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.. Le coureur et son ombre

Couverture du livre Le coureur et son ombre

Date de saisie : 04/07/2017
Genre : Littérature, essais
Editeur : Premier Parallèle, Paris
Auteur : Olivier Haralambon

Prix : 16.00 €
ISBN : 9791094841501
GENCOD : 9791094841501 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 11/05/2017

 
 
4ème de couverture

«Le cyclisme, c'est Poulidor, Virenque et Armstrong, ça sent le camphre et la chicorée, les fautes de syntaxe et l'EPO. Le cyclisme, c'est le Tour de France, qui nous paraît parfois si désuet. A rebours de cette idée, j'aimerais ici embrasser la liste des enchantements par lesquels je suis passé, à ne fréquenter que des cyclistes pendant des années, à ne vivre que comme eux, au point d'en être devenu un, ad vitam. Vous pensez sans cloute que rien n'est plus simple, plus mécanique que pédaler, et qu'une course de vélo c'est Les Temps Modernes version aseptisée, clinique, sans Chaplin et sans la poésie. Vous ne soupçonnez pas qu'être fort et rouler vite sont deux choses absolument différentes. Que la pédale se recouvre, se caresse, bien plus qu'on n'y appuie. bus les croyez des brutes, ils sont délicats comme des danseuses, subtils plus que bien des écrivains, faute de quoi ils n'avanceraient pas. Des danseurs, des marins, des écrivains, des toreros, des poètes, des artisans de l'effort, des mystiques, des ascètes. Ce que vous voulez, mais pas des sportifs. (Oubliez ça, le sport.»

Né en 1967, Olivier Haralambon est écrivain, philosophe et ancien coureur. Son roman Le Versant féroce de la joie (Alma. 2014) a été salué par la critique :
«Il est rare de ressortir d'un livre en titubant, les yeux embués d'émotion et le cerveau enveloppé dans les plis des mots. (...) Magistral.» Jean-Emmanuel Ducoin. L'Humanité» «L'un des meilleurs récits cyclistes qu'il nous ait été donné de lire.»Benoît Heimermann. L'Équipe Mag

«Blondin n'a pas disputé de courses cyclistes. Haralambon si. L'un et l'autre prouvent que "le vélo" est un mystère subtil.» Bernard Chambaz

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Passage choisi

Mon ombre de compagnie

Plus que tout autre jour, c'est le dimanche matin que ça se passe. A l'heure de la première messe, on croise de ces petites églises ambulantes manifestement pressées de franchir les portes de la ville. Des cyclistes qui roulent en groupe, avant que le jour soit tout à fait levé, et par tous les temps. Le plus souvent, on comprend mal ces hommes et ces quelques femmes dont l'étrange accoutrement chamarré est si moulant qu'il épouse le moindre pli de peau - si moulant à vrai dire qu'il ne semble fait que pour revendiquer les imperfections du corps. On s'étonne de leurs silhouettes juchées sur l'incertitude de ces roues fines. Des corps ou de leurs ombres, on se demande qui est premier, et qui déforme l'autre. On s'amuse à la vue de leurs couvre-chefs et de leurs lunettes démesurées.
De fait, à qui n'en est pas épris, le cyclisme reste une étrangeté. Le plus souvent, le mot convoque quelques noms célèbres, noms qu'on sait parfois apposer à leurs prénoms surannés, mais aussi désincarnés qu'un apôtre dans un tableau. Certes, Jacques Anquetil, Louison Bobet et Raymond Poulidor devaient bien avoir chacun un visage, mais on ne le connaît plus. Pas plus qu'un collégien ne reconnaîtrait Balzac ou Flaubert en photo. Et on ignore qu'Eddy Merckx fut encore plus beau qu'Elvis Presley.
Il n'est guère que l'omniprésent Tour de France pour occuper une place, fût-elle très secondaire, dans la trame complexe de nos souvenirs. Impossible en effet, quand on a le français pour langue maternelle, d'échapper à l'imprégnation du Tour. Mais il n'est pas rare que ce qu'on en sait se résume à quelques considérations ennuyées. Le cyclisme et le Tour font partie de l'arrière-fond de juillet, un peu comme la couleur du ciel ou du sable, comme la douceur tant attendue du vent passant sur la gorge ou froissant en silence la surface de l'herbe drue. Arrière-fond sonore d'une télévision devant laquelle on s'étire aux heures chaudes dans la lumière filtrée par les stores. Qui ne s'est jamais endormi devant une étape du Tour de France ?
A bien des yeux, la course cycliste reste un spectacle terriblement monotone. Assister pendant des heures à la répétition du même geste, à l'identique et des dizaines de milliers de fois, on n'en voit pas l'intérêt. On a beau constater que le rythme de leurs jambes varie, qu'ils accélèrent parfois de façon spectaculaire, que tour à tour ils se dressent sur les pédales et se rassoient sur la selle ; on a beau, pour peu qu'on connaisse la rudesse des pentes en certains lieux, arrondir la pupille devant la vitesse à laquelle ils les escaladent, on se lasse bientôt. Une fois qu'on s'est fendu d'une moue d'incompréhension incrédule, hésitant entre respect et apitoiement, au spectacle de leurs masques de souffrance, on se détourne et on passe à autre chose.
(...)

 
 
Revue de presse

Clément Guillou - Le Monde du 6 juillet 2017
Beaucoup a été écrit sur le vélo mais jamais, nous semble-t-il, les émotions de la première sortie, le frisson de la course, l'exaltation procurée par la pente et la douleur qui remonte des jambes n'avaient été si bien interprétées, décortiquées...
Sur 160 pages d'une écriture dense et exigeante, on suit les premiers tours de roue, la première course le consacrant coureur, le premier bouquet jeté sur le lit, l'apprentissage des ficelles du métier, les amphétamines et les critériums nocturnes.

Stéphane Deschamps - Les Inrocks, juillet 2017
Mais son regard sur le cyclisme, qu'on découvre dans le livre Le Coureur et son ombre, est tout sauf flou. C'est au contraire un essai biographico-poético-philosophique d'une précision, d'une passion et d'une profondeur extrêmes...
Le tout dans une écriture exigeante et bonne comme la montée, puis la descente, d'un col

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