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.. Les Lumières et l'éducation : Diderot, Rousseau, Helvétius

Couverture du livre Les Lumières et l'éducation : Diderot, Rousseau, Helvétius

Date de saisie : 19/04/2017
Genre : Philosophie
Editeur : Hermann, Paris, France
Auteur : Alain Vergnioux

Prix : 24.00 €
ISBN : 9782705693367
GENCOD : 9782705693367 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 28/03/2017

 
 
4ème de couverture

La philosophie des Lumières pose un certain nombre de principes qui vont conduire à repenser dans ses fondements la question de l'éducation : la prééminence de la raison, la primauté de l'expérience, l'idée de Nature comme origine - qui inscrivent l'existence de l'homme lui-même dans l'ordre naturel. Dans ce cadre, il s'agit de penser de façon adéquate la nature de l'esprit, de son développement et de ses capacités, et de définir les conditions conséquentes pour l'éducation et l'instruction. L'ouvrage se propose d'exposer les débats que ces questions ont suscités, en particulier entre Diderot, Helvétius et Rousseau, pour livrer au lecteur la substance d'une réflexion qui n'a rien perdu de son actualité : les mécanismes de la cognition, la matérialité de l'esprit, l'inné et l'acquis, l'imagination et la créativité, l'égalité entre les individus, la laïcisation des savoirs, l'éducation à la liberté.

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Passage choisi

Extrait de l'introduction

1. Dans la réponse à la question «Qu'est-ce que les Lumières ?» Kant déclarait : «Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des lumières», et il ajoutait : «Pour ces lumières, il n'est rien requis d'autre que la liberté, et à vrai dire la liberté la plus inoffensive de tout ce qui peut porter ce nom, à savoir celle de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines.»
L'esprit des Lumières recueille ainsi un premier héritage, cartésien, celui d'une prééminence de la raison sur toute autre faculté et l'affirmation que son usage ne peut souffrir aucune limitation, en particulier dans l'espace public, en quoi Montesquieu et Voltaire ouvrirent la voie. Mais Diderot, Helvétius et Rousseau font aussi leur apprentissage auprès de Newton et Buffon qui affirment la primauté de l'expérience : observons, calculons, comparons, vérifions. Si l'on veut avancer des interprétations, elles restent contenues dans le périmètre défini par les phénomènes observés. Rien ne doit excéder la Nature ; elle est le principe de toute connaissance, elle en est l'origine et la clôture. La spécificité des Lumières par rapport à la période précédente est aussi de passer d'une conception du monde héritée de la physique mathématique à celle d'une physique descriptive (une «histoire naturelle») qui s'appuie sur les progrès réalisés en biologie, en physiologie, en médecine ; dans ces domaines il faut dès lors, trouver d'autres causes que mécaniques.
Une conséquence, considérable, de ce changement de paradigme est que les affaires humaines, la nature même de l'homme, peuvent être également envisagées comme des «phénomènes» naturels, susceptibles du même type d'investigation et ouvertes à des systèmes d'explication similaires. L'existence des hommes est inscrite dans l'ordre naturel et c'est la nature (dans ses principes et ses lois propres) qui en fournit l'intelligibilité. Quelque chose comme les «sciences humaines» peut prendre sens, sur le modèle des sciences de la nature - du sensualisme de Condillac qui définit tout à la fois une psychologie et une philosophie de la connaissance, au matérialisme de La Mettrie ou de d'Holbach qui rabat la compréhension de l'humain à l'analyse du vivant, sans rupture de continuité entre les mécanismes qui régissent l'existence corporelle et ceux qui rendent compte des facultés mentales, des moeurs ou des jugements moraux. Dans cette perspective, les sociétés humaines sont ressaisies dans une histoire qui se libère de l'interprétation biblique. Elles sont sujettes à transformations et leur évolution peut être repensée à la lumière de l'idée de progrès - comme Kant l'a magnifiquement pointé à la fin du siècle. Le principe en est la notion (la valeur, l'exigence) de la liberté. Sur le plan de la morale, les philosophes des Lumières opèrent en effet une double rupture, avec le stoïcisme d'une part et son rigorisme à l'égard des passions, et avec la tradition chrétienne (janséniste) d'autre part qui mettait l'accent sur la misère de l'homme. Il s'agit de penser les conditions du bonheur (sur terre) avec pour seuls principes la conformité à la nature et la liberté. C'est dans ce cadre que la question de l'éducation devient primordiale : on lui confie la tâche de répondre à cette triple exigence de la justice, de la liberté et du bonheur.
Citons encore Kant : «L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation, il n'est que ce que l'éducation fait de lui» et, plus loin, «Il est possible que l'éducation devienne toujours meilleure et que chaque génération à son tour fasse un pas de plus vers le perfectionnement de l'humanité ; car c'est au fond de l'éducation que gît le grand secret du perfectionnement de la nature humaine.»

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