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.. Les chants d'honneur : de la Chorale populaire à l'Orchestre rouge : Suzanne Cointe (1905-1943)

Couverture du livre Les chants d'honneur : de la Chorale populaire à l'Orchestre rouge : Suzanne Cointe (1905-1943)

Date de saisie : 21/04/2017
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Auteur : Christian Langeois
Postface : Gilles Perrault

Prix : 19.80 €
ISBN : 9782749150697
GENCOD : 9782749150697 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 06/04/2017

 
 
4ème de couverture

En 1936, la musique est partout, se mêle à la foule. De la salle de concert où elle se tenait autrefois, distante et respectée, elle descend dans la rue, les stades, les usines en grève, les cinémas, les fêtes populaires et toutes les manifestations. La musique revendique la place qui lui est due, au premier rang, dans le combat contre la nuit qui s'avance...
Dans le sillage de Jacques Prévert et du Groupe Octobre, Suzanne Cointe, professeur de piano, fille de général, partage les aventures, les expériences culturelles, les engagements des années d'entre-deux-guerres. La guerre venue, elle occupe un rôle-clé dans le dispositif parisien du réseau d'espionnage soviétique, l'Orchestre rouge. Prise par la Gestapo, elle est guillotinée à la prison de Berlin-Plötzensee. Puis l'oubli s'installe.

Ce livre dénoue les sources de cet engagement patriotique et culturel. Il restitue la richesse de la vie musicale des années du Front populaire et fait enfin sortir de l'ombre une femme d'exception.

«Ce que j'aime chez Christian Langeois, c'est son sens du temps historique, gage d'authenticité : il restitue gens et choses avec les caractéristiques de leur époque et de leur parcours personnel - dans leur jus, comme disent les antiquaires des objets et des meubles.»
Gilles Perrault

Christian Langeois a publié, au cherche midi, Marguerite. Biographie de Marguerite Buffard-Flavien (1912-1944) (2009), Henri Krasucki, 1924-2003 (2012) et Mineurs de charbon à Auschwitz. Jawischowitz 15 août 1942-18 janvier 1945 (2014). Il collabore au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, mouvement social.

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Passage choisi

Lorsque Olear Ajzik quitte Drancy pour Auschwitz le 28 juin 1942 dans un wagon du convoi 5, il laisse à Paris son épouse Cymla et leur fille encore bébé.
Olear, Juif polonais, ancien des Brigades internationales d'Espagne, a été arrêté par les autorités allemandes le 2 décembre 1940. À Auschwitz-Birkenau, il est sélectionné pour travailler à la mine de Jawischowitz. Il reviendra.
Ces premiers convois de juin 1942 sont les prémices des déportations massives de l'été. Cymla, Juive, connue comme communiste, se retrouve seule avec son bébé. Elles vivent quelque temps dans une petite pièce de la rue de l'Orillon à Paris. L'enfant est confiée à une nourrice qui, dureté des temps, ne lui accorde que peu d'attention et encore moins de nourriture.
Or Cymla, depuis plusieurs années, chante à la Chorale populaire de Paris et, comme l'y invitait, elle et les autres choristes, dès septembre 1939, un courrier de Suzanne Cointe, la dirigeante de la Chorale, elle a gardé le contact. D'ailleurs, quels que soient les risques, Cymla continue à chanter avec ses amis tant la musique compte dans sa vie.
Cymla confie sa situation à Suzanne, qui habite alors avec sa mère, veuve du général Cointe, rue du Square-Carpeaux dans le 18e arrondissement de Paris. À cette époque, ni la silhouette mince de Suzanne, vêtue le plus souvent avec simplicité d'une jupe et d'un chemisier classiques, de chaussures plates et pratiques, ni sa coiffure stricte tirée en arrière ne suffisent à la rendre banale ou sévère tant se révèlent, derrière ses lunettes rondes si caractéristiques, un regard pétillant et vif dont on sait par ailleurs qu'il est bleu, un sourire joyeux et généreux, une belle et jeune énergie.
Suzanne se rend très régulièrement à Saint-Germain-en-Laye, dans la belle et vaste maison de son frère François Nicolas Cointe, ingénieur, directeur de la Société centrale des chemins de fer et d'entreprise, la SCFE. Elle y rejoint sa belle-soeur, Marie Françoise, avec qui elle est très liée, et ses six neveux et nièces, auxquels elle donne des leçons de piano.
C'est là qu'elle envoie se réfugier Cymla et sa fille. Elle leur procure une nouvelle identité. Elles échapperont à toutes les rafles.
Elles ne sont pas les seules à Saint-Germain-en-Laye. Outre les six enfants Cointe, leurs parents, elles y retrouvent Mania Axler, elle aussi une ancienne de la Chorale, et sa fille âgée de 5 ans, Léa Golubat. Mania vient voir sa fille de temps à autre. Les risques sont grands : Juive, Ukrainienne, elle est permanente dans la résistance armée FTP-MOI.
En 2013, quand je rencontre Louise et Marianne Cointe, les filles de François Nicolas et de Marie-Françoise, dans la petite maison de Cachan, elles m'expliquent tranquillement : «On avait des amis qui étaient ennuyés, on s'est occupés d'eux.» Puis elles poursuivent aussi simplement : «Quand les Allemands sont arrivés à Saint-Germain-en-Laye, ils ont pris la belle demeure des Birman, une famille juive. Avant la guerre, les Birman recevaient beaucoup de monde, d'amis, c'était très agréable, nous aimions beaucoup ça. Ils avaient créé une chorale : la Chorale des Birman. Nous y allions tous les mardis. Une partie de la famille a été déportée, n'est pas revenue. La grand-mère Birman et son fils sont venus habiter chez nous, au deuxième étage. On avait aussi, pendant la guerre, deux jeunes, Claire Chaudière et sa soeur.»

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