ils sont employés dans les mines et la sidérurgie à cause du manque de main-d'oeuvre locale. Troisième nation la plus représentée, les Allemands se sont répandus exactement dans les régions de champs ouverts du Nord-Est. Les Espagnols se sont installés au sud de la Garonne et ont progressé le long des côtes méditerranéennes. Les Suisses sont dans le Nord-Est industriel et sur la frontière est. Enfin, les Anglais sont présents sur toute la façade nord-ouest et sur la Côte d'Azur. À l'exception de ce dernier cas, chaque autre nationalité reste près de sa base. Elle ne s'en éloigne que pour gagner les grandes villes et surtout Paris. Dans le détail, on perçoit une propagation quasiment épidémiologique. Ainsi les Espagnols entrent aux deux extrémités de la chaîne pyrénéenne, gagnent Toulouse puis progressent le long de la Garonne et, par le seuil de Naurouze, vers les rivages méditerranéens. La migration est donc un phénomène local qui se développe avec une telle logique que Ernst Ravenstein, le premier géographe à les avoir étudiées scientifiquement, a émis des «lois de la migration» quasiment mathématiques, encore observées aujourd'hui en matière de migration interne.
En revanche, les migrations externes ont échappé depuis lors aux déterminations locales. 122 ans après le recensement de 1891, celui de 2013 donne une répartition très différente des origines des personnes résidant en France. Sur les 5 835 000 immigrés, seuls 17 % proviennent des sept pays voisins, 19,5 % viennent de pays européens plus lointains comme le Portugal ou la Roumanie, 43 % sont nés en Afrique, 14,5 % en Asie et 5,6 % dans les deux Amérique. Ils se sont répandus sur tout le territoire bien que des spécificités locales perdurent, car les premiers arrivés servent souvent de pôle d'attraction pour leurs parents et leurs proches. On trouve encore aujourd'hui une plus forte proportion d'Espagnols dans le Sud-Ouest et d'Italiens sur le littoral méditerranéen et à la frontière est. Mais les Turcs, les Portugais, les Marocains se sont installés sans tenir compte de la situation géographique du pays de départ et du département d'arrivée. Seul souvenir de 1891, les étrangers se répartissent encore globalement sur le territoire selon la même cartographie. Ils sont nombreux en région parisienne, dans le Nord-Est, sur le littoral méditerranéen, dans les grandes villes et plus rares dans le Centre et dans l'Ouest.

(...)

 
 
Revue de presse

Maryline Baumard - Le Monde du 11 mai 2017
Le démographe et historien Hervé Le Bras tente de cerner et de donner du sens au ballet anarchique des mouvements de population internationaux...
Certes, 4 millions d'étrangers vivent en France. Mais contrairement aux idées reçues, les deux tiers des entrants sont aujourd'hui titulaires d'au moins un bac ou un diplôme du supérieur. Ils arrivent en moyenne à 22 ans, le plus souvent avec un visa. Pour Hervé Le Bras, cette envie de bouger n'est pas un drame... C'est tout simplement le propre de l'homme. «Seul l'homme a un comportement migrateur, alors que toutes les autres espèces sont étroitement dépendantes d'écosystèmes particuliers et souvent restreints», rappelle-t-il. Une autre façon de penser...

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