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.. Cinquante ans d'élégances et d'art de vivre

Couverture du livre Cinquante ans d'élégances et d'art de vivre

Date de saisie : 24/03/2017
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Séguier, Biarritz, France
Auteur : Cecil Beaton
Préface : Christian Dior
Traducteur : Denise Bourdet

Prix : 22.00 €
ISBN : 978-2-84049-724-0
GENCOD : 9782840497240 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 16/03/2017

 
 
4ème de couverture

Emblématique portraitiste de mode, «Prince des photographes», Cecil Beaton (1904-1980) fut l'une des figures principales de cette vie mondaine et cosmopolite si joliment appelée Café Society. Une société qu'il sut conquérir avec une incomparable aisance, passant, d'un pas, de l'Europe aux États-Unis, allant des salons de l'aristocratie conservatrice aux fêtes des personnalités les plus extravagantes.
Et si nous savions de Cecil Beaton qu'il était un chroniqueur talentueux, nous découvrons dans cet ouvrage qu'il fut aussi un superbe écrivain. De quoi est-il ici question ? De futilités. Que ceux qui s'en formaliseraient passent leur chemin, c'est le conseil que leur adresse Christian Dior : «Je conçois que cet intérêt passionné pour des choses frivoles puisse agacer les gens sérieux. Tant pis pour eux. Cecil Beaton a raison d'écrire avec foi. [...] Nous savons que, des civilisations, c'est le périssable qui demeure.» Au fil des pages, se succèdent les portraits de célébrités tels Balenciaga, Dior, Chanel, mais aussi d'élégantes, de modèles, de photographes et de tant d'autres. Ainsi Beaton encense-t-il une époque, se souvient des gens d'influence, rallume le chic, l'esprit et la déraison.

Photographe de mode, peintre, costumier, scénographe et figure incontournable de la Café Society, pendant cinquante ans Cecil Beaton a saisi sur le vif l'extravagance baroque de ses fastes et de ses plus brillantes personnalités, créateurs, aristocrates, poètes, milliardaires et grands couturiers. Paru pour la première fois en 1954 et introuvable depuis des années, Cecil Beaton, cinquante ans d'élégances et d'art de vivre embrasse d'un oeil expert et artiste ce demi-siècle florissant à travers les portraits de ceux qui ont su lui imprimer leur style.

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Passage choisi

Who is Cecil Beaton ?

Si, selon Dali, «une femme élégante a toujours l'air méprisant», l'élégance de Cecil Beaton, qui va s'affirmant avec les années, ne saurait échapper à cette constatation. Grand, hautain, avec la prunelle claire du rapace, habillé d'une manière qui compromet le conformisme de l'ensemble par un détail : gilet du Grand Meaulnes, ou cravate de Lord Chesterfield, ce n'est pas sans frémir qu'on aborde ce personnage réticent, toujours à l'affût d'un mot, d'un objet inédit, d'une trouvaille vestimentaire ou d'une faute de goût.
Brillant causeur, il exige que les autres le soient aussi ; il sommera les convives d'un dîner anglo-saxon, qui selon l'habitude du pays sont confortablement installés dans l'aparté, «de quitter le refuge et de traverser le trottoir», afin de se lancer dans la conversation générale, ce qui pour eux est presque une indécence. Us n'échapperont pas au questionnaire impitoyable, découpé d'une voix à la fois traînante et articulée, mais qui est cependant destiné à les mettre en valeur : «Votre livre ? Comment l'avez-vous conçu ? Racontez-nous comment, pourquoi vous écrivez ? Vos personnages sont-ils des portraits ou purement fictifs ?»
La chose étonne d'autant plus dans la maison de campagne de Cecil Beaton, dans le comté de Wiltshire, où tout en revêtant son corps d'un smoking, l'invité pensait mettre son cerveau en pantoufles. On ne va pas à la campagne pour briller, on y va pour se détendre ou pour se recueillir : l'invité ne s'attendait pas à cet appel de pied péremptoire, quoiqu'on sût l'hôte impatient, intransigeant, mutin, Mais malgré tout son brio, son éclectisme artistique, Cecil est demeuré très Anglais. Il suffit pour le comprendre de le voir dans son jardin où il a pour ses plantations des attentions d'infirmière. Il n'est pas de fleur dont il ne connaisse le nom latin, pas de «croisement botanique» qu'il n'ait tenté. C'est dans cette maison ravissante, mais surpeuplée - comme ses dessins - d'accessoires, de bibelots, qu'il prend du recul pour mieux sauter sur son objectif, ses pinceaux, ou sa plume, selon l'humeur du jour.
Traditionnaliste comme il sied, sa loyauté envers la royauté prime toutes les autres considérations : mieux que personne il a compris qu'une reine ne devait pas s'habiller comme tout le monde ; la mode doit à peine l'effleurer. Quand il photographie la reine Elizabeth, il l'encourage à porter les teintes pastel qui mettent en valeur sa carnation de blonde. Il n'oublie pas que les chaussures galbées de la reine Mary sont devenues aussi célèbres que le chausson de la Pavlova ou la taille de guêpe de Polaire.
Il me souvient de certain jour, c'était pendant la guerre, où la reine Mary nous reçut, mes parents et moi, au château de Badminton à la campagne, habillée de satin, parée de diamants, chapeautée de violettes de Parme. Or elle venait, secondée par ses jardiniers, d'abattre des arbres. On aurait été tenté de remplacer le parapluie traditionnel par une hache...
«Les modes se succèdent, mais la Mode subsiste ; celui qui l'ignore, ignore la vie» (je cite Cecil Beaton) ; aussi ce sourcier de l'élégance ne se permet-il en réalité aucune minute d'inattention. Il courra de Buckingham Palace, où il est persona grata, à Hollywood, de la duchesse de Kent à Greta Garbo, à qui, dit-on, il a voué d'éternelles fiançailles ; ce qui ne l'empêchera pas d'être le boute-en-train d'un bal costumé à Venise, ou d'assister à la générale de la dernière pièce de Julien Green. La Mode est la plus exigeante des maîtresses.
Attelé à tout jamais à la «troupe légère qui d'aile passagère par le monde vole», Cecil Beaton passe dans un insolent galop, excessif, hors d'atteinte, réussi.

VIOLET TREFUSIS

 
 
Revue de presse

Nathalie Crom - Télérama du 15 mars 2017
Il a immortalisé, avec son objectif, le monde de la mode et des célébrités. Il en a aussi saisi l'essence en écrivain, dans ce recueil de portraits qui forment une histoire du goût...
Dans Cinquante Ans d'élégances..., joliment illustré par ses croquis, on admire la précision de ses descriptions écrites, la justesse de ses profils, la perspicacité avec laquelle il capte et analyse des détails hautement éloquents - une modification de la ligne du sourcil ou de la forme des mains des femmes décryptée comme le symptôme d'une révolution des mentalités... On est saisi plus encore par la fermeté avec laquelle Beaton tient le fil de sa narration, qui n'est pas une simple juxtaposition de rencontres, mais la déclinaison d'une réflexion sur le XXe siècle et la modernité, la rémanence de l'individualité face à l'essor de l'uniformité, au «conformisme mécanique des temps présents». Cecil Beaton observe ce mouvement, l'admet non sans mélancolie, mais sans amertume.

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