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.. Le génocide des Arméniens : représentations, traces, mémoires

Couverture du livre Le génocide des Arméniens : représentations, traces, mémoires

Date de saisie : 19/04/2017
Genre : Histoire
Editeur : Hermann, Paris, France
Auteur : Joceline Chabot | Marie-Michelle Doucet | Sylvia Kasparian | Jean-François Thibault

Prix : 22.00 €
ISBN : 9782705673888
GENCOD : 9782705673888 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 10/03/2017

 
 
4ème de couverture

En 2015 avait lieu le 100e anniversaire du génocide des Arméniens. Durant la première guerre mondiale, plus d'un million d'Arméniens ont été exterminés en raison d'une politique génocidaire instaurée et perpétrée par les autorités en place dans l'Empire ottoman. Aujourd'hui, ce drame est considéré comme l'un des premiers génocides du XXe siècle.

Ce livre, qui réunit des chercheurs nationaux et internationaux, explore les thèmes et les questions qui animent les recherches les plus récentes sur le génocide des Arméniens. Les chapitres qui composent cet ouvrage collectif sont regroupés autour de trois axes : représentations, traces et mémoires. En privilégiant une approche multidisciplinaire, il s'agit de rendre compte des dimensions multiples de cet objet d'étude et de mettre en relief les aspects structurants des débats actuels sur le génocide des Arméniens.

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Passage choisi

Extrait de l'introduction

LE GÉNOCIDE DES ARMÉNIENS : AU-DELÀ DES COMMÉMORATIONS

Joceline Chabot
Marie-Michèle Doucet
Sylvia Kasparian
Jean-François Thibault

UN BREF RAPPEL HISTORIQUE

u mois d'août 1915, une dépêche en provenance de Petrograd en Russie est envoyée à l'agence Reuters faisant état du massacre de nombreux Arméniens dans la région de Bitlis. Relayée par les journaux occidentaux, la nouvelle décrit les atrocités commises dans un village, là où des hommes, des femmes et des enfants auraient été enfermés dans une maison de bois et brûlés vifs : «Pas une victime n'aurait échappé à ce terrible holocauste.» Étymologiquement, le terme holocauste utilisé dans cette dépêche renvoie au sacrifice par le feu des victimes offertes à un Dieu. À l'époque, dans les médias, les images et les termes empruntés au lexique religieux sont nombreux pour présenter et représenter cet événement-catastrophe qu'est le génocide des Arméniens.

Depuis le printemps de 1915, le récit du massacre des Arméniens de l'Empire ottoman se retrouve à la une de la presse nationale des pays en guerre contre la Turquie ainsi que dans celle des pays neutres comme les États-Unis. Tout au long de la guerre, les événements qui frappent les populations civiles arméniennes retiennent l'attention de l'opinion publique internationale. Les journaux, les magazines ainsi que les maisons d'édition publient des rapports, des essais et des témoignages qui saturent l'espace public international d'un discours qui cherche à présenter et à représenter les crimes à proprement parler extraordinaires qui se déroulent en Asie mineure. Dans le cadre de cette représentation et par métonymie, l'Arménie incarne alors dans les médias et la littérature testimoniale la figure du martyre, elle porte témoignage des actes subis.

C'est le 2 novembre 1914 que l'Empire ottoman entre en guerre aux côtés des puissances centrales, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. La guerre qui s'amorce en 1914 constitue un contexte favorable au déferlement de violences extrêmes contre les civils. Sur le front Ouest, entre le 5 et le 8 août 1914, c'est-à-dire à peine quelques jours après l'entrée des troupes allemandes en Belgique, l'exécution en masse de civils par l'armée allemande a déjà fait près de 800 victimes. Au terme de l'avance et de l'occupation de la Belgique et du nord de la France par l'armée allemande, les historiens John Horne et Alan Kramer ont calculé que 6 427 civils avaient été tués par les troupes allemandes. En Serbie, l'invasion austro-hongroise a également donné lieu à des massacres de civils. Comme l'atteste à l'époque le criminaliste suisse Rodolphe A. Reiss dans un rapport d'enquête paru en 1915, leur nombre se situerait autour de 2 000 victimes. Toutefois, c'est sur le front du Caucase que les crimes commis contre les civils prennent une dimension génocidaire. Dès la fin novembre et le début du mois de décembre 1914, près de 7 000 civils arméniens sont enlevés et tués par les escadrons de l'Organisation spéciale (OS). Cette organisation secrète, fondée à la fin du mois de juillet 1914 par des membres du Comité Union et Progrès (CUP) des Jeunes-Turcs au pouvoir depuis 1908, constitue une force paramilitaire au service du CUP dont l'objectif est de déporter et de liquider «les ennemis intérieurs». Elle constituera d'ailleurs l'instrument principal de l'extermination des Arméniens. Cela étant, la responsabilité des autorités régionales ottomanes, des forces armées, y compris des régiments d'irréguliers «hamidiés» et des gendarmes «circassiens», des tribus kurdes et d'une partie des populations locales est aussi engagée.

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