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.. D'un coeur léger : carnet retrouvé du Dormeur du val

Couverture du livre D'un coeur léger : carnet retrouvé du Dormeur du val

Date de saisie : 05/05/2017
Genre : Poésie
Editeur : Cheyne, Le Chambon-sur-Lignon, France
Auteur : Loïc Demey

Prix : 17.00 €
ISBN : 9782841162352
GENCOD : 9782841162352 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 08/02/2017

 
 
4ème de couverture

Un carnet a été retrouvé, il contient un journal manuscrit daté de l'été 1870. Celui d'un jeune soldat, Vincent, exalté par le tumulte à venir des champs de bataille de Moselle et follement épris de son amour, une jeune femme restée à Paris. Ce soldat est celui-là même que chacun connaît, sous la plume d'Arthur Rimbaud, comme le fameux soldat aux deux trous rouges au côté droit : le Dormeur du val.
Ce nouveau récit de Loïc Demey renoue avec l'écriture inventive et jubilatoire déjà présente dans Je, d'un accident ou d'amour, son premier livre largement salué par le public et la critique (Prix de la SGDL Révélation poésie 2016).
Récit d'une grande liberté poétique, D'un coeur léger emporte le lecteur dans la réalité violente et crue de la guerre contre la Prusse. Ce carnet retrouvé fait entendre une voix vive, il donne pensée à un esprit juste. Vincent, traversé par les événements, les satisfactions et les doutes, fera de cette guerre et de ses rencontres, son chant d'amour. On croira que le carnet existe.
A.W.

Né en 1977 à Amnéville (Moselle), Loïc Demey est professeur d'Éducation Physique et Sportive dans un collège. Il vit en Lorraine.
Il intervient en milieu scolaire dans le cadre de rencontres et d'ateliers d'écriture et initie les élèves, notamment dyslexiques, à sa démarche : goûter, secouer les mots et déstructurer les assemblages dans l'optique d'une réappropriation de la langue, de sa variété comme de ses variations.
Il a publié en 2014, dans la collection Grise de Cheyne éditeur, son premier livre Je, d'un accident ou d'amour, déjà réédité plusieurs fois. D'un coeur léger est son deuxième livre.

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Passage choisi

Quatorze de juillet

Bienheureuse, légère est la ville en cette tiède soirée d'été et je t'aime mon amour.
Il se fait nuit et Metz frétille, encore pleine du soleil qui a enflammé le jour. Une lumière jaune cru, presque albe. La cathédrale s'étoffe maintenant d'une robe ocre et de cuivre, la ville grouille et scintille et je t'aime mon amour.
Je suis arrivé à la gare par le train au creux de l'après-midi, train dont la vitre a recueilli, moi, tes lèvres et toi, mes baisers, vitre embuée du souffle de notre amour. Là, tu as dessiné un coeur.
Boum-Boum ! Boum-Boum ! palpite en ma poitrine mon amour, aussi des Tac-Tac-Tac-Tac ! comme tonneront bientôt nos canons sur la Prusse et crépitera la mitraille sur la route de Berlin. Boum-Boum ! et Tac-Tac !, comme ça nous ferons et comme ça fait notre amour.
Je t'aime et je suis gonflé du bonheur d'en découdre, bouffi d'un fiévreux désir d'affronter leurs troupes pour, au plus vite te retrouver, et t'aimer. Mon amour, je suis déjà manque de toi et on ne sait même pas si ou quand la guerre commencera.

Quinze de juillet

Oui, je suis ce vide de toi et je ressens encore l'effleurement de tes doigts de miel qui mignotent mes mains, mes joues, s'amusent de mes lèvres, et que je mordille chèrement et que j'embrasse. Mon amour, bel amour, les quais de Metz sifflotent un air de fête. Braillent des cris de foire. Les trains entrent en gare et déversent des hommes, des bêtes, des caisses, des sacs, des vivres. Bel amour, ça fourmille, ça se cherche, alors parfois ça s'échauffe.
Ici des fantassins qui veulent une arme et là des fusils qui guettent une sentinelle.
Là des canons, des carrioles, plus loin et de l'autre côté des voies, un essaim d'artilleurs.
Ici des chevaux, des uniformes empilés, du foin, du bois de cercueil, des sapeurs qui étanchent leur soif avec des litres de vin rouge et des milliers de milliers de munitions. Partout la pagaille. Aussi on se reconnaît et on se réjouit, on se fait l'accolade. J'ai retrouvé Charles, sa femme a accouché pas plus tard que le mois dernier.
C'est une fille. Il sourit.
Là, la France mobilise, le chemin de fer achemine vers l'est, puis on se regroupe. Sûr que près de la mauvaise rive du fleuve ils sont davantage organisés, ça les connaît, à eux, la rigueur. Mais que pourront-ils opposer à la foi enragée de nos baïonnettes ! Ils périront en ordre parfaitement aligné et nous triompherons parce que nous les prendrons de vitesse et je t'aimerai comme jamais je ne t'ai aimée.
Ici, moi qui attends le reste de mon régiment et là-bas, toi, qui dois m'aimer toujours et que je chéris sans fin.

(...)

 
 
Revue de presse

- Le Monde du 4 mai 2017
D'un coeur léger est ce carnet de déroute, qui dit au passage de quels crimes se paie la ferveur nationaliste. Face au champ de bataille, «une fonderie de dépouilles, un atelier de corps inachevés», on a l'âme ébréchée. Loïc Demey suit le soldat qui détale, tandis que déserte en lui l'allégresse de tuer : «La campagne flamboyait d'or, d'uniformes cuivrés et de fumée, le vallon souhaitait me voir avalé.» Il rêve qu'il y est tué et manque à celle qu'il aime. Mais comment vérifier qu'on est vivant si l'on s'est vu mort en songe ?...
Contre le brouhaha des mots ronflants, la poésie fait leçon de son exactitude, dans l'assurance de nos défaites. «Et peut-être, à bien y réfléchir, que jamais homme, aucun régiment et nul peuple, depuis les siècles des siècles, n'a jamais remporté une seule bataille.»

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