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.. Le dictionnaire de l'Académie française : langue, littérature, société

Couverture du livre Le dictionnaire de l'Académie française : langue, littérature, société

Date de saisie : 19/04/2017
Genre : Dictionnaires, encyclopédies
Editeur : Hermann, Paris, France
Auteur : Gabriel de Broglie | Hélène Carrère d'Encausse | Giovanni Dotoli | Mario Selvaggio

Prix : 32.00 €
ISBN : 9782705693817
GENCOD : 9782705693817 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

Sous la direction de H. Carrère d'Encausse, G. de Broglie, G. Dotoli et M. Selvaggio

Fondée par Richelieu, l'Académie française naît en 1635. L'une de ses missions principales est la rédaction d'un dictionnaire, dans le but de codifier la langue sur un plan normatif national.
Depuis sa première publication en 1694, le Dictionnaire de l'Académie répond à ce programme «d'établir des règles certaines de la langue française, de la rendre la plus parfaite des modernes, et non seulement élégante, mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences». Durant plus de trois siècles, sa planification institutionnalisée suit le «bon usage», d'après une vision synchronique de la langue, en s'adaptant aux changements de la société.
Réunissant les travaux de chercheurs français et italiens, ce livre analyse la naissance, l'histoire, l'architecture et le rôle incontournable du Dictionnaire de l'Académie, dans la formation du lexique de la langue française, dont il constitue un repère fondamental.

Massimo Arcangeli, Alia Baccar Bournaz, Louis Begioni, Céleste Boccuzzi, Jean-Louis Boursin, Gabriel de Broglie, Pierre Brunei, Claudia Canu Fautré, Hélène Carrère d'Encausse, Giovanni Dotoli,Valerio Emanuele, Constantin Frosin, Eric Jacobée-Sivry, Pierluigi Ligas, Mariadomenica Lo Nostro, Francesco Paolo Alexandre Madonia, Saiah Mejri, Danguolè Melnikienè, Jean Pruvost, Alain Rey, Alvaro Rocchetti, Carmen Saggiomo, Mario Selvaggio

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Passage choisi

DIRE L'USAGE AU XXIe SIÈCLE

par Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire perpétuel de l'Académie française

«... En l'absence d'une juridiction spécialement organisée, et en vertu de sa mission générale de dire le droit, le juge ordinaire devait accueillir pour examen les exceptions d'inconstitutionnalité élevées à l'encontre des lois dans les procès dont il était saisi.»
Ces mots, tirés de son fameux Manuel élémentaire de droit constitutionnel, sont ceux de l'éminent juriste, devenu plus tard académicien, Georges Vedel. Dire le droit, c'eût été, en pays coutumier, dire l'usage. Si nous rapprochons à dessein ces deux expressions c'est parce que ce que dit le droit n'est pas une vérité éternelle, mais est soumis à l'évolution du monde et à l'épreuve du temps, de même que l'usage en matière de langue n'est pas fixé à jamais, puisqu'il évolue avec la société qui le produit. Ces cadres de notre vie sont mouvants et, sur une longue échelle de temps, droit, usage langagier, tout passe ; panta rhei.
Que l'on ne se méprenne cependant pas sur ce rapprochement entre droit et usage. Cette volonté de dire l'usage, de dire le bon usage, ne signifie aucunement réclamer quelque pouvoir de police sur la langue. L'Académie française l'a toujours refusé ; si elle fit état de ce refus dans la préface de la première édition de son Dictionnaire, ce refus faisait déjà l'objet d'un consensus entre ses premiers membres, dès 1635.
Dire l'usage au XXIe siècle, c'est s'inscrire dans une tradition plusieurs fois séculaire, c'est vouloir être utile à ceux qui ont le français en partage, c'est répondre, par exemple, aux milliers de questions envoyées chaque année à l'Académie française ; c'est aussi, autant que faire se peut, prévenir ces questions.
Dire l'usage, c'est donc donner un point d'appui à ceux dont la démarche en matière de langue est hésitante. L'Académie française n'a pas d'autre ambition que celle-ci, qu'elle faisait déjà sienne en 1694, quand elle écrivait :

«Le Dictionnaire de l'Académie ne sera pas moins utile, tant à l'esgard des Estrangers qui aiment nostre Langue, qu'à l'esgard des François mesmes qui sont quelquefois en peine de la véritable signification des mots, ou qui n'en connoissent pas le bel usage, & qui seront bien aises d'y trouver des esclaircissemens à leurs doutes.»

Cette volonté de servir était aussi celle d'un de ses premiers membres, Vaugelas. Il fut moqué par Molière dans Les Femmes savantes, où il fait figure de censeur dogmatique. Et quand on présente son oeuvre, on signale ses Remarques sur la langue française, en oubliant le plus souvent la suite du titre : utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire (1647).
Sans doute est-il important de signaler que l'Académie entend aujourd'hui encore aider tous ceux qui pourraient avoir des doutes sur quelque point de langue, et que pour toucher le plus grand nombre, elle a voulu que son Dictionnaire fût en libre accès sur l'internet. Les éditions précédentes étaient, il faut le reconnaître, peu accessibles. Parce qu'elles étaient peu diffusées, il était difficile de les consulter, et qui n'avait pas à proximité de son domicile une grande bibliothèque n'y avait pas accès. Aujourd'hui, son Dictionnaire est à tous moments à la disposition de chacun en tout point du globe.

Dire l'usage est une tâche que s'est assignée dès sa fondation l'Académie française, mais elle ne prétend pas, bien sûr, en être la seule investie. D'autres s'attachent avec elle à le dire, d'autres, bien avant elle, y consacrèrent leurs forces et leur savoir. Dire le bon usage, c'était déjà l'ambition du grammairien indien Panini au sixième siècle avant notre ère ; c'était aussi ce que fit le grammairien latin Probus, dont l'Appendix, lointain ancêtre de la rubrique Dire, ne pas dire, est une liste de formes latines fautives avec, en regard, les formes correctes.
(...)

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