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.. Communautarisme : enquête sur une chimère du nationalisme français

Couverture du livre Communautarisme : enquête sur une chimère du nationalisme français

Date de saisie : 18/03/2017
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Demopolis, Paris, France
Auteur : Fabrice Dhume-Sonzogni
Préface : Éric Fassin

Prix : 21.00 €
ISBN : 9782354570927
GENCOD : 9782354570927 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

L'idée de communautarisme prolifère depuis quelques années dans les discours politiques, distillant l'idée qu'une menace plane sur «l'identité nationale» et les «valeurs de la république». Appelant à une réaction musclée face à un ennemi flou, ce discours a finalement dérivé dans l'idée de «guerre au terrorisme». Comment en est-on arrivé là, à cette définition de la situation sous le prisme d'un vaste champ de bataille ? Et quels sont les effets de cette grille de lecture sur la définition du commun ? L'enquête sociologique retrace la généalogie de ce mot, et analyse s la manière dont il redéfinit les règles du jeu. Jouant des peurs pour imposer une représentation de la société française et de ses enjeux à travers le prisme d'une lecture nationaliste à la fois protectionniste et guerrière.

Fabrice Dhume-Sonzogni est sociologue, chercheur à l'ISCRA, enseignant-chercheur à l'université Paris Diderot et membre de l'unité de recherche migrations et société (URMIS). Il travaille depuis une vingtaine d'années sur la question des discriminations raciales, particulièrement dans le champ éducatif.

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Passage choisi

Extrait de l'introduction

Sous le consensus, un certain ordre du monde
Communautarisme... Dans la langue française, ce mot est un néologisme. Il n'existait quasiment pas il y a encore trente ans. Et pourtant, chacune ou chacun a sans doute le sentiment de savoir de quoi il retourne, car ce mot s'impose aujourd'hui comme s'il s'agissait d'une évidence. Dans les discours politiques, dans les médias ou encore dans la littérature grise prolifère l'idée que «les fractures communautaristes [...], chaque jour davantage, paraissent fragmenter la société française». Et d'aucuns de prétendre en conséquence dresser un «état des lieux en France [d]es tentations communautaristes», pour immédiatement préciser qu'en fait, «en France, le phénomène communautariste occupe indiscutablement un espace médiatique exagéré à l'aune de son épaisseur réelle dans la société». Alors quoi : l'on joue à se faire peur ?
L'écart entre la dramatisation rhétorique et la minimisation pratique est une constante de ce discours. De réalité factuelle il n'y a guère, ou alors rien qui ressemble à ce que le mot semble désigner, mais le discours apeuré ou effrayant, lui, est néanmoins incessant. Communautarisme a d'abord pour réalité (et peut-être pour unique réalité ?) d'être un discours qui annonce un scénario-catastrophe en affirmant l'urgence de réagir ou en déplorant qu'il soit déjà trop tard. Aussi, si l'on veut être conséquent, s'intéresser au communautarisme, c'est se pencher ni plus ni moins sur les discours qui utilisent et ce faisant légitiment cette catégorie, comme sous l'effet d'une impérative nécessité de l'ère du temps. Que veut dire que l'on fasse de communautarisme un motif si central des discours publics ? Que se joue-t-il plus largement dans la circulation et la diffusion de ce terme de peur dans le langage politique contemporain ? De quoi communautarisme est-il réellement le nom ?
Dans l'époque, la forme en -isme suggère d'emblée que l'on a affaire à une figure négative - «un vilain mot pour une vilaine chose». Elle indique au moins un excès, si ce n'est un présupposé de radicalisation. Avec ladite «fin des idéologies», autant ces mots n'ont plus bonne presse, autant ils prolifèrent comme jamais. Leur inflation dans les discours politiques traduit une substitution et une captation : le temps n'est plus au combat pour des idées et pour leur internationalisation, ce sont plutôt des «combats ordinaires», dans un cadre national représenté par l'État (ou un cadre européen représenté par son administration), qui occupent nos attentions quotidiennes. Comme si l'État-nation ou son émanation inter-nationale devait être la fin de toute politique. La «lutte contre le communautarisme» a-t-elle vocation à prendre place dans la grande série des petites «maladies sociales» d'une société sécuritaire : lutte contre le tabagisme, l'illettrisme, l'immobilisme, etc. ? Ou ce mot témoigne-t-il d'autre chose, plus massif, d'une figure scandaleuse et effrayante, qui pourrait figurer un nouvel ennemi dans l'ère post-communiste ?

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