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.. L'amer noir : les épîtres de Déni

Couverture du livre L'amer noir : les épîtres de Déni

Date de saisie : 22/06/2017
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Chèvre-feuille étoilée, Montpellier, France
Auteur : Nic Sirkis

Prix : 15.00 €
ISBN : 9782367951164
GENCOD : 9782367951164 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 16/06/2017

 
 
4ème de couverture

Le prof vincennois sourit. Pradier lit ses notes :

- OK, c'est bon.

Il va falloir creuser le concept de sérendipité.

Tu ouvres des yeux ronds, l'air imbécile.

- Oui, la sé-ren-di-pi-té, répète-il plus doucement. Au suivant.

Le sous-titre du roman, Les Épîtres de Déni, cache les onze lettres de sérendipité.

Déni, avatar de la narratrice, qui se demande perpétuellement «comment ça marche», s'empare de ce mot pour observer le monde. La sérendipité l'entraînera dans un rail-movie initiatique sur la piste des origines secrètes de son grand-père, dans le sillon des exilés de Moldavie.

De Paris à Kichinev, via Bucarest, la Transylvanie et le Delta du Danube, ce retour aux sources aidera-t-il Déni à comprendre comment le monde tourne ?

Nie Sirkis vit entre Paris et Oléron. En quittant le Marais et son poste d'institutrice en maternelle, elle a trouvé les clés pour ouvrir les portes de l'écriture et, poète et chroniqueuse depuis l'enfance, s'est dirigée vers le roman, les nouvelles et les essais. Ce titre est le 4ème publié par nos éditions.

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Passage choisi

Je n'ai jamais compris comment ça marche.
A la cérémonie en hommage à Mandela, dans le stade de Soweto, un inconnu s'est fait passer pour traducteur de la langue des signes. Il s'est tout simplement planté dans le champ de la caméra qui retransmettait dans le monde les discours des chefs d'État. Et pendant cinq heures, il a fait semblant, en agitant ses doigts, ses mains, ses avant-bras et les muscles de son visage, de traduire pour les sourds-muets le contenu des éloges des intervenants exprimant leur émotion devant la mort de Madiba. Personne ne s'est inquiété de sa présence, n'a remis en cause la légitimité de sa silhouette désaccordée sur un coin de l'écran. Impavide. Ses mouvements de bras, ses mimiques ne correspondaient pas au langage des signes. Seuls quelques gestes saccadés, doigts serrés, paumes posées sur la poitrine, pouce levé à 90° de l'index, cercle formé par les phalanges des deux mains, rappelaient le schéma classique du code des malentendants. L'individu a continué toute la journée sa prestation schizophrénique.
Je ne comprends pas comment ça marche.
Être adulte.
Vivante.

Et être face au point d'interrogation.
Comment ça marche ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Où on va ?
J'ai lu dans le Confiteor de Jaume Cabré : «Je dois reconnaître que je voyais bouger les arbres mais je ne savais pas d'où venait le vent.» Le vent ? Être la girouette qui imprime sa pensée, l'hélice qui tourne sous la houle. En harmonie avec le souffle.
Les lieux, les espaces vivent à travers le temps. Non, ils ne vivent pas... ils sont là. C'est ce qui me fascine. C'est ça qui me trouble, me fait frissonner. Au-delà de la nostalgie.
Dans ces lieux, des êtres s'agitent, vaquent, vivent. Ou alors les espaces restent déserts face à l'absence.
Je ne comprends pas comment ça marche.
Dés/Nids... dé, nid.
Noyés sous les oxymores, nous vivons dans un monde où les «bordures protectrices» désignent des pluies de bombes sur un peuple hébété.
Impression de jouer à la marelle depuis toujours...
N'avoir jamais arrêté de sauter de case en case, à cloche-pied, passant d'un numéro à l'autre entre terre et ciel sans véritable notion du schéma tracé à la craie. D'être baladée derrière le palet.
Avoir des amis. Quèsaco ?
Jusqu'à quand ? Jusqu'à où ? Jusqu'à comment ?

***

Je vais l'appeler «Déni». Elle va s'appeler «Déni».
Mon personnage.
Ma personnage. C'est une femme.
Ma Déni flamant rose sur sa patte à clocheton est en perte d'équilibre. C'est le meilleur moment pour écrire. Elle le sait.
Elle observe les correspondances entre les choses et ça produit un tourbillon dans sa tête. Elle est en valse permanente.
(...)

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Je suis une femme qui lit, qui lit, qui, lit.
Je suis une femme qui parle, qui parle, qui parle.
Je suis une femme qui aime chanter à pleine voix.
Je suis la mère de deux perles, une peintre blonde, une kiné rousse !
Je suis une enseignante qui s'est levée tous les matins pendant moult années scolaires pour retrouver les petiots dans le "coin-langage" de sa classe...
Je suis une qui pense à ce qu'elle va mettre dans ses livres quand elle pédale sur son vélo, quand elle nage dans les lacs, les rivières, l'océan... (mais pas dans les piscines !)
Je suis une qui aime skier sur les pistes, lancer des balles par-dessus les filets.
Je suis une dévoreuse de films qui vibre d'émotions dans les salles obscures.
Je suis une qui ne trouve pas le sommeil quand une idée la tracasse.
Je suis une qui rêve chaque nuit des scénarios qui la laissent époustouflée au réveil.
Je suis joueuse de cartes, du scrabble et de tout nouveau jeu de société autour d'une table amicale.
Je suis une farceuse spécialiste de très loufoques poissons d'avril et de gags qui en ont déconcertés plus d'un.
Je suis une qui se sent bien dans l'unisson, derrière une banderole, avec ceux qui défendent les mêmes causes qu'elle et le clament vigoureusement.
Je suis une femme qui écrit.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
C'est la quête de l'indicible. La recherche de l'envers des choses. L'aventure pour comprendre "comment ça marche" en retournant tous les gants oubliés au fond des tiroirs. Dans L'amer noir, ce cheminement conduit à la découverte du concept de "sérendipité" qui, à son tour, entraîne Déni, la protagoniste de ce roman, sur la route de la Moldavie d'où s'est exilé son grand-père.

3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
A l'instar de mon livre qui trace des ponts entre les plages de l'Atlantique et celles de la mer Noire, je tisse des liens entre des musiques qui me transportent d'Ouest en Est, c'est à dire du "Cururrucucu" de la Paloma, la musique de Parle avec elle chantée par Caetano Veloso dans le film de Pedro Almodovar : https ://www.youtube.com/watch ?v=1emgUdD3_pE à celle du violon déchirant l'âme de In the mood for love, le film du Honk-Kongais Wong-Kar-Wai : https ://www.youtube.com/watch ?v=fIgU9aNpb9k... en embrassant au passage le rythme de Mitteleuropa d'Emir Kusturica dans son Arizona dream :https ://www.youtube.com/watch ?v=vmFAwzpLbGw

4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je reste fidèle aux réponses que j'ai données à vos "questionnaires décalés" antérieurs, après la publication de Les clés de la rue Charlot (En priorité, j'aimerais partager avec les lecteurs l'impulsion, l'impulsion des émotions, mon désir de foncer, de m'accroupir pour me caler les plantes de pieds dans les starting-block, d'inspirer une grande bolée d'air et de bondir, de me lâcher pour écrire encore tant de choses qui se bousculent et déchirent à l'intérieur) puis d'Attention ! (Mon émerveillement devant ce concept que j'ai découvert... à la fin du siècle dernier, la sérendipité, et qui se vérifie chaque jour - «l'accident du hasard», cette «erreur féconde» -... qui zigzague dans nos vies, entre nos rencontres, et fait éclater son rire). Dans ce nouveau roman, j'explicite ma découverte en 1999 de la "sérendipité". Oui, ma priorité reste de transmettre, de partager, mon enthousiasme devant les fulgurances. Tant que les incidences quotidiennes me surprendront, tant que je serai émue par le hasard des rencontres, je continuerai à écrire !

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