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.. Terres pastorales : diversité et valeurs des milieux ouverts méditerranéens

Couverture du livre Terres pastorales : diversité et valeurs des milieux ouverts méditerranéens

Date de saisie : 08/08/2017
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Rouergue, Arles, France
Auteur : Conservatoire d'espaces naturels du Languedoc-Roussillon

Prix : 25.00 €
ISBN : 9782812612817
GENCOD : 9782812612817 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

LES PAYSAGES DU POURTOUR MÉDITERRANÉEN français reflètent une intense et très ancienne occupation humaine. Les milieux ouverts, qui correspondent à des formations végétales spontanées allant du presque minéral au boisé (pelouses écorchées, landes, maquis, garrigues, pré-bois...), sont en grande partie l'héritage de pratiques pastorales. Ils occupent des espaces présentant des contraintes pour certaines formes d'agriculture, mais où des activités d'élevage ont toujours trouvé leur place. Ils abritent de nombreuses espèces patrimoniales de la flore et de la faune. Aujourd'hui, le métier d'éleveur et l'activité pastorale sont au coeur d'intenses débats. Des femmes et des hommes vivent de cette activité qui façonne les paysages et les milieux grâce à l'action de leurs troupeaux et à leurs savoir-faire. Alors même que l'importance du pastoralisme pour la conservation des paysages agropastoraux et le maintien de la biodiversité est reconnue depuis plusieurs décennies, cette activité se heurte à de nouveaux défis : prédation, concurrence avec les autres usages non agricoles (tourisme, loisirs résidentiels, grands aménagements, chasses privées, etc.), difficulté de reconnaissance et de soutien au sein des institutions et des territoires, changement climatique...
Cet ouvrage collectif, piloté par le Conservatoire d'espaces naturels du Languedoc-Roussillon dans le cadre du projet européen Life+ Mil'Ouv et construit avec les éleveurs, les scientifiques et les gestionnaires d'espaces naturels et pastoraux, pose les enjeux du maintien de l'activité pastorale, forme d'élevage extensif à haute valeur naturelle, et du cadre dans lequel elle pourrait s'inscrire à l'avenir. Des témoignages d'éleveurs émaillent le propos de spécialistes aux compétences diverses autour d'une activité intemporelle qui coïncide avec certaines attentes de la société d'aujourd'hui, notamment vis-à-vis d'une agriculture plus respectueuse de l'environnement, préservant la biodiversité, proposant une alimentation de qualité, en lien avec son territoire.

Le Conservatoire d'espaces naturels du Languedoc-Roussillon (CEN L-R) est une association loi 1901 créée en 1990, agréée par l'État et la Région. Il rassemble des scientifiques, des naturalistes, des amoureux de la nature et toute personne intéressée par la préservation des richesses naturelles de la région. Il a pour objectifs la conservation et la mise en valeur du patrimoine naturel du Languedoc-Roussillon, et s'emploie à développer la concertation entre tous les partenaires pour assurer la préservation, la connaissance, la gestion et éventuellement la réhabilitation des espaces naturels et la promotion de leurs valeurs culturelles et économiques.

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Passage choisi

Les relations entre éleveurs, troupeaux et milieux remontent au néolithique et le pastoralisme est longtemps resté omniprésent dans l'espace rural. Le berger a été un personnage important dans de nombreuses civilisations. Il est celui qui garde le troupeau et le guide, en prenant soin du bien-être et de la sécurité des animaux, celui qui sait déchiffrer dans l'environnement des signes que les autres hommes ne perçoivent pas. La relation du berger à son troupeau sert de métaphore à la relation du souverain à son peuple ou des dieux aux hommes chez les Grecs (Platon...) ou dans la bible (Jacob, Moïse, psaume XXII - «Le Seigneur est mon berger»). Il n'est pas rare que des dieux grecs ou de grands personnages soient représentés sous la forme d'un berger. Celui-ci conserve cependant le caractère un peu inquiétant de celui qui ose s'aventurer aux marges du monde des hommes.
À partir du XVIIIe siècle, et de la modernisation de l'agriculture, le pastoralisme perd de son prestige dans le monde imaginaire et de son importance dans le monde réel. Les critiques deviennent de plus en plus nombreuses. Il est considéré comme dépassé par les agronomes (Vivier, 1998 ; Jas, 2005) qui promeuvent la mise en culture et l'alimentation du bétail avec du fourrage récolté sur des prairies cultivées. Plus tard, à la fin du XIXe et au début du XXe, les forestiers y voient la principale cause de l'érosion des terrains de montagne et cherchent à l'exclure de ces lieux. À la même époque, l'agriculture se spécialise et l'élevage régresse dans de nombreuses régions ; dans d'autres, il devient moins mobile et se replie sur une partie de l'espace anciennement cultivé. Le pastoralisme reste surtout présent dans les zones à fortes contraintes environnementales.
La métaphore du berger et de son troupeau devient bien moins présente et, lorsqu'elle subsiste, elle prend parfois des tonalités plus inquiétantes ; le berger est aussi celui qui sélectionne les animaux qu'il conservera et conduit les autres à l'abattoir. Ainsi, «le grand troupeau» de Giono est une métaphore des massacres de la guerre 14-18.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'élevage pastoral continue à régresser dans les collines proches du littoral mais se maintient dans les montagnes provençales. De même, la valorisation et la reconnaissance du produit par un label devenu prestigieux encouragent le maintien de l'élevage ovin dans le rayon roquefort. En Provence, on assiste dans les années 1990 à un redéploiement pastoral encouragé par les politiques publiques, permettant une nouvelle occupation par les troupeaux de massifs comme le Luberon, les Alpilles ou les Maures.
Aujourd'hui, sur le pourtour méditerranéen français, les menaces sur l'avenir du pastoralisme sont réelles. Pourtant, il n'est pas condamné à disparaître. Il s'adapte et se diversifie. Il reste le moyen efficace pour obtenir une production agricole dans des environnements contraignants et contribue à la vie et au dynamisme de nombreux territoires. Le métier de berger, qui allie liberté, responsabilité et compétence, conserve de l'attrait pour de nombreux jeunes. L'importance du pastoralisme pour la conservation des paysages et la préservation de la biodiversité est admise depuis les années soixante-dix. Il est devenu une figure de la relation des hommes à leur environnement, une relation qui relève bien plus du pilotage que de la maîtrise (Larrère, 2002). Une relation dans laquelle il s'agit de comprendre et d'utiliser les processus naturels pour produire, d'avoir une relation moins systématique et moins agressive avec les systèmes naturels. Aujourd'hui, on parle d'agro-écologie ou d'agriculture à haute valeur naturelle pour affirmer la volonté de s'appuyer autant que possible sur des processus naturels et de participer au maintien d'une riche biodiversité. Il est également de plus en plus clair que ces formes d'agriculture fournissent des produits de meilleure qualité que ceux issus de l'agriculture conventionnelle. C'est particulièrement vrai pour les produits de l'élevage (Duru et Magrini, 2015).
Ce pastoralisme d'aujourd'hui et de demain se heurte à des problèmes divers. Un des freins à l'installation est la difficulté d'accéder au foncier. Dans les zones rurales, les propriétaires sont souvent attachés à leurs terres et restent difficiles à contacter du fait de leur nombre et de leur dispersion suite à l'exode rural. À proximité des villes, les éleveurs sont confrontés au coût élevé des terres et aux stratégies spéculatives. La concurrence avec des usages non agricoles, grands consommateurs de foncier (reboisements, tourisme, chasses privées, usages de loisir, grands aménagements, développement de parcs éoliens ou de champs photovoltaïques...) est importante mais ceux-ci autorisent parfois un usage pastoral complémentaire. Les transformations de l'environnement sont parfois défavorables à l'élevage (changement climatique, reforestation et dynamique des populations de prédateurs...) en jouant sur une disponibilité fourragère moins prévisible du fait des irrégularités climatiques ou encore sur la présence croissante d'ongulés ou de grands prédateurs tel que le loup sur les territoires pastoraux.
La capacité qu'auront les éleveurs et les bergers, aux côtés des autres acteurs des territoires, à répondre à ces enjeux déterminera en partie leur avenir. Le futur du pastoralisme repose aussi sur l'adoption de nouvelles formes de commercialisation permettant de valoriser au mieux la qualité et la typicité de ses productions. Enfin, l'élevage pastoral dépend globalement aussi du soutien qui lui sera apporté par la société, par les collectivités territoriales et par les politiques publiques... en lien avec la reconnaissance de l'ensemble des services qui sont rendus par cette activité.
Avant de s'intéresser plus en détail à ces nouvelles conceptions du pastoralisme et à leurs relations avec l'environnement, tentons de retracer plus précisément son histoire...

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