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.. Traduire le théâtre

Couverture du livre Traduire le théâtre

Date de saisie : 15/06/2017
Genre : Théâtre
Editeur : Presses universitaires de Vincennes, Saint-Denis, France
Auteur : Céline Frigau Manning | Marie Nadia Karsky

Prix : 16.00 €
ISBN : 9782842926045
GENCOD : 9782842926045 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 08/06/2017

 
 
4ème de couverture

Traduire le théâtre, c'est se projeter sur une scène, dans le corps des acteurs. C'est aussi partir de son propre corps pour trouver les mots qui créeront du jeu, et faire l'expérience de sa place, parfois instable, dans une communauté.

Au fil de témoignages, de réflexions théoriques et pratiques, cet ouvrage collectif s'attache aux rôles multiples des traducteurs au théâtre. Il analyse la mission de celles et ceux qui, par leur travail solitaire ou collaboratif, à la table ou en répétition, donnent sa première matérialité au texte ; il questionne les faisceaux de relations qu'ils entretiennent, tant avec des auteurs, metteurs en scène, acteurs, qu'avec des producteurs ou des éditeurs.

Se trouve ainsi interrogée la place même du traducteur, au croisement de perceptions divergentes, voire conflictuelles, dans la communauté d'expérience que représente le théâtre.

Céline Frigau Manning est maître de conférences en études théâtrales et italiennes à l'université Paris 8, membre de l'Institut universitaire de France.

Marie Nadia Karsky est maître de conférences en études anglophones à l'université Paris 8.

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Passage choisi

TRADUIRE LE THÉÂTRE
Une communauté d'expérience

Céline Frigau Manning
Marie Nadia Karsky

La question de la traduction théâtrale fait l'objet, depuis les années 1970 au moins, de nombreuses études concentrées sur la spécificité d'une mission à l'interface entre le texte et la scène, entre les temps du traduire et du jouer. La dimension physique et matérielle du texte entre alors tout particulièrement en jeu, incarnée par l'acteur après avoir été sondée par le traducteur, dont le corps - voix, souffle, gestes ou encore déplacements -sert de premier vecteur à la matérialité du texte. «Projection dans l'utopie de la représentation», selon les mots d'Éloi Recoing, la traduction théâtrale est un appel à se projeter dans la bouche et le corps des acteurs. Cet élan vers le corps de l'autre que constituent la pratique traductive et la réflexion qui l'accompagne ne doit certes pas occulter le corps du traducteur, car traduire, c'est bien engager son propre corps face au corps du texte :

Déjà tu t'engages à lire le texte à haute voix. Comprendre, entendre la tessiture d'une voix. Ne faut-il pas que le texte soit ouï ? Parole en acte que celle du théâtre. Tu voudrais que ton corps garde mémoire du rythme de l'écriture. Car tu pressens que c'est le rythme qui rend la forme visible. Ainsi commence le corps à corps avec l'écriture de l'Autre. [...]
Tu remets tes pas dans les pas d'un autre, tu reconnais dans l'écriture étrangère la trace d'un corps écrit, tu respires au rythme de l'Autre ou du moins tu le crois.

Une telle expérience suppose bien sûr de s'attacher à l'«oralité» du texte à traduire et du texte traduit, à condition que cette notion soit entendue dans toute sa complexité : le traducteur est à l'écoute de voix en puissance, anticipant les voix d'autrui, soucieux de dire avant de traduire, de dire pour traduire. Or trop souvent, l'accent est mis sur la performability : concept anglophone réputé difficile à traduire, généralement désigné en français sous le terme de «jouabilité», il est régulièrement réduit à celui de speakability, comme le regrette notamment David Johnston. Se demander, selon les expressions courantes, si le texte traduit «sonne bien» ou «juste», ou encore s'il «passe bien à l'oral», reste en effet limité. Patrice Pavis a justement souligné combien la traduction théâtrale résiste à toute catégorisation a priori : «la traduction théâtrale n'est jamais là où on l'attend : non pas dans les mots, mais dans les gestes, non pas dans la lettre, mais dans l'esprit d'une culture, ineffable mais omniprésente».
La dimension corporelle, étroitement liée à une culture comme expérience partagée, n'intervient pas que dans un second temps, dans le passage du texte de la page à la scène, dans le transfert vers le corps de l'acteur : elle est au fondement même du geste de traduire. Respirant le corps de la pièce qu'il a face à lui, le traducteur ne s'efforce pas seulement de respirer au rythme de celle-ci, mais encore de lui donner le souffle qui, pour un Vilar, ferait justement défaut aux textes traduits. C'est là un travail corporel et spirituel à la fois, véritable «corps à corps avec l'écriture de l'Autre». Le titre du présent volume affirme le projet qui nous a réunis : interroger, y compris dans sa corporalité, la dimension plurielle de la traduction pour le théâtre, communauté d'expérience.
(...)

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