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.. La pause

Couverture du livre La pause

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Denoël, Paris, France
Auteur : Ariel Kenig

Prix : 14.50 €
ISBN : 978-2-207-25808-8
GENCOD : 9782207258088 Archiver cette fiche

 
 
4ème de couverture

Je me disais là-bas, c'est une frontière du losange.

Plus loin, on tombe. Au-delà, c'est un monde difforme, différent, sans usine et sans fleuve. D'autres univers où paradoxalement tout tournerait moins rand.

Entre le quartier et l'usine, il n'y a qu'un pont Tous les matins, des milliers d'hommes traversent le fleuve : sur l'île d'en face, ils assemblent des voitures siglées d'un losange. Un motif à l'image de leur vie simple et «carrée». Rien n'arrête la routine jusqu'à ce qu'un jeune homme s'enferme chez lui. Lui refuse les réflexes de sa cité. Il ne veut plus être un jeune comme les autres qui traîne son ennui au pied de leur HLM. Et cette décision va perturber tous les repères de son quartier. Sa petite amie le soutient, tentant de comprendre cet exil, tandis que son père, abruti par le rythme hypnotique de l'usine, tarde à reconnaître les faits : son fils ne sortira plus de l'appartement qu'ils partagent.

La Pause est un livre puissant, déstabilisant.

Il mélange avec finesse introspection et observations sociologiques, faisant écho à une jeunesse lasse de ses propres mécanismes.

Ariel Kenig a vingt-trois ans et a déjà publié chez Denoël un premier roman, Camping Atlantic. Il est aussi auteur de théâtre.

 
 
Passage choisi

Extrait :
Jour 1.
Un marteau-piqueur me creuse la cervelle. Dans un verre d'eau, trois minutes suffisent à la dissolution d'un cachet d'aspirine. Le temps que la pastille disparaisse, la douleur réveille une migraine d'enfance. Ça me cogne le front comme une balançoire jetée sur un mur. Ça m'écorche le crâne comme on s'érafle les genoux par terre à compter les cailloux. Petit, je ne montais ni sur les tourniquets, ni sur les grands huit, ni sur les manèges dont les adeptes m'effrayaient. Ils paniquaient. Leurs cris concentriques et réglés me repoussaient de ces attractions. Je pressentais bien que le monde n'était pas tranquille et je craignais les dadas pour enfants comme des engins de torture, si bien que la seule fois où je me suis accroché à la crinière d'un cheval en bois verni, j'ai hurlé un jour entier toute la violence absorbée.

Ici, ça n'a jamais été que brouillard d'hommes, crasse d'usine et peaux d'huile. Une noirceur ouvrière dont la part visible, la production, n'est qu'un tas de biens de consommation durable. Des véhicules clinquants, en l'occurrence, à la tôle si reluisante qu'à mater ces voitures en vitrine on n'imagine pas qu'un moteur à essence se cache sous le capot. Et, plus impensable encore, que des milliers d'hommes fabriquent de leurs mains charbonneuses ces portières de carrosse. Comme un arbre en bordure de forêt, les voitures cachent la rouille humaine, suante, le remugle. Mon père.

 
 
Revue de presse

Martine Laval - Télérama du 28 septembre 2006
Ariel Kenig a 23 ans, et déjà un talent de percevoir le monde et de l'écrire - dans la lignée de Duras. La Pause, son deuxième livre, n'est ni un plaidoyer politique ni un livre sociologique, mais bel et bien un roman, une histoire d'inquiétudes, d'interrogations. Avoir 20 ans et ne savoir qu'en faire, sinon oser dire non, et faire, peut-être, de cette désertion un art de vivre.

 
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