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.. Itinéraire d'une enfant maltraitée : la haine, l'amour, la vie

Couverture du livre Itinéraire d'une enfant maltraitée : la haine, l'amour, la vie

Date de saisie : 28/06/2017
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Odile Jacob, Paris, France
Auteur : Liliane Zylberstein
Préface : Philippe Grimbert

Prix : 18.90 €
ISBN : 9782738137975
GENCOD : 9782738137975 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 31/05/2017

 
 
4ème de couverture

Lidia, petite fille juive ayant échappé à la persécution nazie, est victime de maltraitance, après la guerre, au sein de sa propre famille. Sa seule liberté sera de s'opposer. Ce livre retrace avec une émotion bouleversante ce témoignage de vie.

C'est en travaillant au souvenir de sa propre histoire et à partir de cas de patients que Liliane Zylbersztejn explore ce moyen de défense psychique nommé la haine salvatrice. «La haine m'a été nécessaire. Elle était le seul moyen d'échapper à la position de victime.» Mais comment aller au-delà pour s'accomplir et vivre dans l'amour ?

Reconnaître ce système de protection peut aider à faire la paix avec un passé douloureux et ainsi s'en libérer.

Un témoignage d'une grande sincérité sur les mécanismes de survie et les moyens de lutter contre les maltraitances.

Liliane Zylbersztejn est psychanalyste et psychodramatiste, elle a enseigné à l'université Paris-VII. Née en 1938, elle a évité la déportation et a échappé à la violence nazie. Elle vit actuellement à Paris.

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Passage choisi

Extrait du prologue

Je suis retournée très loin dans mes souvenirs, aux confins de la Seconde Guerre mondiale, dans ces années où ma vie d'enfant fut confrontée à la persécution nazie. Plongée aujourd'hui au coeur de mon histoire, je vis au rythme de mes angoisses anciennes, accrochée à cette pensée que je devais au hasard d'être restée en vie. C'est mon devoir de retracer ce récit pour en terminer avec l'horreur. Il m'arrive encore de rêver des camps de la mort.
Écrire est un moyen pour moi de ne pas abandonner mes morts et de leur donner une place dans notre mémoire. Écrire, c'est brasser l'histoire. Quand j'évoque mes morts et mes disparus, une émotion nouvelle me saisit, la peur de les avoir oubliés. Ils exigent que je parle d'eux ou bien me demandent de les laisser tranquilles ; je ressens alors l'abandon. Les souvenirs, surtout ceux de la petite enfance, sont à la fois impératifs et fuyants. Quand je veux les retenir, ils me quittent, l'oubli menace.
J'ai besoin de me souvenir, mais j'hésite sur les bords de ma mémoire parce que c'est encore trop douloureux, d'autant que de nouvelles facettes des événements m'apparaissent. Parfois, je risque de me perdre à errer au milieu des fantômes où, telle une mendiante, je cherche les images en miettes d'un passé révolu. Ce passé exige la fidélité mais les mots écrits lui donnent chaque fois une couleur différente. Les émotions se succèdent, les images défilent et il faut faire le choix d'en fixer certaines et d'en abandonner d'autres. C'est sans doute cela le plus difficile, dans le travail de l'écriture où l'histoire s'écrit au présent.
Il me revient des images estompées, déformées que l'écriture ravive. Parfois des scènes ont disparu, il en reste quelques fragments d'ombre et de lumière, des émotions enfouies.
Lorsqu'on a construit une grande partie de sa vie, il est possible de laisser remonter les souvenirs et de regarder à distance sa propre histoire.
Pour les enfants juifs survivants, la question de leur existence fut presque une forme d'usurpation. Était-ce une raison pour continuer à souffrir ? La vie qui s'offrait à ces enfants après la persécution nazie s'annonçait difficile. Beaucoup d'épreuves les attendaient encore, l'absence d'êtres chers, la honte d'avoir survécu qui s'est imposée à la fin de cette barbarie, responsable de la suppression d'une partie de leur famille. Après avoir échappé à la mort, ces enfants ont pu rêver d'une vie sans souffrance. Peut-être ressentaient-ils profondément que la lutte pour la survie s'était installée en eux comme une habitude ? Ils avaient fait l'expérience, jeunes, que la vie pouvait basculer vers sa fin, que la liberté avait un prix, celui de la lutte. Puisqu'ils avaient survécu, ils ressentaient l'obligation d'aller loin et de réussir. Une revanche à prendre par respect pour ceux qui ne sont jamais revenus.

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Une femme (79 ans) devenue psychanalyste qui n'a jamais oublié la petite fille terrorisée qu'elle a été, qui "avait peur des méchants messieurs qui veulent la tuer parce qu'elle est une petite fille juive" cette enfant toujours en fuite durant la persécution nazie, pendant la deuxième guerre mondiale. Je n'ai pas oublié, non plus, la fillette qui a été maltraitée par sa mère et son beau-père, après la guerre, à son retour à Paris, et qui a eu le courage de recourir à un sentiment de haine envers les parents violents et pervers pour éviter la position de victime. Ce recours à la haine salvatrice dans l'enfance, m'a permis de m'épanouir intellectuellement et d'aborder une vie heureuse.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La haine, l'amour, la vie. Dans cet itinéraire d'enfant persécutée par les nazis et maltraitée dans sa famille, Lidia a recours à la haine salvatrice pour se défendre, rester forte et créer un espace de protection entre elle et les adultes maltraitants.
Elle ne renonce jamais à dénoncer l'injustice face aux coups, au rejet et à la séduction perverse.
Elle refuse la place d'enfant coupable et soumis pour garder intact l'estime de soi.
Elle n'a jamais renoncé à aimer tout au long de sa vie malgré les ruptures et les pertes affectives.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
L'indignation, la révolte et la haine sont nécessaires pour refuser la souffrance, l'humiliation et la victimisation imposée par autrui, pour se forger le sentiment d'exister.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique classique : Anton Dvorak opus 96 "américain" interprété par le quatuor Talich. Le violon évoque, pour moi, la tristesse nostalgique de l'Europe centrale mais aussi l'espoir que quelque chose de bon peut toujours arriver.
Mais je ne peux m'empêcher d'évoquer " L'aigle noir "de Barbara (1970) qui me renvoie à l'angoisse d'être attaquée et persécutée.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
"Plus que jamais, en ces temps troublés, la haine a mauvaise presse."...mais la haine salvatrice est " à l'opposé exact de son aspect destructeur." (P. Grimbert). Il est essentiel de ne pas se sentir coupable de haïr et rejeter des parents maltraitants, qui veulent vous détruire. Éprouver de la haine quand on est en danger, c'est de la légitime défense : la haine salvatrice est alors une pulsion de vie. La haine m'a été nécessaire, elle était le seul moyen d'échapper à la position de victime.
Reconnaître ce mode de protection peut aider à faire la paix avec un passé douloureux et ainsi s'en libérer.
Quitter un jour la haine au prix d'un travail sur soi pour choisir sa vie et faire triompher l'amour.

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