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.. Les enfants d'Achille et de Nike : éloge de la course à pied ordinaire

Couverture du livre Les enfants d'Achille et de Nike : éloge de la course à pied ordinaire

Date de saisie : 15/05/2017
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Métailié, Paris, France
Auteur : Martine Segalen

Prix : 19.00 €
ISBN : 9791022606592
GENCOD : 9791022606592 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

Désir d'extrême, dépassement de soi, culte du corps : la course à pied est un sport populaire et démocratique qui ne cesse d'attirer de nouveaux adeptes. Les marathons en tout genre explosent, de l'épreuve de l'extrême à la célébration collective, avec musique et flonflons, le marché de la chaussure connaît une croissance exponentielle... le running est partout !
Dans ce livre visionnaire, doté d'une nouvelle introduction, Martine Segalen, coureuse et ethnologue, décrit ce nouveau rituel à travers l'analyse d'un certain nombre de courses "historiques" (marathon de New York, de Paris) en parallèle avec la course à pied dans des sociétés traditionnelles comme les Tarahumaras ou les Bororos.
Combinant approche sensible et démarche ethnographique, Martine Segalen montre que courir est une forme de liberté qui sert à reconquérir à la fois son corps, la ville et la communauté. Être coureur, c'est être moderne !

«Pour parler de la course à pied, Martine Segalen est passionnante.»
R. Greusard, Rue 89

Martine Segalen est directrice du Centre d'ethnologie française du CNRS. Spécialiste de la famille, elle est l'auteur notamment d'À qui appartiennent les enfants ? (Tallandier) et d'Une sociologie de la famille (Armand Colin).

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Passage choisi

Extrait de l'avant-propos

De la course à pied au running

Décidément la course à pied a le vent en poupe et personne ne sait où ce mouvement va s'arrêter. Dans Le Monde daté du dimanche 18-lundi 19 septembre 2016, trois pleines pages y sont consacrées sous le titre, assez mal pensé d'ailleurs, "Ils courent, ils courent...", alors que "Ils courent, elles courent..." aurait mieux rendu compte de la situation contemporaine : "Un sport, une drogue, une philosophie... Seize millions de personnes pratiquent le running en France. Mais après quoi courent-ils donc tous ?" se demande l'auteur de l'article. La discipline dispose désormais de son film culte, Free to run de Pierre Morath, qui conte l'histoire d'un mouvement déjà ancien alors que le marathon de Boston fêtera en 2017 sa 121e édition ! Un mouvement fils d'un siècle qui a mis à l'ordre du jour la construction volontaire de son identité : "se faire plaisir", "se retrouver", mais aussi modifier son corps, changer de vie. La course participe de ce courant : "Être soi-même : tel est sans doute aujourd'hui le mot d'ordre le plus consensuel du monde occidental" (Flahaut, 2006). Elle fait émerger, on le verra, des potentialités dont on croyait son corps incapable ; toute course, et surtout les plus longues et difficiles, font participer le coureur d'une culture de l'héroïsme propre à nos sociétés modernes (Ehrenberg, 1991). Être soi-même, c'est être moderne, donc être coureur c'est être moderne. La course est devenue un style de vie.
Publié en 1994, Les Enfants d'Achille et de Nike faisait état d'une histoire déjà longue de trois décennies, qui trouvait son origine dans un mouvement né parmi quelques flower children des années i960, déroulant leurs foulées pédestres hors de la cendrée des stades, poussés par un mouvement mi-écolo mi-libertarien et qui, au cours de la fin du siècle dernier, se transforma en mouvement de masse, quitta les sentiers des bois pour les villes, se technicisa, se commercialisa. L'engouement immense que j'avais détecté dans mon enquête ne tarit pas et, encouragés par la vision de ces hordes ou de ces solitaires qui courent partout, celui ou celle qui se décident à se lancer dans la course n'a en fait qu'une seule chose à faire : s'acheter une paire de chaussures. Aucun autre sport n'offre la facilité de ne réclamer aucun terrain, aucun équipement, pas même le foot populaire qui doit tout de même baliser un espace. La sédentarité croissante, un mal-être généralisé sont les autres puissants stimulants du mouvement ; ici encore rien de nouveau sauf peut-être le vocabulaire, influencé comme dans d'autres champs par l'anglais. Là où nous parlions de course et de cross - raccourci pour cross-country qui désigne justement une course dans la nature -, voire de footing qui renvoyait à un petit entraînement, il n'est plus aujourd'hui question que de running. Les activités se dénomment jogging, bootcamp, fitness, stretching, coaching, trails, wellbeing... compagnons ou cousins de ce running qui désigne à la fois l'activité physique et tout son contexte commercial et institutionnel. Ce qui s'observe aujourd'hui n'est donc que le prolongement et le développement d'un mouvement qui incorpore désormais les possibilités qu'offrent Internet et les réseaux sociaux qui n'existaient ni dans les années 1990, ni a fortiori dans les années 1960.
Toujours plus de courses, toujours plus de coureurs et de coureuses, toujours plus de distances, telles sont quelques-unes des nouvelles caractéristiques de ce sport dans cette première décennie du XXIe siècle. Mais aussi toujours plus de fêtes, et une activité commerciale toujours plus soutenue. L'offre n'a cessé de croître tout en se diversifiant dans de multiples directions. Près de 6 000 courses sont organisées en France chaque année, estime-t-on, chaque ville, chaque région essayant de se singulariser : ainsi Bordeaux qui est venue tardivement, en 2013, à la mise sur pied d'une épreuve, a-t-elle lancé un marathon nocturne.

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