Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. La mort d'un homme

Couverture du livre La mort d'un homme

Date de saisie : 19/04/2017
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Séguier, Biarritz, France
Auteur : Lael Wertenbaker
Préface : Olivier Mony
Traducteur : Geneviève Naudin

Prix : 19.90 €
ISBN : 9782840497264
GENCOD : 9782840497264 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 02/03/2017

 
 
4ème de couverture

Charles et Lael Wertenbaker, deux figures du journalisme américain, amis de Welles, de Capa et d'Irwin Shaw, décident d'interrompre leur carrière respective à Time Magasine. En quête d'une vie apaisée, ils s'installent à Ciboure, au Pays basque, avec leurs deux enfants, des étagères de livres, une machine à écrire, sans oublier quelques bouteilles de whisky... Mais en 1954, Charles se découvre atteint d'un cancer.
Débute une nouvelle vie, la dernière. Lael entreprend de la raconter en veillant à tout consigner. Elle est la greffière des derniers mois. Elle le fait sans se départir de son regard précis, épris de vérité, comme si la vocation journalistique était une authentique nature. Pour autant, l'amour les tient plus unis que jamais : ils décident d'étirer le temps, de faire tout ce qu'ils peuvent pour que leur vie commune soit enrichie de quelques chapitres supplémentaires, à condition qu'ils soient dignes d'être vécus. Dans l'amour, on convient souvent qu'un homme et une femme scellent une sorte de pacte. Il peut être à la vie, à la mort. Un récit pudique, lucide, incontestablement universel.

«Imaginez un homme, un Américain, qui va mourir et s'y résout en relisant Montaigne et en regardant vers l'horizon, au-delà de la baie de Saint-Jean-de-Luz. Il vit ses dernières lumières, et sa femme près de lui n'en perd pas une miette, pas une seconde. Évidemment, c'est une histoire d'amour.»

«UN LIVRE BOULEVERSANT, [...] COURAGEUX ET SANS COMPROMIS»
- The New York Times

Correspondante étrangère pour Time Magazine à partir de 1940 puis journaliste indépendante, Lael Tucker Wertenbaker (1909-1997) est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages de fiction et de non-fiction. Avec son premier époux, Charles Wertenbaker, ils incarnent une génération de journalistes américains, écrivains talentueux, cultivés et distingués.
La Mort d'un homme, paru en 1957 et jamais réédité depuis, a fait grand bruit à sa sortie, et reste son livre le plus célèbre.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Extrait de la préface de Olivier Mony

DEUX AMÉRICAINS À CIBOURE

Au départ, il y a une femme dans son jardin. Qui discute avec un monsieur, encore assez jeune, déjà trop gros. Lui, c'est donc Orson Welles. En cette année 1955, entre deux films, entre deux rêves, entre deux échecs, il fait escale en Pays basque, à Ciboure, pour cachetonner gentiment et tourner deux épisodes (l'un sur le pays proprement dit, l'autre sur la pelote) de sa série documentaire Around the World with Orson Welles commandée quelques mois auparavant par une télévision britannique. Il n'est pas sûr que le mystère du «petit peuple qui danse sur les montagnes» l'ait vraiment passionné (à tel point que d'aucuns se souviennent que son assistant français, François Reichenbach, fut plus souvent qu'à son tour à la manoeuvre), mais il semble évident que s'il devait n'avoir eu qu'une raison d'entreprendre ce film, c'eût été celle-là : filmer cette femme, l'écouter, poursuivre à travers elle une conversation qui vient de s'interrompre...
N'anticipons pas. Elle, c'est Lael Wertenbaker. En ce jour de printemps 1997, dans une salle de cinéma bordelaise où le film de Welles est projeté, elle rentre dans ma vie pour n'en plus jamais vraiment sortir. Chemisier blanc, tailleur gris anthracite, cigarettes blondes, chevelure folle, c'est une Katharine Hepburn entre deux âges qui aurait été abandonnée à la Libération par son coiffeur parisien... Elle en a le chic et le sens de L'histoire aussi. L'homme qu'elle aimait est mort quelques semaines auparavant (et Welles piégé par sa logorrhée, le regard un peu perdu, endeuillé de son interlocuteur, semble parfois presque plus s'adresser à lui, à l'ami perdu, qu'à quiconque) et ce devrait être la femme la plus triste du monde. Elle est lumineuse, rayonnante d'intelligence, de bienveillance, sans s'interdire un soupçon de douce ironie. Elle parle du Pays basque comme d'une terre choisie et au fil des mots («La dignité des Basques est liée à leur aplomb... Le Basque n'appartient qu'à lui-même. Il donne poliment un peu de lui-même au monde, un peu à son village et beaucoup à sa famille») se dessine le palimpseste d'un autoportrait. Le chagrin, en tout cas, n'est pas son cousin. Elle a mieux à faire : regarder, comprendre et imaginer comment elle va tirer le fil de sa pelote de tristesse. Devenir plus et mieux encore ce qu'elle a toujours été, une journaliste, un écrivain.
De drôles de gens dans une drôle d'époque. Ainsi, sans doute, les habitants de Ciboure (qui, il est vrai, en avaient vu d'autres) virent-ils s'avancer un jour de 1947, Charles et Lael Wertenbaker en grand équipage ; c'est-à-dire avec enfants, Timberlake et Christian, et limousine, une Hillman, dont la largeur se révéla bientôt excessive pour les petites rues du village de pêcheurs... Que venaient-ils faire là ces Américains, dont il apparut très vite qu'ils n'avaient pas grand-chose à voir avec les libérateurs, séduisants dealers de chewing-gums, chocolat et cigarettes, qui se la coulaient douce à Biarritz, à l'Hôtel du Palais et au Miramar où s'était temporairement installée l'American University ? Ils venaient se réinventer une vie qui soit à la hauteur de celle qu'ils avaient vécue jusque-là. Il était prévu que l'étude, le travail, les voyages, l'écriture, les enfants, y auraient une large part. Ce fut le cas, même s'il fallut rajouter à ce programme initial, les amis qui passent, les courses de taureaux, le whisky le soir venu, les lendemains incertains et finalement, le cancer.

 
 
Revue de presse

Nathalie Crom - Télérama du 13 avril 2017
La Mort d'un homme parut en 1957, récit sobre et grave, d'une rare franchise jusqu'à la dernière ligne, d'une troublante noblesse de bout en bout. Essoré de tout épanchement de tristesse, et comme exhaussé par ce choix de la pleine lucidité qui avait été celui de Charles face à sa mort annoncée - il avait récusé l'idée du suicide, fort du «sentiment qu'il devait à sa dignité d'être humain de faire l'essai de la souffrance avant de mourir».

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?