Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. Quartier général du bruit

Couverture du livre Quartier général du bruit

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Auteur : Christophe Bataille

Prix : 11.90 €
ISBN : 978-2-246-64941-0
GENCOD : 9782246649410 Archiver cette fiche

 
 
Le podcasting des écrivains

De Christophe Bataille - 02/09/2006
Christophe Bataille - 28/08/2006

Télécharger le MP3

 
 
4ème de couverture

«Au rez-de-chaussée de la rue des Saints-Pères, Bernard Grasset avait eu ce rire éclatant qu'il réservait à Radiguet autrefois, col blanc mou et porte-cigarette nacré. Mon cher, que croyez-vous ? C'est quoi notre métier ? La littérature ? L'art ? La pensée ? Le dressage des grands fauves ? Laissez-moi vous dire : L'ÉDITION, C'EST L'ÉLECTRICITÉ + LES MOTS. Parfois l'électricité dévore les mots : les feux de la rampe. Parfois l'éditeur mâche son papier, joyeux, mâche de longues bandelettes arrachées aux manuscrits, mâche les brouillons, les contrats, les traités, et meurt empoisonné. C'est peut-être ça, la littérature ?»

C.B.

Christophe Bataille est romancier. On lui doit notamment Annam (1993, prix du Premier Roman, prix des Deux-Magots), Vive l'enfer (/999) et J'envie la félicité des bêtes (2002). Il est éditeur chez Grasset depuis 1997.

 
 
Passage choisi

Extrait :
Était-ce encore le grand Bernard Grasset qui m'attendait ? Créateur, conservateur et rémunérateur ? Dans ce matin irréel, je fuyais le poulpe hideux, Paris. Mais pour quel visage ? Grasset avait-il roussi son double dièse aux électrochocs ? Avait-il achevé sa lecture des Principes d'action de Hitler ?

J'aimais son visage jaune mangé par le temps; ses lèvres; sa mèche d'ébène agacée qu'il brûlait parfois au tabac; ses iris mélancoliques levés au ciel; sa chair sans repos. Accoudé comme un enfant à sa table de chêne, rue des Saints-Pères, sa table, que dis-je, un dolmen où volait le papier, la table des marchands, Grasset rêvait. Dans la cour, au-dessus des livres, coassaient les mouettes haineuses. Sans doute Malraux discourait-il, ou Drieu La Rochelle, moqueur. Grasset examinait sa main déjà tremblante, diable, faut que ça cesse, mais quoi, les nuits à l'hôtel ? les lectures sans fin ? la joie dévoreuse de vendre ?, hochait la tête, Oui, mon cher Malraux, j'ai entendu, la RÉVOLUTION, bien sûr, et au point où vous en êtes, ne vous gênez surtout pas, commencez ici ! Foutez le feu ! Publions vos amis ! Et décapitez-moi !

 
 
Revue de presse

François Dufay - Le Point du 21 septembre 2006
Au 61 de la rue des Saints-Pères, Christophe Bataille cohabite avec un fantôme. Le bureau de ce conseiller littéraire et écrivain de 34 ans occupe en effet l'emplacement de la salle de bains où Bernard Grasset, dans l'entre-deux-guerres, tramait ses plans de marketing littéraire en faisant des bulles. Cet étrange raccourci historique nous vaut aujourd'hui, sous la plume de Bataille, un petit roman - ou une longue nouvelle - âcre comme la fumée d'un cigarillo, cynique comme un slogan publicitaire, convulsif comme un électrochoc. Pour tracer le portrait de l'éditeur qui lança Radiguet comme une savonnette et inventa les quatre «M» (Mauriac, Montherlant, Morand, Maurois), Christophe Bataille s'est mis dans la peau d'un nommé Kobald, qu'il imagine être l'âme damnée de Bernard Grasset...
Ironie de l'histoire - ou récompense d'un savoir-faire indéniable : cette brillante sotie sur la corruption des moeurs éditoriales vaut aujourd'hui à son auteur de figurer, sous la casaque de la maison Grasset, dans la course pour le prochain Goncourt.

Patrick Grainville - Le Figaro du 31 août 2006
Ouf ! Ce n'est pas narratif mais sens dessus dessous. Voici un autoportrait déchiqueté de Bernard Grasset. Un possédé ! Dandy dévissé, pythie trépignant sur son trépied de chèques et de feuillets. Prophète des temps modernes et putain. Chaman, marchand : «Vendre, vendre à en crever !» Il vitupère rue des Saints-Pères, sa taule tarabiscotée de bureaux biscornus, de fausses portes, de trappes, de coulisses, de circuits, synapses, méninges électriques... C'est qu'il est dérangé, le Patron, cinoque traité à Meudon, oui, justement, ce qui deviendra la capitale du Grand Autre, du roi Céline, ce Lear en loques. Bernard Grasset métamorphose le métier, le corrompt, le propulse entre divers séjours à l'asile, séances d'électrochocs façon Artaud. On pardonne tout à l'outrance de la folie, son pathétique génie. [...]
Debout les mots, leur feu incorruptible, c'est le cri de Christophe Bataille qui saisit avec un rare brio polémique et poétique la grande paranoïa littéraire, son mélange envoûtant et toxique de passion et de dépravation.

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?