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.. Essai en vue de résoudre un problème de la doctrine des chances : méthode de calcul de la probabilité exacte de toutes conclusions fondées sur l'induction

Couverture du livre Essai en vue de résoudre un problème de la doctrine des chances : méthode de calcul de la probabilité exacte de toutes conclusions fondées sur l'induction

Date de saisie : 19/04/2017
Genre : Philosophie
Editeur : Hermann, Paris, France
Auteur : Thomas Bayes
Préface : Jean-Pierre Cléro
Traducteur : Jean-Pierre Cléro

Prix : 28.00 €
ISBN : 9782705693510
GENCOD : 9782705693510 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 20/03/2017

 
 
4ème de couverture

«Étant donné le nombre de fois qu'un événement inconnu s'est réalisé ou a fait défaut, on demande la chance que la probabilité de sa réalisation lors d'une seule épreuve soit comprise entre deux degrés quelconques que l'on puisse assigner.» Tel est le problème que se propose de résoudre Th. Bayes, dans cet Essai co-écrit avec R. Price. Ce texte publié en 1764, longtemps resté incompris, s'est révélé d'une importance décisive dans l'histoire des probabilités, voire dans celle de la pensée pratique. En mathématiques d'abord, il est le premier à oser une conception «subjective» des probabilités, qui porte davantage sur les raisons de croire que sur de prétendues qualités internes aux choses. De plus, par son traitement de l'induction, ce texte introduit un scepticisme à l'égard des lois de type newtonien et utilise le calcul contre un usage qui se voudrait trop déterminant des choses mêmes. Enfin, cet Essai s'avère fondamental, en ce qu'il dote le savoir pratique - que les Anciens appelaient «opinion droite» - d'un incomparable instrument de mesure. Ce savoir pratique qui accompagne une action (comme il est requis en politique, en droit, en économie, en médecine, en stratégie) n'est pas la description d'un objet - en soulignât-on la mobilité -, mais la mesure des décisions concrètes que l'on prend. Plus que d'une théorie scientifique - même si elle ne l'exclut pas -, la règle bayésienne relève d'une éthique du risque dont notre époque a, davantage que les temps les plus reculés, un intense besoin.

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Passage choisi

Extrait de l'avant-propos de Jean-Pierre Cléro

Le texte de Thomas Bayes que nous présentons ici n'est pas traduit pour la première fois, puisque, il y a presque trente ans - c'était en 1988 -, la Société française d'histoire des sciences et des techniques présentait la traduction que nous avions écrite pour le n° 18 de ses Cahiers d'histoire et de philosophie des sciences. Ce numéro a eu le temps d'être épuisé. Or, cette traduction nous ayant été demandée à plusieurs reprises par des personnes diverses, compétentes et influentes - tant en histoire des sciences, en épistémologie qu'en logique -, et sa divulgation s'étant faite assez étrangement (puisque ni la Bibliothèque nationale de France, ni l'École normale supérieure de la rue d'Ulm n'en possèdent d'exemplaire), nous avons ainsi décidé d'en reprendre la traduction. Si bien que le statut du texte mis entre les mains du lecteur hésite entre la réédition d'une traduction et l'édition d'une retraduction, puisque la traduction est révisée avec le maximum d'attention - certaines imprécisions de la première version ont ainsi été corrigées - et que notre éditeur est devenu Hermann, qui vient de prendre l'heureuse initiative de publier des essais scientifiques inspirateurs, à des époques différentes, de savants et de philosophes.
Trois causes occasionnelles ont convergé pour la reprise de ce travail. La première est une relecture du texte faite en vue d'une communication auprès du séminaire de recherches sur les probabilités dirigé par notre ami Eric Brian, qui a publié la version écrite de cette communication dans la Revue de synthèse. La seconde réside dans l'invitation qui a suivi la parution de ce numéro à une émission de France Culture par Stéphane Deligeorge qui, s'étant aperçu de l'impossibilité de se procurer ce texte, m'a vivement conseillé de préparer une seconde édition, sinon une seconde version de ma traduction de 1988. La troisième tient à l'intelligence des responsables des éditions Hermann, qui viennent d'ouvrir une collection présentant des textes scientifiques essentiels pour comprendre la culture moderne et contemporaine qui sont publiés dans leur intégralité, avec l'appareil de notes qui convient pour le rendre compréhensible à l'honnête homme non spécialiste des questions soulevées par le texte en question, mais prêt à le lire et à en faire usage dans ses travaux.
Nous attendons beaucoup de cette reprise des travaux épistémologiques qui, en France, ont semblé entrer en sommeil à la fin des années 1980 et demeurer dans cette torpeur depuis au moins deux décennies auprès des étudiants, à cause de l'absurde demande adressée très tôt aux élèves des lycées de faire un choix entre les études scientifiques et les études littéraires, comme si elles s'opposaient. Les dégâts provoqués, en sciences, en philosophie, et peut-être en littérature même, par cette désastreuse scission, sont considérables ; ils expliquent des choix philosophiques liés à une totale méconnaissance d'une science dont certains se sont convaincus par avance qu'elle ne sait pas penser. Nous espérons que la création de cette collection est le signe d'une reprise d'études qui n'auraient jamais dû s'interrompre et qui ne sauraient se passer de prendre un crayon, de suivre pas à pas le difficile labeur des démonstrations, de faire les figures, de parvenir, avec l'auteur, jusqu'à la dernière ligne de ses démonstrations. On ne saurait s'emparer du résultat d'une démonstration sans la refaire ; faute de quoi, on parle étourdiment des mathématiques, soit - très rarement - pour les encenser, soit - beaucoup plus fréquemment - pour les contester sans les comprendre. Certes ce travail très besogneux sera utile à l'apprenti-scientifique; mais il sera tout aussi utile au philosophe qui apprend sa propre discipline, c'est-à-dire l'argumentation et les démonstrations, par une voie qui ne sera pas seulement l'écho indirect de ce qu'en ont dit Aristote, Kant, Hegel et Husserl, mais par le chemin direct et laborieux, qui n'a plus rien d'historique en tout cas, du contact avec les textes tels qu'ils ont été sinon écrits du moins publiés par celui qui les a inventés ou qui a repris l'invention pour la faire connaître. Il faut redire haut et fort ce que Descartes énonce dans les Regulae : qu'il y a une différence entre faire ou savoir faire une démonstration et l'apprendre ou s'en souvenir.

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