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.. Au bonheur des fautes : confessions d'une dompteuse de mots

Couverture du livre Au bonheur des fautes : confessions d'une dompteuse de mots

Date de saisie : 09/03/2017
Genre : Langues
Editeur : La librairie Vuibert, Paris
Auteur : Muriel Gilbert

Prix : 17.90 €
ISBN : 978-2-311-10154-6
GENCOD : 9782311101546 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

Comme le chat aime les souris, moi, j'aime les fautes. Les attraper, c'est mon plaisir - et mon gagne-pain : je suis correctrice au journal Le Monde.
Les fautes, elles sont partout car tout le monde en fait. Beaucoup sont drôles ou instructives, certaines sont belles comme des bijoux précieux.
Avec ce livre, j'ai voulu vous ouvrir la porte du bureau des correcteurs, lieu mystérieux où l'on tutoie les dictionnaires et où l'on s'interroge sur la couleur des vaches, la différence entre une mitraillette et une mitrailleuse, les noms des fromages et les accords du participe passé.
Mais je partage aussi mes trucs et astuces pour déceler les fautes en un clin d'oeil et vous verrez qu'à l'heure des logiciels de correction rien ne remplace un bon vieux stylo rouge...

Muriel Gilbert nous transmet avec humour et érudition son amour de la langue et nous entraîne dans les coulisses d'un grand journal.

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Passage choisi

QUAND IL ÉTAIT PETIT, LE CORRECTEUR NE VOULAIT PAS ÊTRE CORRECTEUR (LA CORRECTRICE NON PLUS)

«Tu fais quoi, dans la vie ?»
Aïe.
«Comme métier, tu veux dire ? gagné-je du temps, car je sais que je suis partie pour de longues explications alors que je suis déjà essoufflée.
- Ben oui, comme métier !» ahane ma nouvelle collègue d'aquagym, levant le genou en rythme et les yeux au ciel avec l'air de celle qui songe que, décidément, c'est pas encore cette année que la somme des QI des inscrites fera déborder les bassins de la piscine municipale Youri-Gagarine.
«Je suis correctrice.»
L'oeil vide qu'elle pose sur mon bonnet de bain à fleurs en caoutchouc dit assez l'absence d'image mentale que provoque cette confession. Un ahurissement qui, en dépit des apparences, n'est nullement le reflet d'une intelligence ras-des-pâquerettale. En effet, en dehors des microcosmes de la presse et de l'édition, selon un sondage réalisé lors de ses dîners en ville et autres cours d'aquagym par l'auteure de l'ouvrage que vous venez d'entrouvrir, environ 97 % de la population hexagonale ignore ce qu'est un correcteur. Et si elle a l'improbable curiosité, la population, d'aller saisir les dix lettres du mot «correcteur» sur un moteur de recherche, elle trouvera en première page des résultats tout l'éventail des correcteurs automatiques de traitement de texte, en deuxième page une gamme enthousiasmante de correcteurs antirides, puis des sites dénonçant le caractère mesquin de la rémunération des correcteurs des copies du baccalauréat, et enfin la promotion des stylos correcteurs destinés à effacer les pâtés des écoliers. Seul l'internaute affligé d'une curiosité à la limite du pathologique qui ira cliquer jusqu'à la troisième page découvrira quelques liens conduisant à de circonspectes évocations de la profession de correcteur de presse ou d'édition.
La confrérie des correcteurs serait-elle une secte secrète ? Une franc-maçonnerie ? Une espèce en voie d'extinction ? Un peu de tout cela, ai-je découvert voici une dizaine d'années, quand j'ai passé un museau curieux et vaguement inquiet dans mon premier «cassetin» - c'est le nom étrange que l'on donne au bureau des correcteurs dans les journaux.

Quand ze serai grand, ze serai correcteur

Correcteur. S'il est un métier dont la vocation ne vous tombe pas dessus au berceau, c'est bien celui-là. Rares sont les bambins qui, interrogés sur leurs projets d'avenir, répondent : «Quand ze serai grand, ze serai correcteur, mémé !» On ne se rêve pas correcteur comme on se rêve institutrice, ou pilote d'avion, ou star du foot. Non.
Tous les correcteurs de ma connaissance - et je commence à en connaître un certain nombre - sont à peu près tombés dans la correction par accident, au terme de parcours qui n'ont de commun que leurs virages en épingle à cheveux et leur apparente absence de boussole. Je rêvais personnellement à un avenir de fée, ou à défaut de boulangère avec un camion qui klaxonne en arrivant sur la place du village et une caisse enregistreuse qui fait ding au moment de rendre la monnaie - deux fantasmes encore inassouvis que je ne renonce pas à transformer un jour en réalité. Pas de correctrice.
Et pourtant, oui, c'est mon métier, madame ma copine d'aquagym. Et pourtant, je l'aime bien. Et même peut-être que j'aurais pu l'avoir, la vocation - si j'avais su que la profession existait. Le fait est que, comme la plupart de mes collègues - enfin, ceux qu'il reste, car un mal mystérieux les fait disparaître un à un, nous y reviendrons -, je suis devenue correctrice par surprise. Car comment préméditer l'adoption d'un métier inconnu ?

 
 
Revue de presse

Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 12 février 2017
Muriel Gilbert publie Au bonheur des fautes. Elle aime les mots, elle aime les fautes. Pas seulement parce que, si les journalistes n'en commettaient pas, elle serait peut-être au chômage. Dans notre langue complexe et piégeuse, elle adore dénicher des impropriétés, détecter des barbarismes, repérer des erreurs de conjugaison ou d'orthographe, flairer des boulettes, pointer des coquilles, dégoter des lapsus, etc. Elle sait rectifier, redresser, rattraper, retirer une lettre fautive ou en ajouter une autre nécessaire. Elle se dit "astiqueuse de vocabulaire et médecin spécialiste des accords désaccordés"...
Avec simplicité, allégresse, un humour qui la rend fort sympathique, Muriel Gilbert raconte sa vie dans le foisonnement des mots, des règles de grammaire et des bizarreries de la langue. Elle a une vie privée, bien sûr, mais il est clair que sa vraie copine c'est madame Larousse, et son éternel fiancé, monsieur Robert...
Muriel Gilbert est un curieux mélange de mère Fouettard et de Zazie. Si elle vous tape sur les doigts pour prolixe à la place de prolifique ou pour un subjonctif après après que, elle n'hésite pas, au gré de sa fantaisie, à inventer des néologismes : gloutonner, virguler, clavioter, maternitude, horripilamment, ascenseurologue, etc. Puriste et farceuse.

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