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.. Essai sur le principe de population, Suivi de Une vue sommaire du principe de population

Couverture du livre Essai sur le principe de population, Suivi de Une vue sommaire du principe de population

Date de saisie : 18/04/2017
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Institut national d'études démographiques, Paris, France
Auteur : Malthus
Traducteur : Jean-Marc Rohrbasser | Jacques Véron | Eric Vilquin

Prix : 19.00 €
ISBN : 9782733210734
GENCOD : 9782733210734 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

L'Essai sur le principe de population de Malthus causa, en 1798, un véritable choc idéologique dans une Angleterre en crise, traumatisée par la Révolution française. Ce texte contient la première formulation - inchangée dans les cinq éditions suivantes - du principe de population. Avancée fondamentale, ce principe affirme que les vitesses de croissance de la population et des subsistances sont très différentes, la première étant beaucoup plus élevée que la seconde. À travers ce pamphlet philosophique, en réaction contre Condorcet et Godwin, Malthus met en garde contre l'idée d'un progrès de l'humanité qui serait constant et indéfini. Dès lors, la polémique est lancée : il y aura un avant et un après Malthus. Il s'agit alors «de savoir si l'homme va désormais s'élancer, à une allure accélérée, vers un progrès sans limite, encore inimaginable; ou bien s'il est condamné à osciller perpétuellement entre le bien-être et la misère». Pour Malthus, le principe de population est le moteur de l'Histoire, mais aussi son régulateur. Plaçant l'équilibre entre population et ressources au coeur du destin des hommes, son texte demeure une référence majeure dans l'histoire des idées et son principe un concept fondamental dont l'écho se perpétue depuis plus de deux siècles.

Cette réédition, revue et augmentée d'une analyse de la controverse soulevée par l'Essai, est enrichie d'une traduction inédite d'un texte de Malthus paru en 1830, Une vue sommaire du principe de population, qui résume sa pensée et en révèle la constance.

LES TRADUCTEURS ET ÉDITEURS SCIENTIFIQUES DE L'OUVRAGE

Éric Vilquin est professeur émérite à l'Université catholique de Louvain-La-Neuve, spécialiste de l'histoire des populations, traducteur de la première édition en français de l'Essai en 1980.

Jean-Marc Rohrbasser est chercheur à l'Ined, spécialisé dans l'histoire des faits et des concepts démographiques, l'histoire de la statistique démographique et du calcul financier.

Jacques Véron est chercheur à l'Ined. Il travaille notamment sur l'histoire des probabilités et la mesure de la vie humaine ainsi que sur la population et le développement.

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Passage choisi

Extrait de l'avant-propos

L'essai sur le principe de population, et son influence sur le progrès futur de la société, avec des remarques sur les théories de M. Godwin, deM. Condor cet et d'autres auteurs n'avait jamais été traduit en français. Cela tient sans doute en partie à la date d'édition : 1798. La France et l'Angleterre étaient alors en guerre et allaient le rester jusqu'à la paix d'Amiens (1802). À peine les relations renouées, Malthus avait publié un nouvel ouvrage, dont le succès avait éclipsé celui du premier : Essai sur le principe de population, ou exposé de ses effets sur le bonheur humain, dans le passé et le présent, avec des recherches sur nos perspectives de supprimer ou de diminuer à l'avenir les maux qu'il occasionne (1803). Ce livre, réédité en 1806 et 1807 avec quelques additions et corrections, fut traduit en français par Pierre Prévost, professeur de philosophie à Genève, qui en donna d'abord quelques extraits dans la Bibliothèque britannique, puis, sur les encouragements de Malthus lui-même, une traduction presque intégrale, qui fut publiée simultanément à Paris et à Genève en 1809. Le texte auquel se réfèrent presque tous les auteurs de langue française est celui d'une traduction plus complète publiée en 1823 par P. et G. Prévost, d'après l'édition anglaise de 1817, dite 5e édition.

À notre avis, il faudrait dire : 4e édition. En effet, bien que les idées maîtresses de l'ouvrage paru en 1803 se trouvent en germe dans celui de 1798, et que certains passages en aient été repris intégralement, les deux livres n'ont guère en commun que les six premiers mots du titre : mais ce sont les seuls qui figurent dans la plupart des bibliographies. Malthus lui-même, dans la préface du second, l'avait dit explicitement :

Sa présentation autorise à le considérer comme un nouvel ouvrage, et je l'aurais sans doute publié comme tel, en enlevant les quelques passages de la première édition qui s'y trouvent répétés, si je n'avais eu le désir de présenter une oeuvre complète, en évitant au lecteur d'avoir continuellement à se reporter au premier Essai.

Malheureusement, en utilisant les expressions de «1ère édition» et de «2e édition», il a contribué lui-même à créer la confusion qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours : persuadés que le texte du premier livre avait été intégralement incorporé dans les éditions successives du second, la plupart des auteurs ont négligé d'en prendre directement connaissance. On a pu même lire dans un ouvrage récent que «l'apologue du banquet figurait dans la 1ère édition de l'Essai», ce qui illustre l'aphorisme selon lequel un auteur classique est quelqu'un qu'on cite toujours et qu'on ne lit jamais.

La différence entre les deux ouvrages ne tient pas seulement au titre ou à l'épaisseur (50 000 mots pour le premier, 200 000 pour le second), mais à leur caractère et à leur ton. Le premier est un pamphlet philosophique où le principe de population, à peine étayé par quelques exemples, est utilisé comme argument principal dans une polémique engagée contre Godwin et Condorcet. Le second est un traité d'allure scientifique, appuyé sur nombre d'observations et de lectures ; presque une sociologie de la population. L'axe de l'ouvrage est une recherche critique sur l'autorégulation des populations, idée qui semble lui avoir été inspirée par une remarque incidente de Godwin(3). Autrement dit, seul le premier livre mérite le titre d'«Essai» et il faut regretter que la modestie de Malthus l'ait empêché d'intituler le second Traité du Principe de population.

Examinons la table des matières de l'Essai de 1798. Après un premier chapitre qui ne fait que prolonger la préface et présente l'argument central de Malthus, six seulement sont consacrés à l'examen du Principe de population ; par contre, il y en a huit pour la réfutation de Condorcet et de Godwin ; deux pour Adam Smith et les économistes français ; et les deux derniers, qui semblent former conclusion, développent une conception métaphysique très originale, sur le sens de la vie humaine, avec une esquisse de la théorie du défi, qui annonce celle de Toynbee.

L'articulation de ce plan ne semble pas répondre à ce qu'annonce l'auteur dans la préface et le premier chapitre : pour lui, «la grande question à débattre aujourd'hui est celle de savoir si l'homme va désormais s'élancer, à une allure accélérée, vers un progrès sans limite, encore inimaginable; ou bien s'il est condamné à osciller perpétuellement entre le bien-être et la misère» ; la référence au Principe de population est justifiée par le fait qu'il constitue «le plus puissant obstacle sur le chemin d'un progrès futur vraiment important de la société». On devrait donc s'attendre à trouver en tête l'exposé des théories des utopistes, puis leur réfutation par le redoutable argument que constitue le Principe de population. C'est du moins ainsi qu'un esprit cartésien aurait procédé. Or Malthus, après avoir «annoncé la couleur» dans le chapitre introductif, semble, tout au long de la première partie du livre, perdre de vue son objectif; il développe ses idées sur le Principe de population comme s'il s'agissait d'une sorte de spéculation intellectuelle purement abstraite ; entraînant son lecteur dans une sorte de grand mouvement tournant, avant de fondre brusquement sur l'adversaire, à partir du chapitre VIII.

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